El Jadida : Le glanage (fouineurs dans les poubelles « mikhala »), une pratique bien répandue, qui ne sert pas la propreté de la ville

Nul n’ignore l’état déplorable de la ville et l’amoncellement des ordures dont n’échappe aucun quartier.

On a souvent incriminé les citoyens pour leur incivisme, croyant qu’ils sont les seuls coupables de l’état d’insalubrité des rues, en jetant leurs déchets ménagers à même le sol, sans se donner la peine de les jeter dans les bennes à ordures.

Seulement, il nous arrive à tous de rencontrer parfois ces glaneurs qui viennent « faire les poubelles » bien avant le passage des éboueurs. Ils se permettent de renverser les bacs à ordures à la recherche d’objets « revendables » ou d’aliments pour nourrir leur bétail, et abandonnent tous ces déchets éparpillés qui jonchent les trottoirs, sans se soucier de la pollution qu’ils causent.  

Cette activité, plus pénible qu’on ne le croit, usante et contraignante, est vécue comme un acte honteux pour les plus fragilisés, même s’il l’est moins que la mendicité.

Certes, la situation de crise économique a renforcé la pratique du glanage (tmaykhil) parmi les populations en situation de pauvreté et de précarité. Glaner des fruits et des légumes en ville est loin d’être un phénomène isolé. Il permet à ces fouineurs de dénicher également des objets qu’ils peuvent réutiliser ou revendre pour se faire quelques sous, mais permet également à certains petits éleveurs, de débrouiller de quoi nourrir, à moindre frais, leur bétail, sachant que cette « activité » leur fait économiser près de 2000 dirhams par mois en frais d’alimentation, qui coûtent en principe, près de 70 dirhams le kilo. C’est donc souvent un moyen d’économie pour certains mais aussi de survie pour d’autres.

Ces glaneurs, n’ont malheureusement pas le choix de faire autrement, chômage oblige. Cependant, n’est-il pas du devoir de la commune de trouver des astuces, telles que des chaines fixant ces bennes à ordures et qui éviteraient à ces fouineurs de les renverser ?

Il serait temps de réfléchir à des solutions qui permettraient de réglementer, à l’instar de certains pays occidentaux, cette pratique qui prend la forme d’une réelle activité économique, et mettre ainsi un terme à cette anarchie et à cette pollution qui contribuent à la dégradation de l’image de la ville.

Khadija Choukaili

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