El Jadida : Le décès du jeune Ayoub dévoile les réels problèmes de santé publique et de sécurité des citoyens

Un décès qui a, certes, soulevé la compassion de la population d’El Jadida. Un drame qui aurait dû (et pu) être évité si chacun, de son piédestal, avait eu l’humilité et la conscience de simplement s’acquitter de sa mission comme il se doit.

Un fait divers, car des « Ayoub », il en meurt tous les jours au sein de nos hôpitaux, soit par négligence, ou par manque de moyens ou humains ou matériels.

Car il faut reconnaître que l’hôpital Régional Mohammed V d’El Jadida, disposant de 460 lits, qui s’étend sur 30.000 m² de surface, construit sur 5 niveau a coûté 319 MDH, et a été édifié pour combler le manque d’équipements sanitaires dans la région, et pour offrir une meilleure prise en charge des malades, leur évitant d’avoir recours à la métropole casablancaise pour les services médicaux et chirurgicaux.

Il est certes l’un des rares structures hospitalières publiques qui répond aux normes en vigueur, mais malheureusement, tous les citoyens s’accordent sur le fait qu’il laisse beaucoup à désirer sur le plan de l’accueil et de la gestion des ressources humaines et des patients, obligés d’attendre des heures pour une simple consultation. Une réalité qui se vérifie par le calvaire que vivent au quotidien des centaines de malades qui s’y dirigent.

Si l’infrastructure de base y est disponible, on ne peut malheureusement pas en dire autant pour l’accueil et la qualité des soins prodigués aux patients. Les prestations, qu’elles soient médicales ou chirurgicales dénotent d’un « laisser-aller » flagrant qui a fait que certains jdidis le surnomment « l’hôpital de la mort ».

Les patients en attente d’une consultation se comptent en dizaines et les rendez-vous accusent des délais qui se comptent en semaines pour ne pas dire en mois.

Quant aux urgences, inutile de rappeler l’horreur qui y règne si bien que certains en disent selon un adage bien marocain « celui qui y rentre disparaît et celui qui en sort renaît ».

La triste réalité d’une catastrophe qui perdure et dont on ne connait pas l’issue.

Et que dire de la sécurité au niveau de la ville. Ce drame qui a coûté la vie au jeune Ayoub à la fleur de l’âge dévoile encore une fois, si besoin est, les pratiques qui sévissent encore au sein des structures policières. Un uniforme qui délègue un pouvoir à un fonctionnaire présumé au-dessus de tout soupçon, et un présumé coupable qui n’a que sa parole pour se défendre, si toutefois il est encore capable de parler.

Des défaillances à la pelle qui se traduisent par le non-respect des procédures tel que cela s’est produit pour le jeune Ayoub qui n’aurait jamais dû se retrouver en mise en garde à vue, vu son état santé. Il s’était rendu à l’hôpital car son état de santé exigeait une assistance médicale urgente.On assiste tous les jours à des plaintes pour agression physique à l’arme blanche et pour lesquelles les agents de police ne se déplacent pas sans qu’il y ait blessures. Et quand on parle de blessure, il faut entendre des cas où la victime est grièvement atteinte et sa vie est en cause, nécessitant une intervention médicale urgente.

La vie humaine n’a-t-elle donc pas d’importance au vu des autorités sécuritaires ?

Il est vrai qu’un certain règlement régit les déplacements des agents de la Sûreté Nationale, mais encore faut-il que l’on puisse discerner les cas où la présence de l’autorité sécuritaire est exigée d’urgence.

Que de femmes victimes de violence conjugales l’ont payé de leur vie pour non intervention de la police ? Que de citoyens impuissants devant des agresseurs à l’arme blanche ont perdu ce qu’ils avaient en leur possession ?

Est-il utile de rappeler tous ces jeunes délinquants qui posent devant des Smartphones fiers de brandir leurs poignards et leurs sabres et qui sont quotidiennement partagés sur les réseaux sociaux ?

N’est-il pas temps de s’atteler à cette lourde tâche de remettre de l’ordre à El Jadida où il faisait bon vivre ?

Il est du devoir des autorités sécuritaires de redonner à cette ville sa sérénité d’antan et de permettre aux citoyens de se sentir protégés et en toute sécurité dans leur ville bien aimée.
Khadija Choukaili

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