El Jadida la nouvelle qui redevient El mahdouma.

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Pae: Khadija Benerhziel

Un peuple qui oublie son passé n’a pas d’avenir. Cette pensée de winston Churchill n’est que trop pertinente pour notre ville El Jadida et elle est , hélas plus que jamais d’actualité.

Son malheureux état a fait couler beaucoup d’encre et de salive et ce n’est pas encore fini.

Tout jdidi de souche ou de cœur ne manquera pas d’éprouver un pincement au cœur en se baladant dans  sa ville qui fut un jour appelée le Deauville du Maroc. Une impression de gâchis y règne , et toute son histoire  est en train d’être complètement gommée, anéantie et son  patrimoine urbanistique et culturel , hérité d’ un riche passé multiculturel, est impitoyablement détruit ou honteusement dénaturé.

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Immeuble Cohen

Les joyaux de sa belle architecture qui faisaient sa fierté se sont délabrés au fil des années,  sans qu’ aucune main secourable ne soit tendue pour les tirer de cette mort inexorable. La décrépitude a pris le pas sur la  beauté légendaire  qui la parait et faisait d’elle la perle  de l’Atlantique.

De superbes bâtisses anciennes sont soit  à l’ abandon , soit  complètement rasées pour voir s’élever à leur place des constructionsFB_IMG_1527903255346

L’ancien Hôpital Mohammed V

sans charme ni âme .

C’est le cas de l’hôtel Marhaba, une merveille architecturale qui a connu des jours meilleurs de faste et de gloire, et qui est maintenant dans un état innommable de détérioration. Il a été amputé de sa passerelle qui donnait sur la plage et dont les marches ont vu défiler de nombreuses célébrités . L’immeuble Cohen ,  qui fut la première poste du Maroc, connait également un sort des plus désastreux. Sa magnifique façade de style  art-déco est en train de s’effriter de jour en jour . Le marché central, oeuvre architecturale d’un style unique au Maroc, , n’est plus que ruines entourées d’ordures et de poubelles éventrées et puantes.

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La passerelle de l’Hotel Marhaba, et Ben Kingsley lors du tournage du film HAREM, dont l’héroïne fut Nastasja Kinski et qui n’est autre que la fille de Claus Kinski.

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…Et via un tour abracadabrant…Hop…plus de passerelle…

Le lycée Ibn Khaldoun , construit en 1925 et qui fut un jour un creuset à dimension régionale d’où sont issues de nombreuses personnalités publiques , n’est plus que l’ombre de lui même et sa restauration ne lui a pas rendu son faste et son charme d’antan.  Son internat qui abritait des élèves des villes du sud a fermé ses portes.

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Marché Central

Les foundouk,  magasins d’entreposage,  plus  connus sous le nom de  harya par les anciens jdidis  qui ont connu un négoce florissant d’œufs et de céréales , ont été pour la plupart démolis et remplacés par des immeubles , ceux qui sont encore en place sont délabrés et squattés par certains résidus de la société .

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Harya (Avene MohammedV)

Quant à la cité portugaise, qui constitue  le véritable fleuron de la ville , qui a été classée en 2004 comme patrimoine mondial, et présentant aussi à plus d’ un titre  des similitudes avec le Château Chambord enFB_IMG_1542038380144 France et le Château Evoramonte au Portugal , on ne peut que s’affliger de la dégradation de ses murailles et son enlaidissement constant par des constructions pour le moins qu’on puisse dire incohérentes. On peut continuer à énumérer tous les endroits chargés d’histoire qui donnaient un cachet spécial à la ville , et qui, par  négligence des responsables ou par cupidité des promoteurs Municipalité d'El Jadidaimmobiliers, sont abandonnés à leur sort ou bien sont tombés sous le pic des démolisseurs.

Et si on persiste à parler de cette lamentable situation , c’est par jalousie et attachement à notre ville natale , qui a bien le droit d’avoir un héritage et un legs de son brillant passé à transmettre aux générations futures.

On ne peut pas appliquer la politique de l’autruche et dire que tout vaprovince1 pour le mieux dans la ville, et à force d’en  parler, finira- t-on par réveiller certaines consciences.

Le patrimoine culturel , architectural et historique, pour qu’il soit préservé,  n’a-il pas besoin de gestionnaires communaux consciencieux de leur noble mission de représentativité des électeurs qui ont mis leur confiance en eux, et non avides d’argent et ne pensant qu’à leur intérêt personnel?

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