El Jadida : Le caïd du 2ème arrondissement urbain n’en fait qu’à sa tête !

Par:Azzedine Hnyen

Six unités de contrôle et de lutte contre l’occupation illégale de l’espace public avaient vu le jour à El Jadida. C’était au mois d’août 2014. Ces unités, composées des agents de l’autorité relevant des six arrondissements urbains, existant à l’époque, des éléments de la sûreté nationale et des forces auxiliaires avaient été placées sous la supervision directe de l’actuel pacha. Elles avaient pour mission de combattre, à long terme et pour de bon, l’occupation des espaces publics dans toute la ville d’une manière générale.

Tambours battant et sous les flashs de certains « journaleux » de quelques sites électroniques, chargés de faire les éloges et de justifier des actes, même illégaux, de certains agents d’autorité sans scrupule, les caïds, tout auréolés de cette aubaine providentielle, sont montés sur leurs montures pour massacrer « les têtes dures », qui ne comprenaient pas qu’il fallait, de temps à autre, passer « les voir » (sic) pour « huiler » leurs ceintures et les marchands ambulants qu’ils considèrent d’une très basse catégorie. La campagne d’assainissement fut, donc, dure pour inconsidérés. Les privilégiés (les habituels des visites de leurs bureaux) furent, par contre, épargnés. Un sursis (un trompe- œil) leur était accordé pour débarrasser leurs bâtisses occupant le domaine public. Ces « nantis » n’ont pas été, jusqu’à nos jours, dérangés. Alors que les autres avaient leurs devantures saccagés et leur matériel et produits avaient été saisis. Deux poids, deux mesures donc. Les caïds, ces supermans des temps modernes, profitant de la note du ministère de l’Intérieur, avaient sévi et avaient imposé leur diktat. « Rien ne pourrait fonctionner sans notre bénédiction » avaient- ils fait comprendre aux réfractaires. Même si la chose dépendait du conseil urbain de la ville !  « Vous voulez occuper illégalement le domaine public ? Vous voulez exercer un commerce sans licence communale ? Vous voulez construire illégalement ? Passez par nous. Nous sommes les maîtres à bord ». Telle est l’amère devise imposée par « ces césars » des temps modernes. Sinon, pourquoi la situation est redevenue telle qu’elle était avant la campagne ? Une campagne ne serait- elle, par hasard, que sporadique ? Oh que ce n’est pas Vrai ! Une loi est conçue pour être appliquée et l’agent d’autorité se doit de veiller à être appliquée. Il n’y a pas deux équations.

Malheureusement, ce qu’on constate, actuellement, c’est l’anarchie totale. L’averti comprend que ces campagnes d’assainissement ne sont, en réalité, qu’un moyen de pression pout être plus « compréhensif » avec le caïd et à un degré moindre avec ses aides auxiliaires et des éléments des forces auxiliaires. Le très bel exemple est perceptible au 2ème arrondissement urbain de la ville où se trouve le centre- ville de l’ancienne médina. Tous les habitants y convergent. Et on ne peut s’étonner d’y trouver les commerces inimaginables.  Le phénomène des marchands ambulants a pris, juste après l’installation de l’actuel caïd, des proportions alarmantes à tel point qu’il est devenu un phénomène incontrôlable avec ses conséquences négatives. Ainsi, la chaussée est devenue le souk le plus impopulaire de toute la ville. Un mélange pittoresque de commerçants et de vendeurs à même la terre offrant «l’affaire du jour» ou encore un bric-à-brac d’objets hétéroclites neufs ou vieillots, de la friperie et de différents produits de contrebande, des légumes, des poissons, de la bouffetance sans le moindre respect des normes sanitaires. Beaucoup trop de «Ferracha» occupent les voies publiques tout au long de l’avenue Zerktouni ainsi que les places Allal El Kasmi et El Hansali. Pratiquement, aucun espace n’est plus épargné par ce fléau social. Une situation qui, s’aggravant davantage de jour, met en péril la sécurité des personnes. Une vraie « Siba » (anarchie). On ne peut s’étonner que certains commerçants disposent d’autorisations illégales délivrées par des élus pour des objectifs électoraux. Le premier vice- président de l’actuel conseil communal est passé un maître d’art dans cette effraction. Et alors ?, peut- on se demander. Une autorisation d’exploitation d’un espace public doit être approuvée par l’autorité provinciale. Ce qui n’est pas le cas. Bien de cas ont été constatés et aucune procédure de retrait n’a été appliquée conformément au règlement. Pourquoi ? Pas la peine de se brûler les méninges. « Le bakchich » bon sang ! L’intérêt personnel qui anime ce responsable qu’on ne trouve que très rarement dans son bureau alors que des infractions, mettant en péril la vie des personnes, se trouvent juste tout près de son perchoir. A la place Mohammed V, les propriétaires installent leurs rôtissoires sur le trottoir et allongent juste à côté des butanes actives. Les ordures et les crasses sont déversées à même le jour dans une place (Mohammed V) considérée le cœur battant de la ville. Eh oui ! Ce beau monsieur, rien ne l’attache à cette ville. Demain ou après demain, il sera éjecté ailleurs. Mais pourvu qu’il parte avec des valises « pleines » ! Advienne que pourra. L’anarchie, peut-on le dire ouvertement, s’est instaurée définitivement dans cette zone. Les réfractaires considèrent, désormais, que le carré qu’ils occupent irrégulièrement est leur propriété privé. Mais devrait- on laisser, pour autant, cette anarchie sévir ? Oh que non et le premier interpelé est le gouverneur de la province. C’est bien qu’il se préoccupe des grands projets, du développement économique de la province et de…et de… Mais qu’en est- il de la bienséance des citoyens et du confort de la ville ? Il est appelé à sortir de son bureau et à effectuer des tournées inopinées pour découvrir de ses propres yeux la réalité des choses et non de se contenter des rapports bidons qui ne reflètent point le concret. Il n’a qu’aller voir l’état pitoyable du jardin situé à l’entrée de la ville devant l’hippodrome Lalla Malika ! Dans un temps pas lointain, c’était les pachas qui veillaient scrupuleusement sur son entretien. On les trouvait très tôt aux côtés des jardiniers pour superviser l’entretien et les guider. Aujourd’hui, rien. Tout le monde se la coule douce. On se crée tout un tapage médiatique dans certains supports électroniques « à la solde de leurs maîtres »  pour des actions bidon ! Le gouverneur doit prendre les rênes en main pour assumer pleinement la tâche qui lui est dévolu. S.M le Roi Mohammed VI n’opère- t- il, lui-même sans protocole, des randonnées dans les villes du Royaume qu’il visite pour s’informer de leurs situations ? Pourquoi notre gouverneur n’en fera de même ? C’est après tout un des devoirs qu’il doit assumer ! La sécurité et l’éducation des citoyens sont d’une nécessité absolue.

Azzedine Hnyen

 

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