El Jadida : Mais qu’attendent les autorités pour délocaliser le marché de gros des fruits et légumes ?

Faut-il encore rappeler que le marché de gros de fruits et légumes s’étendait initialement sur une superficie de 10 hectares, avant d’être amputé de sept hectares qui ont été « sacrifiés » pour la réalisation de l’hôpital provincial Mohammed V ?

Ce fameux marché avait été conçu et aménagé en 1991 de plusieurs structures organisées pour que les transactions commerciales se passent dans les meilleures conditions. Mais la réalisation, à cet emplacement, de l’hôpital Mohammed V, certes, d’utilité publique, a grandement altéré les activités commerciales du marché de gros qui, d’une enceinte structurée, s’est transformée en un souk où l’anarchie règne en maitre mot.

Le plus révoltant c’est que cette situation perdure depuis une dizaine d’années sans qu’aucune issue ne semble pointer à l’horizon, bien que les autorités continuent à envisager sa délocalisation vers un nouveau marché, fin prêt à My Abdellah.

Malheureusement, (ou heureusement pour le secteur de la santé), ce marché de gros amputé « provisoirement pour la bonne cause » ne semble apparemment pas bénéficier  d’un quelconque transfère bien qu’initialement la délocalisation devait se faire après seulement quelques mois. Un projet de délocalisation qui ne verra sans doute jamais le jour.

Notons, au passage, que pour l’édification de l’hôpital, plusieurs structures relevant de l’enceinte du marché de gros ont dû être démolies, telles que la partie qui devait accueillir le marché de volailles, ou encore l’aile réservée aux transactions des cargaisons de camions de fruits et légumes qui transitent généralement par ce marché.

Des structures qui ont malheureusement été démolies avant même le lancement de leurs activités en tant que nouvelles zones relevant du marché de gros. Et bien entendu, cette démolition de ces structures neuves ne semble pas avoir dérangé les autorités. Ce ne sont, après tout, que quelques millions de dirhams partis en fumée.

Certes, le transfert du marché de gros à My Abdellah amputerait la Commune d’El Jadida d’un budget important qui constitue des profits qui, jusque-là, renflouaient sa trésorerie. Mais même cette amputation de 60% des recettes de la Commune ne semble pas déranger nos gestionnaires. Sans négliger ce que cette délocalisation coûterait au personnel travaillant au sein du marché, que ce soit en termes de frais de déplacements, ou en désagréments dus à l’éloignement.

Aujourd’hui, le citoyen constate, impuissant, que ni le marché de gros, ni l’hôpital Mohammed V ne sont à 100% fonctionnels, puisque l’un ne dispose que d’une superficie de trois hectares malgré les 5000 personnes qui y transitent quotidiennement ; alors que l’autre est resté inachevé et souffre de la pollution et des désagréments causés par un marché de gros à proximité, dont seuls les malades supportent les conséquences désastreuses, sans aucun autre recours.

Il est certain que sur le plan économique, ce transfert ne peut bénéficier qu’à la Commune de My Abdellah. Mais il semblerait que les autorités locales voient cette délocalisation de points de vue différents, et nul n’est en mesure de comprendre leurs arguments qui ne sont nullement basés sur un raisonnement objectif.

Au niveau régional, une solution avait été tentée par une éventuelle proposition de construction d’un marché au niveau de la Commune de Had Soualem et d’un autre au niveau de Laghdadra, pour atténuer la pression sur le marché d’El Jadida. Mais aucun  de ces projets n’a encore été concrétisé.

En attendant que les autorités puissent se décider sur ce transfert, à moins que cela ne soit encore repoussé aux calendes grecques, il serait grand temps de procéder au réaménagement du marché de gros actuel, et mettre fin au calvaire des usagers qui y passent leurs transactions dans des conditions lamentables de promiscuité, surtout en ces temps de pandémie où il serait judicieux de penser à la distanciation et aux mesures barrières.

Et El Jadida, bien que disposant de tous les atouts pour être l’une des villes les plus développées du Royaume, continuera de souffrir de la situation lamentable d’un marché de gros de fruits et de légumes qui n’a d’une structure commerciale que le nom.

Khadija Choukaili

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