El Jadida : L’après Covid…Qu’a-t-on préparé pour la saison estivale ?

Fortement impacté par la crise sanitaire, le secteur touristique local a été lourdement pénalisé par les effets de la pandémie qui a induit une commotion profonde sur l’économie nationale (globalement) et régionale (plus spécifiquement).

Cependant, après la levée des restrictions et la relance « timide » du secteur touristique, qui a été fortement déstabilisé, aucune vision n’est encore palpable sur le plan des préparatifs de la ville à la saison estivale déjà aux portes.

Il va sans dire qu’au niveau des villes dites balnéaires, les réflexions, les débats, les scénarios et les plans se multiplient quant à la préparation de cette saison estivale de l’après Covid. Alors que pour la région d’El Jadida, connue pour ces belles plages, aucune initiative palpable n’a encore vu le jour pour une remise à niveau des sites touristiques, en mesure d’attirer les estivants, mis à part les quelques lampadaires changer au niveau de la corniche.

Ne fallait-il pas mettre à profit cette « pause » imposée par la pandémie pour innover et réaménager tous ces sites qui constituent la devanture de la ville ?

Les responsables communaux sont, comme à leur habitude, aux abonnés absents. A croire que le devenir de cette belle cité les importe peu.

Pour ne parler que de la plage, les défaillances sont visibles et nul ne conteste que sa réhabilitation à l’image de son « look » d’antan, en ré-ouvrant ses « cabines-vestiaires », ses espaces de jeux, et en réaménageant sa corniche, lui redonnera vie, ainsi que sa place en tant que patrimoine de la ville.

Il faut noter qu’à quelques jours du lancement officiel de la saison estivale, qui devrait avoir lieu le 17 mai par l’affectation des maitres-nageurs, et du staff des sauveteurs, on en est encore au stade du rafistolage de l’éclairage public alentour, qui devrait, en principe, fonctionner toute l’année, sans qu’aucun autre effort de « relooking » ne soit entamé.

Il faut avouer que la liste est longue de tous ces réaménagements qui continuent à faire couler beaucoup d’encre, sans jamais donner satisfaction.

Autre point noir de cette longue liste est la place Brija, qui est constituée d’une grande esplanade en mesure d’être un merveilleux lieu de détente a, quant à elle, été conçue sans aucun plan artistique. Un grand espace, meublé par quelques bancs délabrés, avec une horloge électronique (solaire parait-il) que les enfants prennent d’assaut pour en faire un instrument de jeux, sous l’œil de parents qui n’en connaissent aucunement l’utilité. Une place qui devient, à la tombée de la nuit, un espace peu sûr, vu l’obscurité qui y plane par manque de lampadaires fonctionnels.

Manquons-nous à ce point d’architectes et d’urbanistes en mesure de nous « épater » par leurs créativités artistiques ? Ne pourrait-on pas concevoir au milieu de cette belle esplanade, une grande fontaine, toute simple, qui accueillerait des pigeons, et y implanter des projecteurs qui illumineraient agréablement la place ?

Inutile de remuer le couteau dans la plaie pour rappeler l’état de dégradation avancée de la corniche de l’avenue Nasr.

Quant à la grande place devant le théâtre, qu’a-t-on gagné, sur le plan esthétique, en condamnant le passage et en construisant une fontaine dont la maintenance coûte des millions de dirhams, et qui est en panne depuis une vingtaine  d’années ?

Le centre-ville est, quant à lui, devenu un véritable souk que même les autorités n’arrivent plus à gérer, vu l’anarchie qui y règne.

Avec cet état des lieux, pourrait-on encore espérer relancer le tourisme et s’enorgueillir d’avoir une belle saison estivale ?

Khadija Choukaili

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