El Jadida : Collecte et gestion des déchets de construction… l’anarchie continue de planer

Dans une initiative très louable, les autorités locales du 5ème arrondissement ont entamé une vaste compagne de nettoyage de la plage rocheuse du Boulevard Annasr, noyée depuis plusieurs années sous les déchets de matériaux de construction et de démolition, mais aussi sous l’amoncellement des ordures ménagères.

Cette opération qui concerne le nettoyage de ce site sur une longueur de plus de deux kilomètres, s’étendant de la zone de Derb Ghallef jusqu’à l’entrée de Sidi Bouzid, a permis de dégager des dizaines de tonnes de déchets de matériaux de construction et de démolition, mais aussi d’ordures ménagères.

Certes, concernant les déchets de matériaux de construction et de démolition, il s’agit de rebuts non dangereux issus de l’activité BTP (carrelages, briques, ciment, remblais, gravats, verre…), qui sont jetés au niveau de cette plage rocheuse, et provoquent la pollution de cette zone, faisant partie intégrante de la nouvelle corniche fraîchement aménagée, entraînant des répercussions néfastes sur l’environnement.

Cette zone n’est sûrement pas la seule ciblée par les professionnels ou autres, pour larguer ces déchets. Certains optent pour des terrains vagues, situés parfois en pleines zones résidentielles, faisant fi de tout respect des citoyens qui y résident. Un phénomène qui prend de plus en plus de l’ampleur et s’explique par l’explosion des chantiers de construction au sein de la ville.

Des campagnes de nettoyage sont, certes, organisées de manières ponctuelle par les autorités. Une opération qui s’inscrit dans la lutte contre la pollution et qui tend vers l’éradication de certains points noirs dispersés un peu partout dans la ville.

Cependant, il faut noter que sur le plan pratique, il n’existe aucune décharge dédiée aux déchets issus des travaux de construction ou de démolition.

Pour les professionnels du bâtiment, il s’agit d’un véritable casse-tête de se débarrasser des déchets engendrés par la construction ou le réaménagement.

 Si les restes de certains produits comme le fer, l’aluminium, le bois et le cuivre sont très convoités par les collecteurs et revendeurs informels, il n’en est pas de même pour les débris de verres, de minéraux de béton et de ciment qui constituent la grande part des gravats.

 Les professionnels, tout comme les simples citoyens doivent se débrouiller pour se débarrasser de ces déchets, au grand dam du paysage urbanistique.

Organiser des campagnes de nettoyage, certes. Mais les autorités doivent également trouver des solutions pour la collecte et la gestion de ces déchets, qui ne peuvent continuer à être ainsi jeter dans la nature. Une décharge dédiée à ces rebus serait la bienvenue et mettrait un terme à cette anarchie.

Khadija Choukaili

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