El Jadida : Le pavillon bleu décerné à la Plage Haouzia et Sidi Abed

En cette édition de 2021, ce sont les plages de Haouzia et de Sidi Abed qui ont décroché ce label de « Pavillon bleu » des plages répondant aux normes internationales de propreté et de sécurité.

La plage constitue certes la plus importante devanture de la ville. Etant qualifiée de ville balnéaire et touristique, El Jadida devrait préserver l’attraction et le charme dont est dotée sa plage. Cette plage qui constitue le lieu de prédilection que les nombreux estivants apprécient le mieux.

Certes, la province a bien hissé le «Pavillon bleu», qui est le label des « Plages propres », avec la plage de Sidi Bouzid qui a pu décrocher cette gratification en 2011, lors de sa première participation à ce programme, tandis que celle de Haouzia en a eu le mérite depuis 2006 et même pour cette édition de 2021.

Il faut reconnaître que les efforts consentis par les autorités d’Azemmour en collaboration avec « l’Association Azama Extrême » pour préserver le label « Pavillon Bleu » de la plage Haouzia ont donné leurs fruits. Des activités d’entretien sont organisées tout au long de l’année pour maintenir la salubrité de la plage et les membres de l’association s’activent pour sensibiliser les citoyens sur la nécessité de garder cet environnement propre. 

Il faut se rendre à l’évidence que la belle plage d’El Jadida a été complètement dévastée. La gestion de l’environnement est avant tout une affaire des autorités communales qui doivent veiller à la protection de l’environnement, à la maintenance et à la préservation des infrastructures en planifiant, en collaboration avec les associations et les représentants de la société civile, des activités en mesure de développer le tourisme tout en préservant l’environnement en général, et la propreté des plages en particulier. Malheureusement, ceux qui sont censés préserver cette belle plage sont aux abonnés absents.

La ville d’El Jadida, qui dispose de beaucoup de potentialités a besoin d’un tourisme qui marche toute l’année et qui mettrait en valeur les caractéristiques balnéaires de la ville. Il faudrait donc qu’elle se démarque par un créneau viable qui pourrait attirer les visiteurs, sans se limiter à la « saisonnalité du flux touristique», en développant certains sports liés à la plage tels que le surf, le jet-ski… dans un cadre qui respecte l’environnement.

Pour rappel, le programme «Plages propres» vise à promouvoir une culture de la protection de l’environnement côtier.

La ville d’El Jadida a été en 1999 le point de départ de ce programme à travers la conclusion d’un contrat et d’un objectif national de protection de l’environnement sur toute la côte. Il faut signaler que la Commune s’était engagée à l’époque à adopter une approche participative pour mesurer le champ d’implication dans la protection de l’environnement des autorités locales, des acteurs publics, des élus, des opérateurs économiques et de la société civile.

Les efforts consentis ont, certes, permis de décrocher le fameux label «Pavillon bleu» en 2011 et 2014, mais sans plus.

Il faut rappeler que les autorités locales ainsi que les intervenants en matière de protection de l’environnement et de préservation de la qualité des plages de la province d’El Jadida avaient promis de poursuivre leurs actions avec la même dynamique et que des efforts seraient consentis pour élargir le champ d’intervention dans le but d’améliorer la qualité de l’environnement de la plage, tout en capitalisant les acquis pour la réhabilitation des plages avoisinantes dans toute la région.

Malheureusement, toutes ces promesses n’ont pas été tenues, particulièrement en ce qui concerne la plage de la ville. Une simple balade permet de constater le niveau de dégradation de cette plage qui était très appréciée pour la qualité de son sable fin, la propreté de son eau à la température douce et par la qualité de l’infrastructure dont elle disposait.

Tout ceci fait désormais partie du passé, et le visiteur ne peut qu’assister, incrédule et surtout impuissant, à la dévastation de cette belle plage, par manque de maintenance, mais également devant la destruction volontaire des infrastructures séculaires qui ont vus grandir tant de générations.

Des actes que l’on peut qualifier de criminels car ils contribuent à enterrer la mémoire des plusieurs générations jdidies, et à effacer le principal charme qui caractérise cette plage.

Comment concevoir ce laisser-aller des autorités qui détruisent petit à petit le patrimoine de la ville. La destruction des escaliers menant à l’hôtel Marhaba a inauguré cette dévastation orchestrée contre la mémoire de la ville. Quand l’expression « pieds dans l’eau » n’était pas encore d’usage, El Jadida s’en distinguait en disposant d’un hôtel qui l’offrait à ses clients.

Jusqu’où ira ce saccage avec lequel s’écroulent les meilleurs souvenirs des jdidis.

Il serait temps pour les autorités d’assumer leurs responsabilités envers les citoyens et envers la mémoire de cette ville, qui a été trop longtemps délaissée.

Espérons que notre chère ville décrochera ce fameux « pavillon bleu » dans un avenir qu’on souhaite proche.

Khadija Choukaili

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