sable

Par: Khadija Choukaili

Ce sable fin si doré en été qui témoigne des bains de soleil des vacanciers mais qui, une fois la parenthèse estivale refermée après le retour inéluctable au quotidien, retombe dans l’oubli jusqu’aux prochaines vacances.

Ce sable que l’on pense n’être réservé qu’à se dérober sous nos pieds, n’est pas aussi banal qu’il n’y paraît.  Discrètement, il s’immisce dans notre quotidien sans qu’on le sache. Il est fondu et transformé en verre. C’est également la source du dioxyde de silicium, ce composant minéral présent dans la fabrication du papier, du dentifrice ou d’autres produits ménagers. Il est aussi la source de l’uranium ou du lithium.

Tirés du sable, ces minéraux sont une base de notre mode de vie ultra connecté.

Ils sont l’assise des microprocesseurs sans lesquels nos ordinateurs et nos téléphones ne pourraient être fabriqués.

Le sable est la ressource naturelle la plus utilisée sur terre et à des proportions vertigineuses. On estime que l’exploitation annuelle du sable représente 15 milliards de tonnes.

Et pour cause, le sable est une particule fondamentale dans les fondementsSafi-Pillage-de-sable-2011-11-03 de notre développement moderne. Il a façonné notre paysage urbain par sa combinaison avec le ciment et a donné naissance au béton armé. Ce matériau domine la construction de tout ce qui nous entoure, ce qui rend sa demande en constante augmentation et son commerce en pleine expansion.

Au début, les carrières de sable et de gravier suffisaient à pallier au besoin des constructions à réaliser. Une fois cette matière épuisée, on s’est tourné vers le sable des rivières, des oueds et même des plages. On s’est même tourné vers les océans pour extraire le sable en quantité industrielle, grâce à la technique de la drague.

Il faut se rendre à l’évidence et reconnaître que ce pillage détruit les plages. Sur certaines côtes, l’extraction de sable a transformé d’épaisses plages de sable en paysage lugubre, étant transformé en béton armé dans des bâtisses.

Il existe certes, une réglementation à ce sujet. Mais l’indulgence de certaines autorités inhibe le pouvoir dissuasif de la loi sur le littoral, censée interdire depuis 2015 le prélèvement du sable au risque d’écoper de 5 ans de prison.

Cependant, cette mafia existe bel et bien et continue son pillage sans se soucier de ses conséquences sur l’environnement. C’est ainsi que certains acteurs associatifs de la société civile de la région d’El Jadida, conscients de la gravité de la situation, ont tiré la sonnette d’alarme et ont adressé une lettre ouverte au Gouverneur d’El Jadida pour que des mesures soient prises afin de sauver les alentours de la plage de Lalla Aicha Lbahrya, qui relève de la Commune de Sidi Ali Ben Hamdouch,  confrontée depuis plus d’une semaine à un pillage sans précédent.

La lettre précise que les quantités de sable prélevées quotidiennement s’élèvent à 70 camions poids lourd équivalents à un revenu de 350 000 dirhams, faisant gagner à ces pilleurs des sommes mensuelles colossales, se comptant en millions de dirhams.

La lettre rappelle également que le pillage aux alentours de la plage de Lalla Aicha Lbahrya et de la forêt a débuté depuis 2003 jusqu’en 2014, rapportant ainsi 750000 dirhams par jour, ce qui a dû accumuler le montant de 23 millions de dirhams en 10 ans d’exploitation illégale.

De plus, suite à ce pillage, l’eau de mer a envahi la forêt la transformant en un grand lac d’une superficie de 45 hectares.

La lettre a enfin sollicité le gouverneur, en tant que premier responsable au niveau de la région, d’intervenir auprès du Secrétariat d’Etat chargé du Développement Durable, du Wali de la Région, du Directeur Régional de l’Equipement, de la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’environnement, et du Ministre de l’Equipement afin de prendre les mesures qui s’imposent et arrêter ce pillage, tout en sauvant la région d’une catastrophe  environnementale certaine.

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