El Jadida : Avenue Annasr… au-delà du mur-cache-misère !

On l’appelle « COCHTA ». Probablement en référence à la « costa » en espagnol, qui signifie « côte ».

Cependant, « LCOCHTA » de l’avenue Annasr a tout à envier à une côte qui porte bien son nom, où il fait bon y flâner en contemplant le grand bleu et ses vagues déchainées, et en y humant cet air frais embaumé de l’odeur de l’iode. Car « LCOCHTA » ne rime, malheureusement, qu’avec odeurs nauséabondes et pollution.

Cette côte, qui aurait pu être un magnifique espace de balade, n’est autre qu’un coin que les habitants ont malheureusement transformé en décharge publique à ciel ouvert, aux conséquences désastreuses, vu que tous leurs déchets se déversent dans la mer.

Si l’on se réfère à ce fameux mur qu’on dit de la « honte », qui a fait couler beaucoup d’encre, et qui, selon certains, obstrue la vue aux flâneurs, n’y a-t-il pas pire honte que ce qui se cache derrière ?

On a beau jeter la pierre à la Commune qui, certes, doit assumer ses responsabilités en termes d’entretien des quartiers et de préservation de la propreté de la ville ; mais on ne peut lui faire porter le chapeau quand c’est le citoyen qui est mis en cause pour ses agissements qui sont loin d’être « civiques ».

En poussant la réflexion plus loin, on constate, preuve à l’appui, qu’au-delà de ce mur, du côté des nouveaux « cafetiers » ambulants, la pollution n’est pas aussi alarmante que vers le début  de l’avenue. Probablement du fait que de ce côté-là, le coin est plutôt moins peuplé. Ce qui prouve que l’homme est seul responsable de ce désastre écologique.

Peut-on encore parler de « mur de la honte » quand ce dernier n’a plus pour ultime rôle que de cacher l’ignominie causée par l’incivisme des citoyens ?

La honte n’est-elle pas palpable à travers tout ce qui est balancé au-delà de ce mur par des habitants inconscients, qui ne font que traverser la chaussée pour déverser leurs déchets au-delà de ce mur-cache-misère?

La honte ne se sent-elle pas à travers ces odeurs suffocantes accentuées par la chaleur du soleil tapant de ces derniers jours ?

La honte n’est-elle pas perceptible dans l’incroyable multitude des déchets largués au-delà du mur ? (ordures ménagères, gravas, vieux matelas… et autres ordures outrageusement balancés, sans vergogne, par des énergumènes qui ne se rendent même pas compte que, le soir venu, c’est auprès de ces mêmes déchets qu’ils s’installent, au pas de leur porte, pour savourer leur verre de thé, et humer, sans s’en rendre compte, ces odeurs écœurantes provenant de leur décharge. 

Il faut donc se rendre à l’évidence et reconnaitre que l’incivisme des citoyens combiné au laisser-aller des autorités communales, est à l’origine de cette anarchie qui sévit dans cette ville, et particulièrement  le long de cette avenue Annasr, qui pourrait être une belle corniche, si chacun assumait ses responsabilités envers cette ville, aussi bien du côté de ces habitants qui prennent l’océan pour une décharge publique à ciel ouvert, que des gestionnaires de la chose publique qui sont loin d’assurer l’entretien et la propreté de la ville.

Enfin de compte, ce mur qu’on a tant blâmé, ne fait que dissimuler, tant bien que mal, cette pollution inimaginable que certains causent.

Honte à nous si on ne sait même pas comment protéger notre environnement et préserver l’esthétique de notre ville !

Honte à nous si on n’est pas capable de léguer à nos enfants la belle ville que nos parents nous ont léguée !!!

Khadija Choukaili

Related posts

Leave a Comment