El Jadida : du sommet de ses richesses aux bas-fonds de ses misères.

Jorf-Lasfar-TAQA-(2012-07-04) (2)

Par: Khadija Choukaili

La région d’El Jadida ayant bénéficié en 2017 de 22,45 milliards de DH d’investissements,a ainsi joui d’une nouvelle dynamique économique, particulièrement industrielle. Outre les projets de développement menés par les géants de la région comme les groupes OCP, Taqa Morocco, Sonasid, Centrale Danone et Cosumar, la région devrait accueillir d’ici 2021 le port énergétique, comportant le plus grand terminal d’importation, de stockage et de distribution de gaz naturel au Maroc.

Le budget prévu pour ce nouveau port qui doit accueillir le terminal de gaz naturel liquéfié, dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie gazière nationale, s’élève à environ 8 milliards de DH pour les infrastructures portuaires, et environ 25 milliards de DH pour les infrastructures gazières.

Il faut reconnaitre qu’El Jadida a confirmé, au fil des années, son importance économique pour le Royaume. Elle connaît un développement soutenu dans plusieurs domaines essentiellement legumes111 (2)industriel.

Aujourd’hui, elle représente le deuxième pôle industriel au Maroc, atteignant 10% de la production industrielle nationale et contribuant à hauteur de 22% aux exportations totales du pays.

La zone industrielle de JorfLasfar abrite en effet des industries de taille, en particulier l’écosystème mis en place par le groupe OCP.

Par ailleurs, la chimie-parachimie est le plus important secteur industriel de la région avec une production de 27,53 milliards de DH pour un investissement de 5,29 milliards, animé par 53 entreprises employant 6.887 personnes.

L’agroalimentaire est également très développé dans la région, générant une production globale de 5,68 milliards de DH pour un total d’investissement de 117 millions. Ce secteur compte 50 entreprises et 2.991 emplois. Cette dynamique est favorisée, notamment, par les potentialités agricoles. La région, qui renferme une population de 786.716 habitants, dispose de 156.533 agriculteurs exploitant 1.056.974 hectares, dont 21.100 irrigués.

Enfin, de par sa situation géographique privilégiée et sa richesse historique et culturelle, la région constitue de plus en plus un pôle d’attraction pour l’investissement de l’activité touristique. Le plan “Azur” et la vision 2020 en sont les exemples édifiants. En 2017, l’offre du secteur touristique s’est renforcée de 37 unités avec une capacité de 1.428 chambres et 2.717 lits.

Toutes ces potentialités économiques et industrielles et ces investissements lourds qui font de cette magnifique région le 2ème pôle industriel du Royaume, font chaud au cœur et tout jdidi ne peut que s’enorgueillir d’y appartenir. Cependant, quand on se penche sur le volet social on se rend vite à l’évidence du ravin qui sépare le niveau économique de la région et la réalité des citoyens dont certains baignent dans la misère.

Sans parler des statistiques du Haut-Commissariat au Plan qui prouvent ce qu’est le taux de pauvreté plus généralement au Maroc, et particulièrement à El Jadida qui a connu un phénomène d’exode rural sans précédent ces dernières années.

D’après une étude réalisée par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation,le seuil de pauvreté se situe à 12 dirhams de revenu par personne et par jour au Maroc.

artisanat512Ces statistiques représentent certes, une moyenne nationale. Mais comment peut-on concevoir que dans une région si riche les répercussions économiques ne se reflètent pas sur le niveau social des citoyens ?

Ces industries florissantes ne devraient-elles pas offrir des opportunités d’emploi à la population, et des chances d’une vie meilleure à une population vivant au seuil de la précarité ?

Il est vrai que l’implantation de ces industries nécessitait, une main d’œuvre très qualifiée et inexistante à l’époque parmi la population locale.

Les entreprises ont dû faire appel à des étrangers détenant les qualifications requises pour les postes à pourvoir. Ce qui n’a malheureusement pas joué en faveur des jdidis.

Dire aujourd’hui que cette région est en possession de richesses naturelles et d’un potentiel économique des plus florissants du royaume, est un secret de polichenelle. Mais le fait est que ces atouts ne se répercutent pas positivement  sur la ville et sur le citoyen.

Les deux sont, malheureusement, victimes  d’un mal incurable, appelé « gestion lamentable».

Le développement économique devrait s’accompagner d’un développement social palpable sur le niveau de vie de la population, si toutefois les responsables sont en mesure de développer des partenariats fructueux avec les entreprises implantées dans la région.

Malheureusement, une élite tire profit de ces ressources en laissant la ville et le citoyen crouler sous le poids d’un sous-développement économique et social.

Avec toutes ces cartes en main, El-Jadida aurait pu être ce havre de paix et de bien être, dont tout jdidi continue à en rêver.

jdi.plage.

 

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