Inutile de faire un dessin pour décrire la situation de la ville en matière de propreté. Un simple tour à travers les rues et avenues suffit pour comprendre qu’El Jadida est menacée par une catastrophe environnementale et écologique.

La raison n’est autre que la discorde qui oppose le Conseil Communal et la société délégataire de la gestion des déchets.

La gestion de la collecte des déchets de la ville répond aux clauses d’un marché conclu le 27 octobre 2016 pour une durée de 7 ans arrivant à terme en octobre 2023, entre la Commune et la société en charge de cette activité. Elle comprend la collecte des déchets publics et ménagers, le nettoyage des voiries, des espaces publics, et esplanades. En somme, toutes les actions à entreprendre pour que la ville soit propre conformément aux clauses du contrat, mais aussi aux attendes de la population.

Or, on constate que la mission de la société délégataire n’est pas accomplie. La ville croule, par quartier, sous le poids des déchets et détritus et c’est le citoyen qui paie les frais de ces manquements, en termes de risque de maladies et de pollution de son environnement.

Les causes sont, certes, multiples, mais c’est la mésentente entre les membres du Conseil Communal et la société en charge de la collecte des déchets qui demeure la principale origine des discordes.

Nul n’ignore la situation catastrophique illustrée par bon nombre de photos qui montrent les débordements des bacs, l’accumulation des déchets aux coins des rues, converties en dépotoirs par manque de bennes à ordures. Une situation accentuée par le manque de civisme de citoyens, des commerçants et restaurateurs qui, faute de poubelles en nombre suffisant, se débarrassent de leurs déchets ménagers un peu partout.

Les clauses du marché, comporte un vice sur le volume des quantités de déchets collectés qui sont en-deçà de 5% des quantités réelles. Ce qui engendre des dysfonctionnements et nécessite une révision du contrat pour le mettre à niveau en terme de volume des collectes.

Une solution qui ne nécessite que l’adjonction d’un avenant comportant les clauses supplémentaires nécessaires.

Il faut rappeler que le marché a été conclu pour un montant forfaitaire mensuel de 2,9 millions de dirhams, sur une base erronée relative à la densité de la population qui est loin des statistiques officielles du recensement de la population de 2014.

C’est dire le genre de défaillances que présente ce marché et qui se traduisent par une gestion déléguée qui ne répond nullement à la réalité. Une gestion qui traduit également le « savoir-faire » des gestionnaires qui ne procèdent à aucun suivi-évaluation des termes du contrat, qui stipule que la gestion des déchets ménagers comporte également le volet de nettoyage des bennes à ordures et leur maintenance.

Un laisser-aller de la part des responsables qui prouve, si besoin est, cette autre façon de dilapider les deniers publics, en faisant fi de toutes ces activités annexes à la collecte des ordures et qui ne sont pas respectées par la société.

Il semblerait que la conclusion de ce marché comporte certaines défaillances qui conduisent à de grave dysfonctionnements. Inutile de rappeler, à ce titre, le manque flagrant en moyens logistiques et humains qui ne tient pas compte de l’accroissement de la population dû essentiellement à son développement économique.

Plusieurs améliorations peuvent être apportées à la gestion de ce dossier, telles que la collecte des ordures de nuit, et l’aménagement de bennes souterraines. De plus, le nettoyage de certains lieux tels que les marchés où sont écoulés les légumes et les autres produits, devrait être quotidien, du fait que ces endroits représentent le lieu favori où s’amoncellent particulièrement des déchets qui attirent moustiques et rongeurs.
Il faut rappeler aussi que la maintenance des bennes à ordures et le nettoyage de leur pourtour est également primordiale pour éviter les amoncellements, à même le sol, des ordures.

Et comme l’exige le contrat, le nettoyage des voiries, des espaces publics, et esplanades devrait être régulier afin de maintenir cet aspect de propreté dont la ville est dépourvue depuis plusieurs années.
Une clause devrait être réservée à la protection des bennes pour éviter qu’elles ne soient vidées par ceux qui font de la « prospection » dans les poubelles, un réel métier.

Rendre à la ville sa propreté et son charme d’antan n’est pas impossible si, toutefois, chacun honore sa part du contrat et veille à accomplir sa mission dans les règles… quant à l’art, n’exigeons pas trop de nos autorités. Qu’elles se limitent seulement à veiller au suivi de la gestion de ce dossier.

Khadija Choukaili

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