El-Jadida : Mais de quel patrimoine parle-t-on ?

A chaque immeuble ou administration qui menace ruine et que nous risquons de perdre à jamais, nous assistons à un tollé d’indignations et de protestations, versant en faveur de la sauvegarde de notre patrimoine.

Or, aussi bien l’immeuble Cohen, que l’office des mines, le deuxième arrondissement de la commune, le commissariat central, la perception, le deuxième arrondissement de la police…aucun parmi ces constructions, n’a quelque chose à voir avec un patrimoine. Tout au plus, ils sont ancrés dans la mémoire de deux ou trois générations, qui à force de vivre dans une ville qui stagne, ont peur aujourd’hui de perdre leurs repères.

El-Jadida est une ville qui a été co struite en à peine une quinzaine d’années. Autant dire, à la hâte.
Toute sa corniche est « squattée » par des administrations.
Or, une corniche est faite pour être animée et pour offrir du bon temps et de la distraction, aussi bien à ses habitants, qu’à ses visiteurs.

Pire encore, au lieu de « réctifier le tir », nos décideurs ont continué le « massacre » de la corniche. Car vers la fin des années soixante-dix, nos « décideurs » ont rasé le mini golf de la ville, pour y « planter » , la commune actuelle (Bachaouia).

Toutes ces erreurs de planifications, ajoutés à l’augmentation en flèche et en un très court laps de temps, du nombre d’habitants (Jorf Lasfar, université…), ont porté le coup de grâce à cette cité balnéaire, qui depuis lors, a perdu beaucoup de son charme.

Du coup l’été, tout le centre- villeles est engorgé. Les estivants se disputent même les quelques rares places, encore libres pour garer leurs voitures, avec ceux venus légaliser leur paperasse, retirer leurs permis de conduire, poser une plainte …un vrai cirque.

Avec le recul, on estime qu’à part le Musée des anciens combattants, le théâtre, la poste, le jardin Mohammed V, tout le reste doit être rasé et sans le moindre regret.
Il doit laisser place à de grands hôtels, restaurants…et tout ce qui pourrait animer et redonner vie à cette corniche, tout en étant à la base d’un réel essor économique de la ville.

Toutes les administrations précitées doivent déménager à Hay Al Matar, au nouveau quartier administratif (autour de la Mosquée) dans le but de désengorger la ville et…la Laisser Respirer.

Il est temps de reconnaître que la ville d’El-Jadida, telle qu’elle nous a été léguée, n’est pas, tout à fait la notre. Elle n’est pas tout à fait à notre image et ne nous représente point. C’est une ville où plusieurs édifices ont fait leur temps.Ils sont vétustes et surtout, de plus en plus inadaptés.
N est-il pas temps de retrousser nos manches et de nous mettre au travail après, près de soixante-dix ans d’indépendance, pour rebâtir la nouvelle et vraie El-Jadida, post-protectorat?
A moins qu’on préfère continuer à ne rien faire et à passer le siècle prochain aussi, à pleurnicher sur le passé et sur les vestiges d’une ville, dont plusieurs édifices ont largement fait leur temps?
El Jadida scoop

Related posts

Leave a Comment