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Corniche du pseudo Deauville marocain

Par: Ahmed Chahid

“ Non, le Maroc ne se limite pas à Marrakech et Agadir, dans lesquels les principaux voyagistes français commercialisent leurs séjours.On peut aussi — sans forcément avoir l’âme d’un baroudeur — s’éloigner de ces sites superstars et dénicher d’autres perles tout aussi séduisantes. C’est le cas d’El Jadida, ancienne cité portuaire portugaise (alors appelée Mazagan) au charme fou et posée sur le bord de l’Atlantique, à 90 km au sud de Casablanca.”

C’est donc sous ce panorama des plus flatteurs que le quotidien Français, en l’occurrence « Le Parisien », a dépeint notre ville dans l’un de ses précédents articles, nous permettant  ainsi de jeter un regard sur nous même, ici à El Jadida, afin que nous puissions apprécier à leur juste valeur les potentialités maritimes dont nous disposons, de les faire fructifier sainement pour qu’ils ne dépérissent pas tout en les protégeant farouchement et en toute lucidité contre tout dérapage.
« L’autre perle du Maroc », avait titré l’auteur de l’article ; moi, j’aurai opté pour « L’autre perle de l’Atlantique », du fait que c’est grâce à cette grande bleue et aux caprices de son trait de côte singulier qui enveloppe El Jadida dans une presque-ile que cette dernière a pu tirer tous ses pouvoirs de séduction et sa force attractive.
Les marins de l’ancienne époque ne l’appelaient-ils pas « le radeau de terre » ? Normal donc, puisque son premier noyau urbain, reconnu sous le nom de Lebraïja, converti au milieu du 16ème siècle en forteresse Portugaise, a été édifié sur la pointe d’un plateau rocheux très avancé dans la mer.
C’est dire qu’El Jadida, que certains chercheurs qualifient encore de fille des océans, avait toujours su garder au fond d’elle-même, cette intime et étroite relation avec l’immensité Atlantique, qui reste à la fois source de son histoire d’antan et garante de ses chemins d’avenir.
L’autre maître atout qui distingue El Jadida, mais qui reste malheureusement peu connu et jusqu’à présent totalement sous exploité, découle du fait que ce même plateau rocheux sur lequel la ville a été fondée, se prolonge par une gigantesque chaussée sous marine qui longe la baie sur toute sa longueur, la protégeant ainsi de l’agressivité des mauvaises houles. Et c’est ce rempart naturel qui donne à la plage d’El Jadida, sa spécificité de bassin calme, et sans le moindre danger pour les baignades, les petites croisières en barques légères ou encore l’édification d’ouvrages sur mer, comme l’attestait le fameux casino, qui faisait autrefois l’attraction touristique principale de Mazagan.
Toutefois, si on s’est permis d’évoquer aujourd’hui ces quelques facteurs peu commun aux autres villes côtières du pays, c’est surtout dans le souci de souligner à quel point, la capitalisation de cette précieuse donne maritime, pourrait s’avérer porteuse de grands intérêts tout en représentant une plus value inestimable en matière d’innovation touristique, un créneau, aujourd’hui plus que jamais à l’ordre du jour.

Un fait est certain. El Jadida, qui a toujours su garder vivace une promiscuité complice avec cette mer nourricière, ne peut respirer aisément qu’en se réconciliant avec cette grande bleue qui la couve de presque tous les côtés. Et c’est dans cette logique d’idées qu’on peut assurer, sans crainte d’être contredit, que la mer peut encore et toujours jouer un rôle central dans le développement socio-économique local , voire même régional. Un développement qui  reste tributaire à l’esprit de créativité et à la bonne  stimulation  de l’imaginaire de tous ceux qui sont censés orienter ce grand chantier qui est incontestablement en mesure de marquer l’avenir de cette ville.
Ouvrir El Jadida sur son espace maritime, a toujours été et reste jusqu’à présent une revendication légitime de tous les Jdidis dont les premières bouffées d’oxygène portent aussi une bonne dose des senteurs iodées de l’Atlantique.

Malheureusement, cette culture qui nous est propre est elle aussi en voie de déperdition.

C’est à croire que la ville d’El Jadida traverse ces derniers temps une véritable ère d’indigence en matière de créativité et d’innovation. Sinon comment peut-on expliquer le choix de cette voie de facilité qui consiste à murer ou plutôt cacher loin des regards indiscrets tout ce qu’on est incapable de valoriser.

On a commencé par murer les cabines de la plage en faisant fi de tout un pan de l’histoire de la ville. Aujourd’hui on récidive du côté du boulevard Annasr par la construction d’un muret assez haut pour  couper El Jadida de son cordon ombilical.

Qui a parlé de l’esplanade maritime?

Qui a formulé le mot corniche?

En tout cas, ce n’est pas moi. Tout ce que j’ai cru entendre c’est “Circulez! Il n’y a plus rien à voir.

Ahmed Chahid

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Corniche du vrai  Deauville  (France)

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