El Jadida : Le Street art ne pourrait-il pas trouver sa place pour embellir la ville ? Zoom sur cet art en pleine expansion

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 Le « Street Art », un phénomène artistique en pleine expansion au Maroc. Cet art qui a commencé à se développer depuis bientôt dix ans et qui est actuellement en plein essor dans les grandes villes du Royaume ne pourrait-il pas voir le jour à El Jadida ? 

Il faut rappeler que cet art n’est pas méconnu dans la région des doukkalas puisque depuis quelques années la ville d’Azemmour organise son festival Remp’Art, qui réunit de grands artistes internationaux et nationaux pour transformer la ville, pour quelques jours, en une véritable galerie à ciel ouvert, et permettre ainsi à ces artistes peintres de rivaliser pour habiller les murs de la ville de belles fresques, sous le regard curieux de ses habitants.
Dans les grandes villes du Royaume, comme Casablanca, Rabat, Fès ou Marrakech, cet art commence à se développer et, le temps d’un festival, les murs deviennent un lieu où ces artistes dévoilent leur talent et réalisent de magnifiques toiles murales qui embellissent les rues.
Le moins que l’on puisse dire c’est que ce phénomène séduit et donne une certaine valeur ajoutée aux murs nus auparavant et qui prennent vie grâce à ces artistes talentueux. Vu le succès que cet art a connu dans les grandes villes, des événements mettant à l’honneur cette culture commencent à voir le jour pour encourager ces jeunes talents et faire connaitre leur penchant artistique, tels que les festivals organisés respectivement à Rabat et Casablanca, à savoir Jidar et Sbagha Bagha, dont Salah Malouli est le créateur et directeur artistique. A Rabat, à titre d’exemple, le festival “Jidar, Toiles de rue” a été lancé en 2015 par la Fondation Nationale des Musées et l’Association EAC-L’Boulvart, et s’est peu à peu imposé dans le paysage urbain de la ville, où une vingtaine de murs ont été recouverts de fresques réalisées par des street-artistes venus des quatre coins du monde.
À travers ces festivals, les artistes marocains ont l’occasion de mettre en valeur leur talent, aux côtés des artistes internationaux. Une manière aussi de pousser les plus jeunes à s’y intéresser, à exprimer leur vocation, et à puiser des idées dans d’autres cultures étrangères pour proposer au public un rendu artistique innovant.
Actuellement, ils sont une quarantaine d’artistes au Maroc, regroupés dans des groupes de « graffiti vandales » et de « street art » et ont l’occasion, lors de ces festivals, de mettre en exergue leur talent pour réaliser des fresques immenses sur les murs et les façades des immeubles, selon des thèmes fixés par les organisateurs. Ces festivals font ainsi découvrir les prouesses de nos jeunes artistes peintres.  
Il faut noter que cet art est très apprécié par le public marocain qui ressent en cette démarche artistique une occasion de développer l’esprit de créativité et de compétition chez les jeunes artistes qui réalisent leurs fresques devant un public de plus en plus intéressé par ce phénomène. Il faut reconnaître que c’est l’art le plus démocratique du fait qu’il permet aux gens qui n’ont pas l’occasion de se rendre dans des galeries ou des musées d’avoir accès à cet art en pleine rue, et constater de visu dans leur environnement quotidien, la manière dont sont réalisées ces beaux tableaux. Les artistes s’y retrouvent également, du fait qu’ils n’ont pas besoin de grimper les échelons académiques pour pouvoir exposer leurs œuvres.
Une bonne initiative artistique qui a pour objectif d’embellir les murs ternes du béton armés qui a envahi les villes et de faire développer la culture de cet art « des rues » dont la ville d’El Jadida pourrait amplement s’inspirer.

Pourrait-on voir un jour les murs de notre chère ville embellis, à l’instar de la ville d’Azemmour, par les fresques des jeunes doukkalis ? L’espoir est permis. Il existe sûrement de jeunes talents qui attendent juste que l’occasion leur soit offerte. 

Khadija Choukaili

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