ADDOHA1

Par: Khadija Choukaili

Depuis plus d’une décennie, on ne cesse d’entendre parler de l’éradication de l’habitat insalubre. Certes, l’accès à un logement décent est, de par la Constitution, un droit qui garantit la dignité et participe dans la cohésion sociale des citoyens.

Considéré comme tel, le secteur de l’habitat devient donc un secteur social par excellence.

On a promis des logements décents à cette classe sociale qui ne pouvaient se permettre qu’un bidonville. Cependant, leur quotidien, après avoir bénéficié de ces logements, s’est transformé en réalité amère quand ils ont été confrontés aux problèmes d’une insalubrité d’un autre genre.

En effet, les doléances qu’ils ne cessent de présenter sont légitimes quand on voit les conditions dans lesquelles ils vivent, à l’image de cet immeuble 41 de la résidence Ben Allal dont le sous-sol est envahi par les rongeurs, et où se trouve un équipement électrique et une pompe à eau, qui risquent à tout moment de provoquer un court-circuit suite à leur dédommagement par les rats. Une réelle catastrophe qui peut se déclencher par quelque cause que ce soit.

Le Ministère de l’Aménagement du Territoire National, de l’Urbanisme, et de l’Habitat a initié en 2010 le programme d’habitat social à 250.000 Dhs. Un logement dont la superficie varie entre 50 et 80 m² pour un prix maximum de 250 000dh hors TVA, régit par un cahier des charges définissant des prescriptions de qualité et de sécurité.

Cependant, quand on est confronté à la réalité de ces logements, on se rend vite à l’évidence que les prescriptions de qualité et de sécurité font largement défaut et ne répondent nullement aux termes des cahiers de charges définis par l’Etat.

Le logement social est soutenu par l’Etat par une panoplie d’avantages accordés aux promoteurs immobiliers qui s’engagent, en principe, à réaliser un nombre de 500 logements, sur une période de 5 ans.

Cependant, on constate que ces promoteurs livrent des habitats qui sont plutôt insalubres qu’économiques, vu qu’ils ne sont soumis qu’au seul contrôle qui prévaut au Maroc, celui de « Bbak Sahbi ».

Aussi, faut-il relever que la vente de ces logements à toutes les couches de la société lui a fait perdre sa nature sociale. Ces projets de l’habitat social, prévus au début pour faire face à l’habit insalubre, sont devenus une composante essentielle des villes, et une bonne partie a été autorisée à être octroyé à quiconque offre le montant nécessaire. Ce qui s’est traduit par une certaine hétérogénéité de la ville en raison de la multiplicité des projets dans l’environnement citadin et la concentration des regroupements urbains dans les banlieues.

El Jadida, par la multitude de ces projets a pris de l’ampleur en termes d’expansion de sa superficie. Le problème est que ces banlieues manquent souvent de l’infrastructure nécessaire.

Un accroissement rapide des projets de l’habitat social, certes, mais en l’absence de toute vision claire et de toute maîtrise rationnelle de leur développement. Des projets d’habitat social qui permettent certes, aux couches sociales défavorisées d’acquérir un logement, mais en l’absence d’une stratégie claire, ils contribuent d’une certaine manière, à ruraliser les villes.

Oui pour les logements sociaux, si toutefois ils répondent aux normes en vigueur et sortent ces citoyens défavorisés de leur quotidien où l’insalubrité prévaut.

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