construction.anarchique

Par: Abdelmajid Nejdi

L’évolution rapide de nos villes révèle une extension anarchique. L’émergence de zones urbaines sans normes d’aménagement paysager fait révéler des carences de conception et de gestion des espaces.

Qu’on l’admet ou pas, l’incivisme urbain continue toujours de gagner du terrain. Résultat de la course: de nombreuses villes marocaines sont laides. C’est sans doute au cours des années 1980-2000 que ce phénomène s’est aggravé avec l’exode rural, le laisser-aller, l’inhabilité et l’incompétence technique, sans oublier la corruption.

Si dans les quartiers pauvres, la loi est souvent bafouée, on construit généralement sans permis de construire, qu’en est-il alors des quartiers dits «huppés» ?
Vrai que dans ces quartiers, on ne construit pas comme dans les bidonvilles (des baraques en apparence, richement meublées à l’intérieur), mais on réfléchit de la même manière: « Après moi,le déluge», «je fais ce qui m’arrange et tant pis pour les autres»… Résultat: de l’informel dans le formel. «Tous les jours, il y a des infractions. La dégradation est due au manque du savoir-vivre et à l’ignorance. On a le droit de construire sa maison comme on veut, mais la façade n’appartient pas à l’individu. C’est à l’architecte de décider, car c’est une propriété collective. Les gens ne se soucient guère de leur ville», s’emporte un architecte.

Pour exemple,cette ville censée être le Deauville marocain, devient de plus en plus «laide». Car l’incivisme urbain continue  de gagner du terrain. La moindre promenade nous fait  constater, le degré de laideur et d’anarchie atteint.

En effet, à l’exception de quelques ruelles de la vieille ville, de certains immeubles datant de l’époque coloniale et de quelques nouvelles cités, le reste sombre dans l’anarchie.

Les constructions n’affichent aucune harmonie,  aucune esthétique urbaine. Cette nouvelle tendance n’est apparemment pas près de changer. Des «villas», élevées sur quatre ou cinq étages, ont été bâties avec des plans architecturaux approximatifs, voire grossiers, surtout du côté du boulevard Ibnou Badiss, quartiers Al Jawhara, Al Amal, Assalam, Al Kodia, Al Qods et route  Sidi Bouzid. D’ailleurs peut-on vraiment parler de villas ?

Dans certains quartiers, c’est encore pire. On a un paradoxe à la brésilienne. De grandes villas font face à des douars, à l’instar de douar Laghnadra et le quartier «Califonia».

L’incivisme urbain s’étend jusqu’aux  rares beaux endroits qui restent encore à El Jadida. Les jolies petites villas datant de l’ère coloniale, se défigurent de jour en jour. Allez voir du côté de la place El Khattabi, boulevards Moulay Abdelhafid et Al Moukawama…

Des bulldozers rasent les petites villas pour que des maisons en cube de trois ou quatre étages enlaidissent le lieu. La ville perd de son charme d’autrefois, le beau se fait très rare. Pendant des années, on a pensé que la seule explication était la pauvreté ou la recherche d’un gain rapide. Mais pour un architecte jdidi, qui a préféré garder l’anonymat, c’est plutôt un état d’esprit, c’est-à-dire une pauvreté culturelle qui domine et non une pauvreté économique.

En Europe, explique-t-il, les projets urbains enveloppent une vision globale du quartier. Dans certains cas, l’esthétique extérieure est exécutée avant la fin des chantiers. Il ajoute, que le laxisme ne paye jamais et qu’une exécution rigoureuse et musclée des lois urbanistiques est fortement recommandée.

 

 

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