Juste à mi-distance du site touristique Mazagan Beach & Golf Resort, et de l’entrée de la ville, à quelques brassées de la plage d’Haouzia, git la carcasse d’un vaisseau fantôme que les jdidis surnomment communément et avec un brin d’affection, « le Titanic ».

L’histoire de ce fameux bateau fantôme fait penser inéluctablement aux pièces d’un puzzle qu’on tente de rassembler mais qui demeure une manœuvre délicate, car toujours inachevée sans qu’on puisse lui donner forme, par manque de ces pièces importantes qui restent introuvables. Ce naufrage demeure donc un mystère vu le peu d’informations qu’on en détient.

En effet, si on connaît à peu près les circonstances du naufrage, rien n’a filtré sur l’histoire du bateau. Toutes les informations sur sa carrière et même sur son nom, qui pourrait démanteler ce mystère, demeurent inconnues.

Ce que l’on connaît du navire – et encore, d’une manière fragmentaire – c’est son dernier voyage qui est resté, certes, inachevé.

Venant d’Afrique, vraisemblablement du Congo, il se trouva en grande difficulté dans les eaux de la baie d’El Jadida par une nuit de décembre 1984, sous une mer déchaînée. A son bord, 17 marins et une cargaison de bois précieux qui devait être probablement livrée en Europe.

Le bateau de fort tonnage, arborait l’étendard panaméen. Il s’agissait sans nul doute d’un pavillon de complaisance, étant donné que les armateurs optent pour ce pavillon pour son caractère peu contraignant, en matière de fiscalité, de sécurité du navire ou de la réglementation relative au travail, à laquelle est soumis l’équipage. En 2001, 63 % de la flotte mondiale de marine marchande naviguait sous « pavillon de complaisance » afin d’échapper à la fiscalité et au contrôle maritime.

Il faut rappeler que l’immatriculation d’un navire sous un pavillon de complaisance présente de nombreux avantages pour son propriétaire, particulièrement des avantages financiers et d’autres en rapport avec le contrôle qui restent moins contraignantes.

Ceci expliquerait la présence du pavillon panaméen, sans pour autant renseigner sur l’origine ou les caractéristiques du bateau.

Ainsi donc, devant la rage des flots, le capitaine décida de se réfugier dans le port d’El Jadida. Mais malheureusement, se croyant en face du phare Sidi Bouafi, il entama la manœuvre pour entrer au port qui, finalement, se déroba devant lui… car, en fin de compte, il venait de confondre le phare de positionnement Sidi Mesbah, que tous les randonneurs jdidis connaissent, avec le grand  phare d’El Jadida appelé Sidi Bouafi.

Le navire d’un gabarit imposant courut à sa perte dans les eaux peu profondes de la plage de Haouzia. Le choc avec les rochers provoqua la cassure du navire en deux. La proue fut poussée fortement vers la plage, tandis que les parties centrale et arrière furent rapidement englouties par les eaux.

Les 17 marins durent quitter in extremis le navire.

Les tonnes du précieux bois rejeté par la mer furent en partie ramassées, de prime abord, par les habitants des alentours et ce fut une chance inestimable pour certains de sortir de leur misère quotidienne, avant que les autorités ne prennent en charge la collecte de ce trésor tombé non du ciel, mais de la mer, pour faire la fortune de certains hauts responsables.

Et depuis ce naufrage, le bâtiment décharné est devenu l’une des emblèmes d’El Jadida et de la plage de Haouzia.

L’imposant navire n’en finit pas de s’effriter, au fil du temps, cédant peu à peu sa carcasse à la mer. Les jdidis ont adopté cette sculpture qui a donné un merveilleux panorama en plein milieu des flots, une sculpture qui, au lever ou au coucher du soleil, donne un cachet particulier et lumineux à la plage.

Espérons que l’agonie de ce bateau, qui dure depuis 35 ans, continue à nous émerveiller, et que ce merveilleux tableau d’un « Titanic » en pleine rive des doukkalas, ne cédera pas sous l’effet du temps, et surtout sous l’effet de ces vagues si décharnées qui l’on entraîné un jour sur la côte d’El Jadida.

Khadija Choukaili

http://eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2016/08/jdi.plage98.jpghttp://eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2016/08/jdi.plage98-150x150.jpgadminsLibre OpinionJuste à mi-distance du site touristique Mazagan Beach & Golf Resort, et de l'entrée de la ville, à quelques brassées de la plage d'Haouzia, git la carcasse d'un vaisseau fantôme que les jdidis surnomment communément et avec un brin d'affection, « le Titanic ». L’histoire de ce fameux bateau fantôme fait penser inéluctablement aux pièces...Source de L'information Fiable