El Jadida : Grande manifestation des étudiants de l’Université Chouaib Doukkali contre le projet de loi 17-51

université_chouaib_doukkali_medium

Par: Khadija Choukaili

Le projet de loi-cadre 17-51, relatif à l’éducation, l’enseignement, la formation et la recherche scientifique continue à susciter le mécontentement des étudiants. En effet  la polémique autour de la fin de la gratuité de l’enseignement public ressurgit, entraînant la réaction estudiantine dans plusieurs universités.   
En effet, en ce jeudi 14 mars, dans un élan spontané de revendication du droit de bénéficier d’un enseignement gratuit, les étudiants de l’Université Chouaib Doukkali ont répondu à l’appel de la Commission de Coordination Nationale pour exprimer leur refus du projet de loi 17-51 qui devrait être discuté au parlement lors de sa session printanière.
Il faut rappeler que la vision stratégique 2015-2030 de la réforme de l’école marocaine a  consacré l’un de ses axes principaux au financement du système éducatif, dont le projet de loi se veut la déclinaison juridique.
Ce projet de loi consacre quatre de ses articles au problème de la gratuité ou non de l’enseignement public.
Ainsi, dans son article 42, le projet responsabilise l’Etat sur la nécessité de fournir les ressources et les moyens nécessaires pour le financement de l’éducation, l’enseignement, la formation et la recherche scientifique.
Toutefois, la notion de « responsabiliser l’Etat » demeure ambiguë du fait que le texte ne précise que la possibilité de « Fournir » et « diversifier » ses sources en faisant appel à « la solidarité nationale et sectorielle » à travers la participation, notamment, « des familles aisées, des collectivités territoriales, des établissements et des entreprises publiques et du secteur privé ».
Quant à l’’article 43, il pose le principe de la gratuité de l’enseignement obligatoire, de l’âge de 4 à 15 ans, dans le préscolaire, le primaire et le secondaire. Principe qui n’admet aucune exception. En précisant qu’au-delà de l’enseignement obligatoire, nul ne doit être privé de la poursuite de ses études pour des raisons purement financières, si toutefois, il remplit les conditions requises.
Les articles 44 et 45 précisent, plus ou moins vaguement, les contours de cette participation. Pour les collectivités territoriales et autres personnes morales citées. Il s’agira de contribuer au financement d’un fond de soutien dédié aux opérations de généralisation et d’amélioration de la qualité l’enseignement obligatoire.
En revanche, l’effort des « familles aisées » consistera, dans un premier temps, en le paiement de droits d’inscription dans l’enseignement supérieur, et dans un deuxième temps, le paiement sera étendu à l’enseignement secondaire qualifiant. Les conditions et modalités de ces paiements, entre autres montants et périodicité, devront être fixées par un texte réglementaire. Le niveau du revenu et la capacité financière des intéressés seraient pris en considération, avec l’application d’une dispense automatique au profit des familles nécessiteuses.
Toutefois, l’ambiguïté des termes utilisés tels que « responsabiliser l’Etat » ou « familles aisées » … sans préciser les critères de leur détermination, laisse présager d’un flou qui risque, à coup sûr, de ne pas servir les intérêts des familles.
Enfin, cette journée revendicative s’est conclue par une manifestation devant le bâtiment de la présidence de l’université lors de laquelle M. Abdessamad Adar, Secrétaire Général de l’Union Nationale des Etudiants Marocains, a prononcé un discours lors duquel il a exprimé  le refus des étudiants du projet de loi cadre, qui tente d’éradiquer les acquis du peuple en matière de gratuité de l’enseignement et prouve la soumission humiliante aux institutions financières internationales et la dépendance absolue du système francophone.

Related posts

One Thought to “El Jadida : Grande manifestation des étudiants de l’Université Chouaib Doukkali contre le projet de loi 17-51”

  1. Carle

    Francophone oui, français également. Pouvez vous nous dire en quoi la réforme envisagée par le Maroc concernant la gratuité ou la non gratuité du système éducatif est » une dépendance absolue du système francophone ».Dites nous ce qu’est le système francophone ce sera plus clair.Je partage votre remarque sur les institutions financières internationales qui aujourd’hui sont à la manoeuvre dans toutes les arcanes des sociétés (culture, économie,marché,education)
    Le système envisagé par certains partis politiques marocain est un système de privatisation le même que celui imposé progressivement en France,mais partout sur la planète.Les flous que vous dénoncez concernant la participation des gens aisés à leur bon vouloir est la même idéologie pratiquée en France avec le président Macron à savoir que cette philosophie libérale tend à dire que lorsque les riches ont amassé suffisamment d’argent celui-ci finit par ruisseler et tomber dans la poche des pauvres.C’est faux toutes les études montrent que lorsque vous ne régulez pas la finance celle-ci vous affameet génère la pauvreté, détruit les peuples, leur culture.Aujourd’hui les institutions internationales financières que vous dénoncez contribuent largement à ce grand déménagement du monde et a détruit l’Eco Système dans lequel nous vivons.Au delà de la gratuité ou non de l’enseignement,permettez moi de vous dire que je suis quelque peu consterné par deux partis, politiques marocains qui mènent une guerre contre les langues étrangères.En effet quand on sait que le Maroc a le statut  »Avancé » dans son rapprochement avec l’Union européenne et que la coopération entre nos deux pays doit se renforcer on ne peut qu’être ulcéré devant tant d’ignorance.L’Avenir du Maroc passe aussi par ses échanges avec l’Europe mais avec d’autres types d’échanges que ceux que nous observons aujourd’hui.Comment ces deux partis politiques peuvent imaginer des échanges commerciaux, culturels,politiques,sociaux en privant les forces vives du Maroc de ces apprentissages aujourd’hui nécessaire.Permettez moi de vous dire aussi en tant que français que j’ai été tout autant ulcéré de voir qu’une part importante des français s’opposent à ce que l’éducation nationale française redynamise l’apprentissage de l’Arabe à l’Ecole de la République.Oui je suis aussi pour qu’à l’école de la république française on redynamise l’apprentissage ge de cette belle langue Arabe.
    Aujourd’hui la finance mondiale fait de nous  »ses sujets »c’est elle qui décident de nos vies.Assez!

Leave a Comment