El-Jadida : hausse préoccupante en intoxications alimentaires… existe-t-il un quelconque contrôle ?

La question d’hygiène alimentaire a toujours été d’actualité à El-Jadida, mais elle se pose avec encore pus d’acuité pendant  ces vacances estivales où les intoxications ont connu un pic très inquiétant :

– Quelle qualité de  nourriture consommons-nous dans cette ville ?

– Quel  degré d’efficacité des contrôles d’hygiène ?

Les citoyens sont convaincus,  aujourd’hui, qu’ils consomment chaque jour plus de produits toxiques et plus d’aliments impropres !

Dans les quatre coins de notre cité, les jdidis se sont habitués à voir des épiciers, retirer, chaque soir les prises de leurs frigidaires, histoire d’économiser chaque jour, quelques dirhams. Faisant ainsi fi de tout ce que ce geste peut occasionner comme  déconvenues à leurs fidèles clients.

 La viande exposée durant de longues heures sur des étals non frigorifiés, subissant chaleur, humidité, piqûres d’insectes, touchers des clients, …Qu’elle vire parfois à une couleur bleuâtre, qu’on y trouve occasionnellement des vers, la viande hachée, achetée chez des bouchers ou des vendeurs de sandwichs ambulants, est souvent à l’origine de graves intoxications alimentaires, mais…qu’importe, l’adage marocain, ne dit-il pas que « ce qui ne tue pas …engraisse » ?

Chez les volaillers, la situation n’est guère plus brillante.

Le poisson quant à lui est décongelé, sous les puissants rayons du soleil, puis recongelé sommairement par la pose de quelques petits morceaux de glace sur chaque caisse et ainsi de suite jusqu’à sa vente finale…

Dans plusieurs coins de Doukkala, l’abattage clandestin à encore de beaux jours devant lui. Des animaux sont saignés ou égorgés au bord de différents points d’eau (flaques, mares, oueds…), d’une saleté parfois extrême. Ces opérations ont souvent lieu sous les ponts, près des décharges publiques…

Et si les consommateurs étaient mieux informés sur toutes les magouilles dont usent ces «soi-disant commerçants » afin d’écouler leurs produits gâtés et réaliser des bénéfices rapides, peu d’entre eux continueraient à leur faire confiance…

Toutes ces infractions se font ouvertement sans que personne ne trouve à redire!

Tout se sait ! Et pourtant…

Les Services d’Hygiène et leurs fonctionnaires chargés des contrôles semblent errer sans  but précis, ni mission sanitaire claire…

Dans les souks populaires, on peut voir également des gâteaux couverts de poussière, de mouches, que des petits enfants consomment avec appétit.

Au bord des routes, des individus crasseux, proposent de l’huile d’olive dans des bidons sales, récupérés parfois dans les décharges publiques, ou vendent du beurre, du petit lait … sans que cela n’inquiète personne, ne serait-ce que pour chercher à en connaitre l’origine !!!

Des marchands ambulants vendent quotidiennement des « friandises », comestibles semble-t-il, à d’innocents enfants qui se les arrachent, sans personne pour opérer le moindre contrôle !

Des sucreries dont les dates de péremption ont été largement dépassées, sont écoulées par des grossistes véreux. Ces derniers et qui, par des chemins détournés, font appel à certains commerçants ambulants…

il y a des lois à respecter, des normes à ne pas dépasser et un seuil qu’il ne faudra, sous aucun prétexte franchir.

Il faut dire que devant des marchands sans scrupules et une clientèle pas du tout exigeante, on ne peut s’attendre qu’au pire. Nous sommes en face d’un danger réel qui guette la santé des gens et tous les dommages ou préjudices touchant le consommateur  devraient être pris au sérieux et trouver réparation.

Abdellah Hanbali

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