pauvrete.mouton

Par Azzedine Hnyen

 

On les surnomme les jeunes sans domicile fixe (SDF). Ils sont partout dans la ville. Leur nombre impressionne. Ils sont partout.

Dans chaque artère. Devant chaque café, chaque bar, chaque marché de la ville, chaque feu de

signalisation, on les rencontre.

Ces jeunes proposent leurs services de cireurs, de transporteurs occasionnels, de vendeurs de cigarettes en détail, de photocopies des grilles des mots fléchés ou de programmes des PMU. Ils font un peu de tout.

D’autres, telles des loquasses se collant des sacs en plastique sur le nez, s’accrochent et s’agrippent aux passants, avec un air guère rassurant, pour leur soutirer une pièce d’argent. Le besoin urgent et permanent de la colle à sniffer ou du « karkoubi » (les psychotropes) les déchaînent au point de devenir menaçants; voire agressifs. Les yeux sans expression, ces pauvres enfants demeurent imprévisibles.

 

Qui sont- ils? Peut- on se demander.

 

Ils sont de tous les âges. De six à vingt ans. Le banc de l’école? Ils ne l’ont, certainement, jamais connu

ou ils l’ont quitté à un âge précoce. A cause de la misère. Ou d’un comportement brutal des parents.

Ou de l’éclatement de leurs foyers ou de la disparition tragique du père, de la mère ou des deux.

A la tombée de la nuit, ils se rassemblent au centre- ville en groupes impressionnants près des bars, en particulier, pour se volatiliser, ensuite, après leur fermeture.

M.A, un jeune ne dépassant guère les 15 printemps et déjà la tête sur les épaules, parle de sa malheureuse vie:

“ Malgré une rude journée, on est contraints de nous planter devant ces lieux pour proposer nos services.

Car, c’est en ce moment-là  qu’on tire, vraiment, profit. Les habitués de ces lieux sont, généralement, des gens très généreux. Pour une petite course, on est bien récompensés. On nous offre de l’argent et les restes de leurs casse- croûtes.

Ce n’est qu’après que nous rentrons en groupes de plusieurs de peur d’être des victimes des SDF adultes. »

Rentrer, mais où?

 

 » Vous savez, nous ne sommes pas d’ici. Nous dénichons un gîte de fortune pour y passer nos nuits. Ce gîte peut- être une habitation abandonnée, un toit d’un marché… »

 

D’où viennent- ils?

 

 » La majorité d’entre nous, explique un autre, vient de Tadla, Fqih Ben Salah, de Béni- Mellal ou de Oued Zem.

Là- bas, c’est la misère totale. » Evidement, El Jadida et Jorf Lasfar sont cet El Dorado où l’espoir d’un job ou d’une immigration clandestine vers l’Europe à partir du port Jorf Lasfar.

 

Comment sont- ils arrivés à El Jadida?

 

C’est simple. Ils empruntent clandestinement un train phosphatier à destination de Jorf Lasfar.

Malheureusement, ces pauvres malheureux se retrouvent face à une situation beaucoup plus complexe

et compliquée. Et au lieu d’une amélioration de leur mode de vie et de leur situation financière, ils découvrent que la ville d’El Jadida a, elle aussi, ses propres gavroches.

Vivant dans les faubourgs de la ville, ils sont contraints,par la pression de la pauvreté, de se débrouiller, comme ils peuvent, pour survivre. A ceux- là, il faut ajouter ces Subsahariens, venus d’on ne sait où et qui sillonnent, librement, tout autant que les syriennes les artères de la ville et les lieux publics à la quête de pièces d’argent. Un mutisme incompréhensible à un moment où des citoyens locaux sont soumis à de pires sévices par des agents sans scrupules faisant fi de la déontologie de leur noble métier!

Attendra- t- on l’irréparable pour, enfin, réagir?

Il est vrai que cette situation des jeunes SDF fait mal aux cœurs. Leurs problèmes ne sont pas prêts

d’être solutionnés tant que la ville souffre d’un manque observé de foyers pour jeunes en situation difficile

et de centres éducatifs.

Cette situation nous interpelle tous. Il est, aussi, vrai que l’industrialisation dans

la province se développe à une vitesse vertigineuse. Mais du côté social, rien de rassurant et de réconfortant ne se réalise.

Vivement des infrastructures pour cette souche de notre société pour lui faire éviter la délinquance et la débauche. Il y va de l’intérêt du pays.

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