lallazahra

Par: Abdellah Hanbali

Pour certains, Lalla Zahra, dont tout un quartier populaire en porte  le nom, est celle d’une célèbre femme pieuse de la ville d’El Jadida. Ceci explique sa grande popularité, auprès d’une  catégorie sociale qui n’hésite pas à lui rendre visite chaque fois que le quotidien devient difficile à trimbaler.

Quand le mariage d’une fille tarde à se profiler, que la quête des trois bons numéros au tierce devient désespérée, qu’une personne est au bord de la dépression… Lalla Zahra est toujours là pour mettre du baume au cœur.

Mais pour d’autres Jdidis et  en guise de  femme sainte, la tombe de  Lalla Zahra n’est autre que celle d’une ânesse ayant servi à transporter nourritures, armes et munitions aux résistants, en période de colonisation. Elle a passé toute sa vie à trimer pour cette  cause, jusqu’au jour où elle a tiré sa révérence.

La reconnaissance des résistants envers cette « sympathique » ânesse, a poussé certains d’entre eux à l’enterrer dignement, à l’instar des humains. Ne s’appelle-t-elle pas du reste Zahra, ou mieux, LALLA?…

Mais qu’elle soit humaine ou animale, est ce le hasard ou la Baraka qui est à l’origine de son emplacement pille sur le trottoir et non au milieu de la chaussée ou ailleurs ?

Au fait, rétorquent les plus  » avertis », les ossements se trouvaient  en plein milieu de la chaussée et c’est pendant le plan d’aménagement, qu’ils ont été déplacés sur le trottoir.

Soit! Néanmoins une question revient avec persistance : « S’agit-il de la tombe d’une femme pieuse, où celle d’un animal que les gens bénissent sans le savoir ? »

Il faut dire que certains n’hésitent pas à la désigner de « Lalla H’mara » sans jamais oser le crier haut et fort pour ne froisser les « convictions » d’aucun !

Mais toujours est-il et  dans la première hypothèse, cette tombe doit être déménagée illico dans un cimetière et dégager un trottoir où elle n’a aucune raison d’y être. D’autant plus, que cette « fameuse » tombe, se trouve dans une avenue connaissant une circulation monstre et aux trottoirs étroits. Des facteurs, ne font qu’envenimer encore plus la situation. Surtout  que des accidents mortels ont bel et bien eu lieu à cause du « saint édifice ».

Alors? A-t-on jamais vu, où que ce soit, une tombe occupant  toute la largeur des trottoirs et des piétons qui la contournent, au risque de se faire écraser comme des cafards?

Qui  est fautif et qui ne l’est pas, en cas d’accident?

Doit-on incriminer la « sympatjque lalla h’mara », les piétons, les élus, les électeurs, les religieux … ?

Faudra- t-il une fatwa pour préciser les torts de chacun avec certitudes et éviter toute injustice, maudite par notre religion?

En attendant Godot…à bon entendeur…!

 

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