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Feu Mustapha Sahel (G), ancien ministre de l’intérieur, avec Haj Abderrahmane Kamel, parlementaire. Deux jdidis, pur jus.

El Jadida Scoop

Peu de jdidis connaissent la véritable histoire derrière la prise de décision d’édifier un centre hospitalier à El-Jadida. Tout avait commencé lorsque l’inexistence d’un scanner au sein de l’hôpital Mohammed V s’est fait ressentir comme une urgence pour répondre aux besoins des malades de la ville et ceux de la région, et plus particulièrement  les plus démunis d’entre eux.

Haj Abderrahmane Kamel, alors parlementaire, avait à cœur de défendre la cause des habitants doukkalis auprès du Ministre de la Santé et de toutes les personnalités influentes à l’époque. Un jour, il croisa au sein de l’hémicycle parlementaire, feu Mustapha Sahel, alors Ministre de l’Intérieur. Fidèle à son habitude, feu Sahel salua Haj Abderrahmane Kamel et lui demanda : ‘’Kidayra Labliyda ?’’ (Comment va notre chère ville ?) Ce dernier s’empressa de lui faire part de la chose qui lui tenait le plus à cœur, à savoir non seulement un scanner, mais un nouvel hôpital pour la ville d’El-Jadida, en raison de la vétusté de l’existant et qui ne répondait plus aux besoins de la population. A ce moment précis, Mohammed Cheikh Biyadillah, alors Ministre de la Santé, passait par là et s’arrêta pour saluer son collègue, avant de continuer son chemin. Feu Mustapha Sahel, en profita pour lui présenter le parlementaire d’El-Jadida et lui fit part des vœux de ce dernier. Croyant que feu Sahel avait affaire à quelqu’un d’importun dont il voulait juste se débarrasser, il s’empressa de lui dire qu’il n’avait qu’à passer à son cabinet .C’est alors que feu Mustapha Sahel, le saisit par le bras et lui dit, tout en le fixant du regard : « Il nous faut un hôpital à El-Jadida ». A partir de ce moment, ce n’est plus le vœu d’un parlementaire, mais aussi celui du Ministre de l’Intérieur.

Mohammed Cheikh Biyadillah répondit alors :« En tant que Ministre de la Santé, je ne m’oppose pas à ce projet et les crédits sont disponibles ».

Et feu Sahel de demander : « Et qu’est ce qui va manquer alors ?».

Le ministre de la santé répondit: « le terrain.»

Et feu Sahel de rétorquer : « Le terrain je m’en charge. »

Le ministre de la santé les quitte. Feu Sahel fait l’accolade à Haj Kamel et lui dit, avant de le quitter : « Bba Abderrahmane, Labliyda Jab LihaAllah Sbitar. » (El-Jadida tient son hôpital).hopital (2)

Et Haj Abderrahmane Kamel, s’empressa d’annoncer la bonne nouvelle au gouverneur d’El-Jadida, Driss Khezzani .

Peu après, l’annonce fut faite officiellement. Abdellatif Toumi, alors président du Conseil Communal, fut chargé de trouver le terrain adéquat en mesure de recevoir le projet de construction du Centre Hospitalier.

Ce projet consistait en l’édification d’un établissement d’une contenance de 460 lits pour un investissement  d’environ 320 millions de DH.

Une structure qui s’étendrait sur 10 hectares, dont une superficie couverte de 29.000 m2, sur l’emplacement actuel du souk hebdomadaire «El Hamra» et pour laquelle, il était nécessaire de raser et de délocaliser le marché de gros.

Un projet financé par le budget de l’Etat en collaboration avec la Banque Européenne pour l’Investissement (BEI).

Ce projet devait permettre l’amélioration des conditions d’accueil et de prise en charge des malades aussi bien pour le volet médical que chirurgical. Des équipements de pointe y étaient prévus. Or, le terrain qu’occupe le marché de gros qui devait être délocalisé n’a pas pu être libéré et le marché est toujours au même emplacement. Et le soulagement que devait apporter l’édification de ce centre hospitalier à la ville d’El-Jadida, est resté au conditionnel pour plusieurs raisons.  L’acquisition de l’équipement flambant neuf prévu par le projet n’a jamais eu lieu et on a assisté à une réaffectation du vieux matériel de l’ancien hôpital. Quant au personnel, aucune nouvelle affectation n’a eu lieu malgré le manque flagrant en ressources humaines. L’insuffisance en personnel médical spécialisé et paramédical s’est fait davantage ressentir. On a également assisté à une recrudescence des erreurs médicales impardonnables.

Il faut noter que l’édification du nouveau centre hospitalier devait coïncider avec celle du marché de gros. Mais ce ne fut pas le cas. En raison de certaines considérations financières qui devaient profiter à certains propriétaires des terrains qui devaient servir à la réalisation du projet du marché de gros, à savoir des abattoirs, des restaurants, des cafés, certains souks hebdomadaires… Ces propriétaires ont trouvé un terrain d’entente avec le Conseil Communal de Moulay Abdellah, qui a défini le prix du mètre carré à  250 DH. Une inspection de la province qui avait visité les lieux avait estimé que ce prix était excessif. Toujours est-il qu’on sentait qu’il y avait anguille sous roche, raison pour laquelle l’approbation n’a pas eu lieu. Le dossier a donc été classé sans aucun motif convaincant. Et pendant que la construction du centre hospitalier suivait son cours, le projet d’édification d’un marché de gros s’est vu écarté sans qu’aucune solution de rechange ne voie le jour.

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L’actuel gouverneur d’El-Jadida M. Mohammed El Guerrouj (H) dont toute la ville attend la résolution définitive de ce problème à coté de l’ancien gouverneur M. Mouâd Jamiî

Entre temps, le directeur général du complexe Mazagan décède d’une crise cardiaque sans qu’on puisse lui porter secours par manque d’équipements techniques. Mouâd Jamiî qui fut nommé gouverneur d’El-Jadida, donna ses instructions pour activer les travaux relatifs au centre hospitalier, afin de répondre aux besoins de la population d’El-Jadida et de la région, tout en essayant de déplacer le marché de gros. C’est alors, que presque six ans après, le dossier de négociations fut ré-ouvert avec les propriétaires des terrains sur instructions du gouverneur qui approuva le prix d’acquisition du mètre carré à 250 DH. Malheureusement l’eau avait bien coulé sous les ponts et les propriétaires ne l’entendirent plus de cette oreille. Ils ont voulu quadrupler le prix et ont finalement signifié qu’ils n’étaient plus intéressés par la transaction.

Marché de gros (2)Marché de gros (1)

marché de gros CHU un voisinage inadéquat

La décharge publique, pardon le Marché de Gros d’El-Jadida, encore et toujours adossé à l’hôpital Mohammed V

Tout ce précieux temps perdu, a fait que le centre hospitalier d’El-Jadida, n’a jamais pris son véritable envol, et est toujours inachevé à cause de l’existence du marché de gros qui lui est mitoyen. Un contraste total sévit entre la quiétude qu’exige un hôpital et le vacarme qu’engendrent les transactions commerciales d’un marché de gros où les véhicules sont en constante circulation et où l’animation bat son plein de nuit comme de jour.

Certes, nul ne peut contester le fait que des personnes influentes se sont donné tant de mal et ont œuvré et travaillé d’arrache-pied pour faire entendre leur voix et obtenir l’approbation à haut niveau pour la réalisation de ce grand projet  si important pour la ville pour qu’en fin de compte, par inconscience, certains lui ont plombé les ailes, de façon à ne jamais prendre son réel essor.

Il est décevant de constater que plus on essaie de faire un pas en avant, plus certains nous font reculer du double.

PS : Pour information, la clinique Jerada située à Casablanca au quartier Oasis, vient d’acquérir un lot de terrain de 2.000 m² à El-Jadida, afin d’y construire une clinique de quatre étages. Une clinique qui disposera d’un équipement très performant, et d’un staff médical constitué de professeurs de grande renommée au Maroc, qui auront la charge médicale et chirurgicale des deux cliniques. Cette clinique d’El Jadida serait opérationnelle en 2020 et répondrait au besoin des patients en toutes sortes d’interventions chirurgicales.

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