El Jadida : La célébration de l’Aïd Al-Adha serait-elle en train de se perdre ?

Certes, les bouleversements et les mutations par lesquelles passe la société marocaine ces dernières années, et l’apparition de la famille nucléaire qui ne comprend que parents et enfants, ainsi que les obligations professionnelles qui obligent les jeunes couples à s’éloigner du noyau familial constitué des parents et frères et sœurs, font que la célébration de l’Aïd Al Adha connait ces dernières années un changement important dans la pratique de ce rituel, surtout en milieu urbain.

En effet, il faut rappeler qu’auparavant, les moutons sacrificiels se procuraient au sein des rah’bas, quelques jours avant l’Aïd, et l’acquisition se faisait dans ces souks qui connaissaient une grande affluence où on pouvait acheter également le nécessaire pour la nourriture et le ligotage de la bête (foin, corde…).

Cependant, ces pratiques rituelles cèdent de plus en plus la place à d’autres moyens qui ont fait leur apparition pour l’acquisition du mouton. De l’achat au sein du souk (ra’hba), on est passé à des achats au sein des supermarchés, ou même auprès de certaines fermes qui offrent également les services d’abattage de la bête le jour de la fête. Ce qui constitue une autre façon de répondre à la nécessité de célébrer le rituel de l’aïd.

Mais au-delà de tous ces changements dans les moyens d’acquisition du mouton, on a constaté, particulièrement cette année, l’abstinence de certaines familles à respecter ce rituel religieux.

En effet, plusieurs ménages ont opté pour le non-respect de cette pratique.

Serait-on en train de s’éloigner progressivement de ce rituel ?

Plusieurs questionnements s’imposent face à cette pratique religieuse qui connait des changements radicaux, bien qu’elle représente la fête la plus importante du calendrier de l’hégire.

Les causes de cette abstinence des ménages à répondre à cette pratique peuvent être liées à plusieurs facteurs, essentiellement économiques, le prix du mouton ayant atteint ces dernières années, un taux inaccessible pour le budget des ménages à revenu faible ou moyen.

Il faut aussi rappeler qu’avec la crise sanitaire, et la propagation du virus qui prend de plus en plus de l’ampleur, l’heure est à la vigilance, et se rendre dans des souks bondés fait que certains citoyens préfèrent ne pas courir le risque de choper le virus dans un souk où les moindres gestes barrières ne sont pas respectés.

Quoiqu’il en soit, on constate de plus en plus cette tendance de certains ménages à opter pour l’abstinence du sacrifice. Sera-t-elle généralisée dans l’avenir pour prendre la notion d’un phénomène social ?
Khadija Choukaili

Related posts

Leave a Comment