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Par: Driss TAHI   tahi12

Ma jolie ville, ne me tiens pas rancune. Oui je sais tu n’es pas sur la lune …je t’ai laissée, je t’ai fuie à un moment où tu n’avais peut être pas besoin de l’adolescent que j’étais, mais je sais  aujourd’hui que j’aurais dû rester quand même.

C’est sur le sable de tes interminables plages que j’ai appris à dessiner ton triste visage, et à balbutier le verbe aimer face aux vents de l’océan.

Au fond de tes écluses je me suis essayé à la brasse, et j’ai délogé dans tes profondeurs à mains nues poulpes et crabes.

et c’est sur tes corniches que j’ai connu les premières amourettes, la première cigarette, et le goût salé des premiers baisers à la sauvette mêlé aux grains de sable sur ta peau douce et bronzée.

Et c’est dans les dédales de tes ruelles  aux pavés glissants et aux murs gribouillés au charbon, qu’enfant j’ai déjoué les pièges et les labyrinthes pour une petite place parmi les grands.

Et c’est là que j’ai gagné mes premières cicatrices, et vaincu ma pudeur et toutes mes peurs.

C’est dans la solitude, la mélancolie et la tristesse de tes longues journées hivernalesjdi.cité55 que j’ai découvert la chaleur de l’amitié, l’amour du livre, Le strapontin au Ciné Paris, le langage des ainés, le clin d’œil enjôleur dans la rue, les rythmes dansants, et les mélodieux refrains sur 45 tours, à la mode du moment.

Ma belle ville, ne m’en veux pas trop.

Mon départ n’était qu’une fugue, qui a certes, duré un bout de vie, je sais. Je voulais voir ailleurs, j’ignorais que cela pouvait à la longue faire tellement mal.

Crois moi, je garde jusqu’à ce jour le goût amer de cette brusque et douloureuse séparation, et un regret que je traine à jamais dans mon cœur, comme un lourd fardeau .même si je n’en suis pas totalement la cause.

je t’avais néanmoins toujours gardée au fond de moi, sur ma peau, dans mon cœur, et dans mes rêves.

Des années de mon enfance et quelques printemps de mon adolescence, furent bercées par les ondulations d’une houle éphémère et le bruit du vent au creux de tes vagues… Par des souvenirs en noir et blanc , vifs au départ , qui jaunissaient comme sur une vieille photo à mesure que le temps passe ,et que j’essayais en vain de raviver et d’entretenir par mes intermittentes visites ,comme une plante qu’on arrose et qui pourtant se fane…

Certains visages, des endroits  des murs, des jardins et des odeurs ; le cris des mouettes, celui du bendir du conteur de la halqa ,le roulement d’un tambour dans une nuit ramadanesque , les chants des femmes aux portes d’une fête, ou les cris des pleureuses à l’enterrement…

 

Mcinemasa belle ville pardonne moi si je ne te pleure pas autant que les autres …Crois moi , je le fais souvent en cachette ,comme le font les hommes qui ont le mal d’amour.

 

Dans les réminiscences de mon enfance, surgit parfois une étreinte chaleureuse, et des bras maternels. Une poitrine affectueuse et hospitalière qui sent tantôt le clou de girofle et le henné, mêlé à l’eau de rose, et tantôt les effluves de farine et levure. C’était peut être  une voisine ou une parente …qui n’hésitait pas à se servir du bord de son haïk Pour sécher mes larmes et me moucher, m’offrant généreusement ses genoux en guise  d’oreiller en attendant le retour d’une maman qui avait d’autres petits chats que moi à fouetter.

J’ai encore à la bouche le goût du pain noir truffé de tomate crue ou de sucre , servi comme calmant à toutes faims ,et à toutes les portes, puisque toutes les mamans du quartier étaient nos mères .

jdi.plage50Tout ce qui s’était tissé comme une toile de romances, revient souvent dans mon esprit avec un goût de beaux et mielleux souvenirs nettoyés de toutes les aspérités .

aujourd’hui, ces souvenirs s’effilochent petit à petit dans ma mémoire, et s’en vont tristement emportés par l’usure et le temps.

 

Pardonne ma lâcheté, j’aurais dû rester pour empêcher autant que faire se peut, ceux qui par leur incompétence et leur mauvaise foi salissent ton image. Les rapaces qui mangent à tout, jusque dans les poches de tes petits. Ces suceurs sans vergogne, aux dents longues, qui meurtrissent tes seins jusqu’au sang. Et d’autres, comme des vermines, qui continuent à ronger sans pitié tes flancs.

 

Ô ma belle, redonne moi une chance.

Tu verras ,malgré mon âge, et un pauvre cœur déchiré par tant de peines et de souffrances , que je saurais te défendre, te redonner espoir …et te rendre heureuse le temps d’une vie ; avant de venir pousser le dernier soupir dans tes bras endoloris.

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