El Jadida : Le phare Sidi Mesbah, un patrimoine dévasté… et bientôt démoli

Le phare de signalisation maritime de Sidi Mesbah, situé sur le cap haouzia représente le deuxième repère de positionnement pour les bateaux. Se situant à l’entrée d’El Jadida, et édifié en une tour carrée disposant d’une galerie et d’une lanterne de couleur verte, le phare Sidi Mesbah est d’une hauteur de 18 mètres. Il émet, à une hauteur focale de 50 mètres, un éclat qui s’alterne entre rouge et blanc toutes les six secondes.

Il constitue, après le phare de Sidi Bouafi, un point de repère pour les bateaux bien que sa portée ne soit pas connue, et permet aux navires de repérer la position des zones dangereuses.

Il est de moins en moins utile mais il garde toutefois un grand intérêt puisqu’il ne nécessite aucun matériel de navigation particulier.

 Son intérêt est plutôt d’ordre historique en tant que patrimoine de la ville, mais aussi en tant que richesse architectural et touristique.

Cependant, ce site ne représente plus que les vestiges d’une ville dont rien ne persiste, datant d’avant l’invasion des portugais en 1502.

Et bien que faisant partie du patrimoine public, ce phare, certes encore fonctionnel, a été complètement dévasté par des mains criminelles qui l’ont dépouillé de ses verrerie et de tout le cuivre qui constituait non seulement son ornement mais aussi un système de réflexion de la lumière.

L’idée d’une préservation et d’une valorisation de ce patrimoine dévasté et mutilé n’est pas d’actualité.

 Les autorités qui émettaient de temps à autre le souhait claironné de préserver pour les générations à venir des monuments rappelant les traces des ancêtres et la gloire des époques passées, ont opté pour des impératifs purement économiques et financiers.

Ainsi, ce patrimoine faisant désormais partie du projet « Pôle Urbain de Mazagan » (PUMA) qui est une illustration concrète de la nouvelle stratégie de développement des pôles urbains. Un projet, certes d’intérêt national, qui s’inscrit dans une intégration des dimensions économique, sociale et environnementale qui conditionneront la nouvelle vision de la vie urbaine, mais qui efface, hélas, d’un revers de main un patrimoine vieux de plusieurs siècles.

Khadija Choukaili

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