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Par: Azzeddine Hnyen

« Si l’on donnait un témoignage de regret à tout ce qui tombe, il faudrait trop pleurer. » Ecrivait Chateaubriand en parlant des ruines antiques de Bordeaux.

Nous sommes comptables, vis-à-vis des générations futures de notre patrimoine. Nous devons nous engager dans une action volontariste de préservation et d’enrichissement de ce capital que nous sommes censés  léguer à nos enfants et nos petits enfants.

On assiste actuellement à une destruction impitoyable de notre patrimoine hérité d’un passé pas très lointain.

Quartiers rayés de la carte, vidés de ses habitants (Rjila- Somic…), avenues et rues ordures_3jdidadéfigurées par des constructions incongrues transformées en décor de théâtre par une dérive sournoise de concept du patrimoine : El Jadida, périt dans l’ombre, sacrifié sur l’autel du profit et de médiocrité.

La ville est en guenille : Rues défoncées, poubelles abondantes, façades lépreuses du centre -ville qui n’ont connu ni chaux ni peintures depuis des décennies.

Ville saccagée  par la promotion immobilière, sans foi et sans loi.

–      Pas de perspectives affichées pour une ville, la plus prestigieuse du pays.

–      Pas de projets politiques clairs qui puissent donner visibilité aux promoteurs

–      Prolifération du commerce informel, accaparant les voies publiques par les marchands ambulants.

–      Floraison d’affichage sauvage

–      La population perd confiance de ces élus.

El Jadida, était une merveille où il faisait bon à vivre. Aujourd’hui on en a fait un souk à ciel ouvert où l’on vend tout, en sacrifiant le charme de la ville. Elle est encombrée et la fièvre immobilière transforme tout espace en objet de convoitise pour les anarchie.jdida1prédateurs immobiliers sans scrupule.

Le patrimoine de la ville, compte un grand nombre de sites historiques qui fait partie de la mémoire de la ville, leur protection est symbolique, leur sauvegarde est une urgence qui s’affirme au fil des ans.

Les majeures parties historiques de ces sites sombrent dans un état de dégradation continue.

La ville nous a laissé comprendre qu’elle se moquait  de son patrimoine. Un patrimoine qu’elle ignore au demeurant jusqu’aucun inventaire systématique du bâti n’a jamais été réalisé.

La classification de monuments historiques et lieux de mémoires se sont arrêtées depuis longtemps. Ce fût la raison essentielle de la dégradation du patrimoine.

domaine.publicCe qui arrive à El  Jadida  est la conséquence directe de l’irresponsabilité du laisser-aller des complicités, du goût  du lucre et du mercantilisme exacerbé de certains élus.

De toute évidence, ces derniers sont cloitrés dans leurs tours d’ivoire, indifférents au sort réservé à  la ville et dans l’incapacité d’envisager  quelconque alternative.

Que reste-t-il de l’ancestrale de la ville dans la mémoire et la conscience des Jdidis ?

Quels sont aujourd’hui les objets de mémoire d’El -Jadida? Aucun musée, aucun lieu d’évocation, aucune publication ne permet de rendre présente cette histoire…

 

Perdre ce patrimoine, ce n’est-il pas aussi une perte d’une partie de nous-mêmes ?

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