cimetière369

Par: Khadija Choukaili

Le métier de fossoyeur est un métier dont on ne parle presque jamais. Souvent, on réduit le travail du fossoyeur au simple acte de creuser des tombes. Mais l’exercice de ce métier est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.

Sa tâche se déroule au sein du cimetière, un endroit qui nécessite foi et recueillement.Cependant, il faut reconnaitre que son travail ne se limite pas à creuser des tombes, qui est, certes, une tache nécessitant une certaine condition physique.Le fossoyeur intervient aussi lors de l’inhumation en guidant les familles lors de ces moments douloureux et en veillant à ce que le rituel d’accompagnement du défunt à sa dernière demeure, se passe dans les meilleures conditions.

Le fossoyeur commence par creuser la tombe d’une longueur de 2,10m et d’une largeur de 50cm et aménager le haut de la tombe à l’aide des briques. Après l’ensevelissent du mort dans la terre, incliné sur son côté droit de façon à faire face à la Mecque, tel que recommandé par la chariâ, les fossoyeurs couvrent la tombe par des pierres plates.
Par la suite, ils retournent la terre et l’aspergent d’eau en installant dessus une tablette contenant le nom et prénom du défunt et la date de sa mort.

Ce métier est malheureusement « marginalisé »et très méconnu. Souvent, il se transmet de père en fils car c’est une activité qu’on imagine mal s’apprendre au sein d’une structure de formation. Le fossoyeur est finalement réduit à servir des morts pour pouvoir survivre.

Ce fossoyeur du cimetière Arrahma est un sexagénaire, qui avait décidé de prendre ce métier comme moyen de vivre (passez-moi l’expression), à l’instar de beaucoup d’autres, qui n’ont pas trouvé un emploi auprès des vivants, et sont allés à la quête d’une source de survie auprès des morts.
Chargé de creuser les tombes et d’inhumer les morts en contrepartie d’une rémunération versée par les proches des défunts, ce qui constitue l’unique source de subsistance pour lui et pour sa famille.

Il  déclare survivre grâce à la générosité des gens et du nombre de morts et des tombes préparées chaque semaine.

La magnanimité des proches des défunts est sa seule ressource. Ils peuvent donner entre 250 et 300 dirhams, qu’il doit nécessairement partager avec ses compagnons de métier.
Accompagné de son fils qui a pris la relève étant donné son âge et son état de santé, il confie qu’il lui arrive souvent d’attendre deux à trois jours, voire plus, sans que soient organisées des funérailles,ce qui le réduit à vivre au rythme de l’attente.
Le fossoyeur mène une lutte permanente pour survivre et souhaite que les responsables ait une pensée pour lui en l’intégrant dans les rangs des auxiliaires des communes pour le mettre à l’abri des alias du temps.

Et qui d’autres parmi ces responsables est en mesure de répondre à cette doléance légitime, si ce n’est ceux qui gèrent les ressources des communes ?

Les autorités devraient réfléchir à une issue pour cette catégorie de personnes travaillant dans des conditions inhumaines pour survivre, privées de leurs moindres droits, comme la couverture médicale et sachant les risques qu’ils encourent étant en contact directe avec les dépouilles qui souvent meurent suite à des maladies.

Comment concevoir que, dépendant des communes et travaillant dans un secteur d’utilité publique, ils soient privés d’une rémunération mensuelle qui leur assurerait un minimum vital

Comment comprendre que Président du Conseil Communal puisse se trouver, sous la menace d’un citoyen  de déposer la dépouille d’une défunte devant la municipalité afin qu’il trouve une solution pour son inhumation et qu’au petit matin le problème d’un cimetière soit résolu ?

Il est certain que toutes les villes connaissent des difficultés plus ou moins importantes. Mais les problèmes de gestion d’El Jadida sont uniques dans leur genre. Les responsables trouvent les moyens de dilapider les deniers publics, et manigancent pour dénicher des lots de terrains destinés à assouvir leur soif de bâtir des lotissements en envahissant des sites stratégiques destinés à des espaces verts ou à tout autre projet d’utilité publique.

A quand un réveil des consciences ?

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