Parking sauvage

Par:Azzedine Hnyen

Le commerce informel s’est bel et bien ancré dans notre vie quotidienne. Après les vendeurs de cigarettes et de fruits et légumes, les rues sont prises d’assaut, depuis belle lurette, par des chômeurs de tout âge. Dits gardiens de voitures, ils imposent, illégalement, des frais de stationnement oscillant entre 3 et 5 DH le jour et 20 DH la nuit. Sans défense, les automobilistes subissent le diktat imposé par ces «parkingueurs».

La situation des parkings de la ville reflète, clairement, le degré de souci que se font les chargés de la chose publique de la ville en recettes communales et de la bienséance de ses habitants et celle de ses visiteurs.

Ainsi, à chacun son coin et recoin de la ville, on les trouve habillés de gilets et portant des casquettes sur la tête entrain d’agresser les véhiculistes.  Par moments, il suffit seulement de marquer un arrêt pour que l’automobiliste soit apostrophé. Ils sont partout et vous accostent à la première manœuvre. Même devant chez soi, on est contraint de régler le stationnement.

Ils vous guident, vous sourient mais n’oublient jamais de vous faire signe que c’est un parking gardé et qu’il y a un prix à payer. Et gare à l’automobiliste qui refuserait de verser la taxe !

Le conducteur se trouve obligé de payer la somme exigée. Dans le cas contraire, son véhicule est saccagé ou sa sécurité menacée.

«J’en ai assez de me battre chaque jour que Dieu fait avec ces jeunes dont la plupart sont des voyous et des repris de justice. Je préfère leur verser ce qu’ils réclament que de voir mon véhicule saccagé ou qu’on m’insulte», se plaint une conductrice. En effet, les automobilistes ne cédant pas aux exigences se mettent dans des situations désagréables. «Une menace verbale peut se transformer, aussitôt, en une agression physique», relève un autre conducteur qui s’est trouvé victime de ce genre de situation. «Si une tierce personne n’était pas intervenue, les conséquences auraient été houleuses» poursuit- il. Selon des automobilistes « ne pas mettre la main à la poche avec ce type de personnes est déconseillé ». «S’entêter n’est pas la meilleure solution. Le conducteur peut assister impuissant à la ‘destruction’ de son véhicule», répliquera un autre. Une agression physique peut vite tourner au drame

Au vu et au su de tous, y compris les agents de l’ordre public, ces gardiens de parking s’autoproclament rois des lieux. Ces derniers ouvrent droit à tout au point d’hypothéquer un espace public sous prétexte qu’ils sont chômeurs et qu’ils ont des bouches à nourrir..

Ils vont parfois très loin dans leurs délits et une agression physique peut vite tourner au drame. Plusieurs cas de ce genre se sont produits. Ces pseudo-gardiens n’épargnent personne. Une seule question revient comme un leitmotiv chez les proches de ces victimes : où sont passées les autorités locales et les services de sécurité du pays ? Et pourquoi la question des parkings clandestins n’a- t- elle pas réglée ? Judicieuse question.

Interrogé à ce sujet, un cadre de la sûreté nationale, qui a souhaité garder l’anonymat, pointe un doigt accusateur en direction des autorités locales. Censés réglementer le cours de vie quotidien de la ville et le comportement des citoyens en veillant, scrupuleusement, sur l’application des lois en vigueur, nos agents d’autorité se sont désistés de leurs rôles pour se focaliser sur d’illégales situations juteuses et bénéfiques pour leurs poches. Le boucher, transformé, également, en un café- restaurant s’adonne, illicitement, à son activité sans être inquiété le moins du monde. Certains d’entre eux se trouvent à quelques dizaines de mètres de quelques arrondissements urbains de la ville. « Ils ne seront jamais dérangés puisque les caïds, en plus des « enveloppes » empochées, ils sont exonérés de régler leur approvisionnement en viande. Idem pour les vendeurs de légumes et de fruits. Tous doivent s’affranchir « d’une enveloppe » en plus des produits qu’ils vendent. Un Moqadem disait de son ex- caïd d’un arrondissement, muté dans une autre ville, n’est tranquille que s’il compte dans sa poche 10.000 DH ! Faites le calcul de ce qu’il amasse par mois. Pour les constructions illicites, ils sont passés maîtres d’art dans ce domaine. On n’a qu’à faire un tour dans les quartiers pour s’en rendre compte !

La responsabilité incombe, donc, à l’autorité locale et aux fonctionnaires de la municipalité chacun dans sa spécialité. Le maire de la ville doit être le superviseur.  C’est leur travail de veiller à l’application des lois et de dénoncer ces contrevenants.

Depuis des années que le ministère de l’Intérieur multiplie les appels pour «déclarer la guerre» à ces parkingueurs en prenant «des mesures pour encadrer rigoureusement ces activités illégales». Malheureusement, la tâche s’est annoncée ardue. Pendant que les pouvoirs publics tentaient de s’organiser pour y faire face, le phénomène continue de prendre de l’ampleur. De cette pression, les responsables en profitent. Certains ont, même, incité des groupes de parkingueurs à se constituer en «une association».

Aucune  initiative n’a été entreprise pour décongestionner cet état bâtard. Des gardiens perçoivent le prix de stationnement dans toute la ville. Même devant chez soi, on est sollicité de s’acquitter de cette obligation imposée ! Mais où va cet argent pardi ? Voilà la question qui se pose avec véhémence. Normalement, dans pareille situation, c’est la régie de la municipalité qui se charge de cette mission sous la coupole d’une commission locale représentant le conseil municipal, la perception, l’autorité locale et la province. Ce sont, après et avant tout, des deniers publics sur lesquels on devrait, sérieusement, veiller et s’assurer aussi de leur réelle destination. A qui profite, également, cet argent ?,  peut- on s’interroger aussi. Selon certains avertis et proches du conseil, « ce trésor », inespéré, va aux poches de quelques élus, de quelques fonctionnaires nantis de la municipalité et à des agents d’autorité. Une manie ancienne, qu’avaient exploitée, depuis belle lurette, certains élus sans scrupules et végétant toujours dans le giron de la municipalité. On positionne son cobaye dans un coin moyennant une somme d’argent journalière atteignant les 100 DH.

Les autorités de tutelle (Intérieur et Finances) assistent à cette mascarade sans demander des comptes à des outre- passements et à des infractions graves passibles de sanctions judiciaires menant à la prison. Cette attitude négative, de leur part, n’a fait que multiplier d’autres méfaits encore plus fatals au devenir de la ville et de son patrimoine.

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