El Jadida : La collecte des déchets urbains, la Commune prend enfin… conscience du problème

L’heure aurait-elle enfin sonné pour « sauver » El Jadida de cette insalubrité qui la caractérise depuis trop longtemps ?

En effet, le Président de la Commune sort enfin de son silence relatif au disfonctionnement enregistré quant à la collecte des ordures ménagères, et annonce une éventuelle résiliation du contrat avec la société en charge de ces activités.

Il faut souligner que l’état de dégradation des services de cette société a fait qu’El Jadida suffoque sous des odeurs nauséabondes provenant de l’amoncellement continu des détritus. Les ordures jonchent les rues et atteignent même les grandes avenues et artères de la ville. L’insalubrité bat son plein et fait, malheureusement, désormais partie du décor. En arpentant les quartiers de la cité, si on ose encore l’appeler ainsi, le constat est plus qu’alarmant.

C’est à se demander si la société ARMA, est si défaillante au point de laisser toute une ville crouler sous les ordures.

Il est certain qu’il s’agit d’un sujet polémique tant sur ce que les citoyens voient comme irrégularité relatives à la collecte des ordures ménagères, que ce sur ce qu’ils ignorent, à savoir toutes les difficultés en amont, en termes de logistique et d’organisation de ces opérations de ramassage des déchets.

Dans toute ville qui se respecte, le bien-être des citoyens et le respect de l’environnement constituent la priorité des gestionnaires des communes, et la responsabilité sociale est mise au cœur des priorités quotidiennes des autorités locales.

Tenant compte de ce fait, la société ARMA devrait se positionner comme un partenaire de référence dans le domaine de la propreté urbaine pour maintenir la salubrité au sein de la ville, comme elle le fait dans d’autres villes telle que Rabat où elle a prouvé ses compétences en maintenant un certain niveau de propreté en s’acquittant de la gestion des déchets ménagers et du nettoiement urbain qui lui ont été confiés et qui constituent un enjeu majeur pour le maintien de l’image de marque de la ville.

Vu la qualité des services à Rabat, on est en mesure de chercher les raisons pour lesquelles cette entreprise continue à se débattre dans des difficultés qu’elle n’arrive pas à surmonter dans la capitale des doukkalas.

Il est certain que la surpopulation, entrainée par le développement économique de la ville, a eu pour conséquence un accroissement des déchets ménagers produits par une population venue principalement du milieu rural et qui contribue au développement de certains points noirs d’amoncèlement de déchets que la société peine à éliminer. Mais l’étude préalable du cahier des charges devait l’inciter à se prémunir de moyens nécessaires pour s’acquitter de sa mission… à moins que des « charges » imprévues ne soient apparues au moment de la conclusion du marché, l’obligeant à réduire les moyens logistiques afin de pouvoir faire face à ces « frais inattendus ».

La gestion de la collecte des ordures devrait donc être adaptée selon certains critères tels que les points de concentration de la population, l’encombrement de certaines artères, et surtout les horaires de passage des camions de ramassage, qui devraient se faire dans la nuit, afin d’éviter le renversement des bennes à ordures, au petit matin, par les fouineurs.

Des solutions à adopter que la société tarde à mettre en place, si bien que les citoyens, blasés de cette situation catastrophique, tirent la sonnette d’alarme pour inciter les structures concernées, à chercher une alternative et assurer une prestation de service de haute qualité qui rendrait à la ville sa salubrité d’antan.

Cessons d’incriminer le citoyen qui fait preuve de civisme et tente par tous les moyens de préserver la propreté de son environnement, et espérons, qu’après sa sortie médiatique, le président de la Commune sera en mesure de trouver une solution dans les meilleurs délais.

Khadija Choukaili

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