pauvrete.mouton

Par: Khadija Choukaili

Cette expression, d’enfant des rues, plutôt péjorative, désigne généralement, ces mineurs qui tentent, bon gré mal gré, de survivre dans un espace, qu’ils sont loin d’avoir adopté par choix, appelé « rue ». Souvent, ce terme a une portée dépréciative qui, consciemment ou inconsciemment, porte atteinte à la dignité de l’enfant.

Le Maroc compte 11 246 000 enfants âgés de moins de 17 ans. Si le royaume porte un intérêt particulier pour cette catégorie et pour la consécration de son poids dans la société, une partie d’entre elle continue de voir ses droits bafoués.  Pauvreté, déscolarisation, ou encore malnutrition constitueraient des entraves majeures à l’épanouissement de ces jeunes, dont certains se retrouvent, par concours de circonstances défavorables, sans domicile fixe.

Ces enfants en situation de rue se répartissent en trois catégories: les enfants de la rue vivant de manière continue dans la rue, les enfants dans la rue travaillant dans la rue mais qui  ont une famille et un domicile, et les enfants à la rue qui sont en situation de fugue temporaire mais peuvent finir par rester dans la rue.

Que dire du quotidien de ces enfants livrés à eux même sans nulle protection ou défense. Ils sont proie à toutes sortes d’abus, qu’il soit physique ou mental, vivant dans une lutte continue pour assurer leur survie, brulant les étapes de l’enfance pour atteindre l’âge adulte précocement et malgré eux. Il semblerait qu’ils traversent leur vie en s’excusant de faire partie de cette existence, de ce monde qui les rejette.

La société civile tente de faire quelques actions en leur faveur en levant les tabous pour faire face à cette situation difficile, de ces enfants en détresse, qui ont perdu tous repères spatiaux temporels.

Selon les dernières statistiques officielles, 65 % de la population vit sous le seuil de la pauvreté au Maroc, et les autorités estiment à 14000 le nombre d’enfants de la rue.

A El Jadida, l’exode rurale ayant contribué à l’accentuation de ce phénomène, le nombre de ces enfants se chiffre à quelques centaines.

Des enfants livrés à eux-mêmes, vulnérables à toutes sortes de dangers  par leur condition sociale et qui s’adonnent à la drogue, à la violence, mais aussi à l’exploitation sexuelle, devenant une proie facile à des adultes malsains.
Ils passent leurs journées dehors, à glaner quelques Dirhams pour pouvoir s’acheter la dose leur permettant de sniffer « la colle de l’oubli » et parvenir ainsi à prendre quelques heures de sommeil, en tentant d’oublier ce présent qu’ils peinent à supporter.

Ils sont majoritairement devenus toxicodépendants malgré eux. Leur état de santé est précaire et ils ont perdu jusqu’à la confiance en eux-mêmes.

Ils n’ont plus aucune illusion quant à leur avenir et sont dans un état de déni de soi très avancé. La moindre contrainte à laquelle ils sont confrontés, peut engendrer une réaction violente.

Mais qui sont ces enfants et d’où viennent-ils ?

La chose dont on est sûr c’est que la vie ne les a pas épargnés. Ils sont presque tous issus de familles défavorisées, vivant en dessous du seuil de précarité.

Chacun d’eux traine une histoire poignante basée sur des problèmes familiaux et sociaux l’ayant conduit au divorce et à l’éclatement de cette cellule qui était déjà fragilisée par l’obligation de faire face aux problèmes quotidiens d’une vie dure à gérer.

Ils ont surement fugués sur un coup de tête, afin de fuir une vie familiale insupportable pour se retrouver dans un monde totalement inconnu et si cruel.

 

Il faut reconnaitre que l’Etat, dans l’article 32 de la constitution, a mis les droits des enfants au cœur des préoccupations du Plan d’Action National pour l’Enfant (PANE).

Le PANE a permis notamment la mise en place des mécanismes de protection de l’enfance contre toutes les formes de violence. Il a également permis la création d’une unité de protection, et l’interdiction du travail des enfants de moins de 15 ans et leur insertion scolaire.

Que de conventions ont été signées ayant pour objets la protection des droits des enfants.

Que de comités et d’institutions œuvrant pour l’amélioration et le développement social de cette catégorie d’enfants ont tenté de contribuer à l’amélioration des conditions de vies de ces malheureux enfants.

Le nombre d’institutions de bienfaisance ainsi que les effectifs des bénéficiaires enregistrent un important accroissement. Celles-ci œuvrent dans le domaine de la réintégration familiale, la réinsertion scolaire et socioprofessionnelle des enfants en situation difficile.

Selon un rapport repris par Le Monde, le mis en cause est l’actuel gouvernement qui n’a pas réussi à mettre  en place une politique sociale adéquate, qui rendrait à ces enfants le sourire et l’espoir d’une vie digne.

L’Observatoire National des Droits de l’Enfant, en partenariat avec l’UNICEF (Fond des Nations Unis pour l’Enfance), s’est engagé, depuis plusieurs années sur la voie de la protection des droits des enfants, en institutionnalisant les engagements pris et en assurant le suivi des actions entreprises dans toutes les régions du Maroc afin d’améliorer le quotidien de ces enfants.

Au niveau d’El Jadida, des dizaines d’enfants en situation précaire sont pris en charge par certaines associations ou centres, œuvrant dans le domaine de protection de l’enfance.

Les chiffres dans la région de Doukkala sont accablants et les associations locales se fixent pour ultime objectif d’assurer à ces enfants l’hébergement, l’alimentation, l’habillement, l’hygiène et le suivi médical.

La société civile, par le biais de certains artisans (ferronnerie, menuiserie, cordonnerie…) apporte son soutien en assurant à ces jeunes, en collaboration avec les associations, une formation professionnelle appropriée, afin de les aider à apprendre un métier qui pourrait leur assurer une autonomie financière.

Mais la question qui reste posée et ne trouve toujours pas de réponse, c’est jusqu’à quand les citoyens continueront ils à patauger dans leurs problèmes en essayant de trouver refuge auprès d’associations aux moyens limités ?

Il serait grand temps pour les responsables d’assurer une vie décente à leurs citoyens.et particulièrement à ces mineurs sans défense.

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