El Jadida : Les marchés de proximité, oui mais…

Certes, l’initiative de la création des marchés de proximité, très louable, et subventionnée en grande partie, par l’INDH, avait pour objectif de délimiter les zones noires d’El-Jadida, qui abritent le plus grand nombre de marchands ambulants, et d’en faire des structures organisées en marchés, dont les bénéficiaires s’acquitteraient d’un droit d’entrée et d’un loyer pour bénéficier d’un local dédié à une activité commerciale.

Malheureusement, à l’image de tant d’autres plans foireux de la ville, ce projet de marchés de proximité n’a pas tenu la route, vu qu’il était boiteux depuis son démarrage.

Si l’un des objectifs de l’INDH était de faire de ces points de vente des structures organisées pour créer pour cette catégorie sociale nécessiteuse une source de revenue pérenne tout en assurant, par la même occasion la solution à la problématique des marchands ambulants dans la ville, certains commerçants de ces marchés de proximité, ont été, malheureusement poussés à la faillite, et acculés à mettre la clé sous le paillasson, vu les charges fixes qu’ils supportent et qui se répercutent sur le prix de vente, face à des marchands ambulants qui envahissent les devants de ces nouveaux marchés, vendant les mêmes produits à des prix imbattables, car n’ayant aucune charge fixe à supporter, mis à part, le bakchich attribué aux agents des forces auxiliaires.

En effet, comment peut-on concevoir que des projets de cette envergure sociale, censés constituer des activités génératrices de revenus, et qui avaient pour objectif initial de lutter contre la pauvreté, l’exclusion sociale et la précarité, ne parviennent pas à atteindre leurs buts ?

Il faut aussi noter que ces marchés de proximité, à El Jadida, semblent, malheureusement, avoir été conçus sans aucune étude préalable. Leur emplacement ne répond souvent pas à un besoin répondant à une stratégie commerciale. L’exemple le plus flagrant est le marché Ahfir qui se situe à proximité de souk Allal Kasmi, et à côté de la Cité Portugaise, et qui constitue une tâche terne dans ce décor, historique de surcroît.

Le marché de proximité du quartier Saâda, destiné aux marchands ambulants, disposant d’une centaine de locaux commerciaux n’a pas pu venir à bout de ces squatteurs de l’espace public qui  envahissent le quartier, et qui contribuent lourdement à pollution, à la désorganisation et à l’anarchie.

Un autre exemple qui reflète la situation de ces marchés de proximité bâtis sans stratégie préalable déterminant la nécessité de leur création à tel emplacement plutôt qu’à un autre, est le marché Ibn Badiss, menacé de fermeture à trois années seulement après son lancement. La fermeture de ce marché accentuera, à coup sûr, la souffrance de certains de ses bénéficiaires qui sont à besoins spécifiques. Ce qui constituera un véritable drame social pour ces personnes nécessiteuses et les enfoncera davantage dans leur situation déjà tragique.

Ces marchés n’ont malheureusement pas pu éradiquer ce phénomène de marchands ambulants qui continuent à squatter les trottoirs de la ville sans aucune mesure coercitive en mesure de freiner cette activité qui s’exerce  au vu et au su de tous et dans l’anarchie la plus totale.

A croire que la poisse continue à poursuivre la ville pour qu’elle continue à patauger dans tant de disfonctionnements inexpliqués et inexplicables, sauf pour ceux à qui ça profite, et ce, dans tous les secteurs.

Khadija Choukaili

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