El Jadida : Elections 2021, l’avidité de certains pour le pouvoir

Difficile de se détourner du sujet des élections à quelques jours de la date du scrutin. Et plus le temps passe, plus on constate les sorties médiatiques de certains anciens élus, et candidats aux prochaines élections, proclamant à qui veut les entendre, qu’ils sont à l’écoute du citoyen pour défendre ses intérêts, et pour sauver la ville de cette situation désastreuse où elle se trouve.

Il faut rappeler que la tenue de ces élections communales, régionales et législatives en même temps constitue un défi et un grand enjeu pour les autorités dans ce contexte politique sinistré par la crise sanitaire. 

Certes, la constitution donne droit à tout citoyen éligible remplissant les conditions prévues par la loi de se présenter aux élections. Cependant, la question qui revient toujours à l’esprit n’est certes pas qui va exercer le pouvoir, mais plutôt comment ce pouvoir sera exercé.

Il est possible que le constat de ces présidents élus, arrivant au terme de leur mandat, qui sont si attachés à leur siège, au point de se présenter une fois de plus (ou de trop) aux élections se répète, car la réalité évidente est qu’ils ne peuvent renoncer à ce statut d’homme (ou de femme) de pouvoir qui leur attribue tant d’avantages, sauf celui d’être au service du citoyen.

Les sorties médiatiques de ces candidats à l’approche du jour « J » se multiplient en même temps que leurs promesses d’un avenir meilleur.

El Jadida ne fait certes pas exception à la règle, car depuis quelques jours on s’étonne de voir certain(e)s élu(e)s parlementaires ou communaux sortir de leur mutisme (absence) pour déclarer qu’ils sont toujours présents, sans pour autant, présenter un réel programme et se contentant souvent d’annoncer des engagements qui font généralement office de programme du parti.

Telle a été la dernière sortie médiatique d’Iman Ben Rbiâ, certes au CV bien rempli, puisqu’elle est diplômée de l’Ecole Nationale des Ponts et chaussées, titulaire d’un master en gestion des affaires et d’un second master en marketing, membre actif du parti de l’Istiqlal et parlementaire pour le mandat 2016-2021, et est candidate aux élections régionales Casablanca-Settat.

Imane Ben Rbiâ, en réponse à une question relative à son orientation politique, a déclaré que sa tendance politique était un choix personnel mais n’a pas nié que la réputation et l’histoire de son père au sein du parti, lui ont facilité la tâche pour être élue parlementaire parmi une liste de cinq candidates.

La suite de ces déclarations l’a emmené à une auto-évaluation et elle a annoncé qu’elle estime que son bilan a été très positif durant son mandat. Toujours selon ses propres déclarations, elle aurait présenté 25 questions écrites en 6 ans de mandat.

A titre indicatif, et selon un bilan du gouvernement à mi-mandat en 2019, sur les questions écrites, ce dernier aurait répondu à plus de 8400 questions écrites et à 3264 questions orales. Si l’on estime qu’il faut doubler ce nombre pour avoir une estimation du total des questions écrites présentées, on a vite compris que les 25 questions restent très en-deçà de la moyenne.

Des déclarations qui se passent de tout commentaire, et on se rend de plus en plus compte qu’il n’est pas vain d’avoir son père au pouvoir.

Inutile donc de se leurrer car il est bien clair que le principe de « bak sahbi » a de beaux jours devant lui dans notre société.

Une chose est sûre. En dépit des pronostics des politologues sur ces élections, la carte politique nationale se dessinera suite à ces élections en amont de la rentrée parlementaire (inaugurée le deuxième vendredi du mois d’octobre) et dévoilera quelle majorité sera en mesure de gouverner le pays.

Il faut attirer l’attention sur l’organisation de ce scrutin et l’option de rassembler trois scrutins en un n’est pas anodine,  sachant que  les citoyens désabusés et semblant tourner le dos aux élections. Cette programmation des élections pourrait ainsi augmenter le taux de participation électorale. Car mobiliser l’électorat en un seul jour, sachant que les élections communales mobilisent bien plus que les élections parlementaires, permettrait de créer une dynamique qui jouera en faveur de ce scrutin.

Une résolution bien pensée qui permettrait aussi de réduire les dépenses logistiques que le scrutin nécessite, et de rationaliser les déplacements, afin de limiter les risques en cette situation de crise sanitaire.

Khadija choukaili

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