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Par: Khadija Choukaili
Suite à un courrier adressé par l’Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA) aux présidents de 12 communes relevant de la province, selon lequel le Service Vétérinaire Régional d’El Jadida cessera tout contrôle vétérinaire d’hygiène des viandes au niveau de ces abattoirs communaux, leur fermeture ne serait plus qu’une question de jours.
Parmi ces abattoirs viennent en tête de liste ceux des Commune d’El Jadida, d’Azemmour et de Ouled Hamdane.
Pour ne parler que de celui d’El Jadida vieux de plus de quatre-vingt ans, il faut reconnaitre qu’une simple visite des lieux suffit pour constater l’état piteux et malsain dans lequel il se trouve. Les usagers s’interrogent sur la passivité du conseil municipal par rapport au fonctionnement de cette structure publique dans laquelle aucune norme d’hygiène n’est respectée.
Datant du temps de protectorat, ce site n’a jamais été réaménagé. L’insalubrité y a atteint son paroxysme et la puanteur y est étouffante. Même les abatteurs des bovins et ovins et le personnel chargé de l’embarcation de la viande, peu respectueux des règles d’hygiène, répugnent par leur aspect.
Hormis les abattoirs de Casablanca, de Rabat et de Tanger, les viandes vendues sont préparées dans des locaux insalubres. Celui d’El Jadida vieux d’un siècle, bat les records dans la vétusté aussi bien des locaux que des équipements et outils qui ne sont pas désinfectés. L’application des règles de l’hygiène alimentaire est loin d’y être prise en considération. L’abattage et la découpe de l’animal sont réalisés dans de mauvaises conditions d’hygiène. La carcasse et les souillures par les matières fécales et le non-respect de la chaîne du froid sont le lot quotidien de ces viandes destinées au citoyen. Ce qui risque de provoquer une intoxication alimentaire avec des conséquences très graves pour personnes vulnérables ou fragilisées.
Le constat est donc alarmant. L’état hygiénique de cet abattoir est déplorable quand on sait que la majeure partie de la viande consommée à El Jadida sort de ce lieu exécrable, et nul n’ignore que c’est la santé du consommateur qui est en jeu.
En février 2018, une commission chargée de l’élaboration, du suivi et de l’accompagnement du programme de mise à niveau des abattoirs de la province d’El Jadida a été créée lors d’une réunion présidée par le gouverneur.
L’accent a été mis, lors de cette réunion, sur la  nécessité d’avoir une vision globale sur les abattoirs de la province et de s’assurer du respect des normes d’hygiène requises en matière d’abattage afin de renforcer la sécurité alimentaire des citoyens. Il a été, en outre, décidé de lutter contre les abattoirs clandestins compte tenu des effets négatifs qu’ils engendrent sur le secteur et sur la santé du consommateur. Les participants ont également insisté sur la nécessité d’appliquer strictement les normes en vigueur en matière d’abattage, de commercialisation, de stockage et de transport des viandes.
Cependant, la situation des abattoirs ne s’est pas améliorée et aucune mesure n’a été prise par les autorités pour lutter contre l’insalubrité qui règne au sein des abattoirs de la province.
Il est vrai que le transfert de l’abattoir de la capitale des doukkalas vers celui de Sidi Smail, qui répond aux normes internationales en terme d’abattage, de découpe de viande, de respect de la chaine de froid… connait une certaine résistance de la part des agriculteurs producteur de viande rouge qui avancent que ce transfert les engagerait à supporter des frais supplémentaires de transport qui se répercuteront sur le prix final. Pourtant, situé à seulement 60 kilomètres d’El Jadida, et vu la quantité de bovins et d’ovins qui y sont abattus, l’incidence sur le prix de vente serait dérisoire, quand on sait que le coût de l’abattage dans la région de Doukkala est en moyenne de 250 DH pour les bovins et 45 DH pour les ovins.
On constate qu’il y a sûrement anguille sous roche quand on sait que dans certains abattoirs, les bouchers ne déclarent pas toutes les têtes qu’ils ont abattues dans la journée, ce qui implique certainement des faits de corruption dans ces lieux ayant un caractère informel.
Il faut rappeler que plusieurs conseillers communaux s’étaient rangés du côté des agriculteurs producteurs de viande rouge et avaient approuvé la décision de refus de la délocalisation des abattoirs, et avaient avancé que ce transfert représenterait une perte considérable des ressources financières qui proviennent des abattoirs de la ville, sans compter les postes de techniciens et de vétérinaires qui devraient être libérés.
La décision de l’ONSSA relative à la fermeture de certains abattoirs a créé une grande colère et une certaine confusion parmi les producteurs de viande rouge da la région, ce qui a poussé certains à rechercher d’autres solutions de rechange pour faire face à cette décision qui a pris effet depuis mardi 11 juin, et qui serait généralisée à tous les abattoirs de la région avant la fin du mois d’août.
Les bouchers ont également réagi défavorablement à cette décision, prétendant que les abattoirs privés auxquels ils seront obligés de s’adresser, engendreront des frais supplémentaires, qui auraient certainement pour conséquence une augmentation du prix de vente de la viande destinée au consommateur.
Selon certaines informations, les producteurs de viandes rouges et les bouchers pourraient créer une « Coordination Régionale » pour solliciter une prolongation du délai de fermeture des abattoirs communaux afin de permettre leur mise à niveau selon les normes en vigueur.
En attendant la suite qui serait donnée, la polémique continue et les réactions commencent de la part de la population qui craint une augmentation des prix.
En effet, la société civile de la Commune d’Ouled Ghanem, a adressé ce vendredi, jour du souk hebdomadaire, une lettre au Président de la Commune, pour dénoncer la décision de fermeture de l’abattoir qui, selon leur plainte, aurait été réaménagé pour répondre aux normes définies par l’ONSSA. La revendication se base sur le slogan qui dénonce qu’il n’y aura pas de souk sans l’abattage « لا سوق بدون دبيحة ».
Le bras de fer est lancé.
Affaire à suivre …

 

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