El-Jadida : AU DÉFI DE TOUTES LES LIGNES ROUGES

Avait-il raison, cet « anonyme » qui avait dit un jour, qu’ El Jadida mérite bien son nouveau nom de « Ville à vendre », en se référant au titre d’un très ancien article qui schématisait l’état des lieux de la ville d’Essaouira, au début des années 70, lorsque Mogador comptait à cette époque là, plus de Hippies de différents horizons que de citoyens marocains locaux.

Ainsi donc et au su de ce qui se trame à El Jadida, depuis un certain temps comme dépassements de certaines lignes rouges telles que balisées par la loi, on serait tenté d’adhérer au jugement de cet « anonyme », en craignant que cette ville qui n’arrête pas d’être malmenée, chiffonnée, voir même violentée malgré les cris de détresse ou de colère de ses citoyens et de sa société civile, on serait donc enclin d’admettre qu’effectivement El Jadida s’est installée en dehors du « temps du nouveau Maroc » et au delà de toutes les logiques, au défi des hautes orientations, des lois et des règlements auxquels nous croyons et qui font de notre pays un des modèles les plus réussis, les plus appréciés mais aussi les plus jalousés (suivez mon regard).

Oui, on pourrait croire que depuis un certain temps, tout est à vendre ou à acheter même le silence des grandes gueules.

La dernière aberration ou plutôt « défi des lois » en date, a trait à l’autorisation accordée à un projet inscrit sous le nom de « Espace de divertissement », qui est censé être planté sur la côte, à l’entrée Nord de la ville d’El Jadida, bousculant ainsi nombre de garde fous, censés protéger ces milieux marins aussi fragiles que sensibles face l’intrusion de tout corp etranger… surtout lorsqu’il s’agit de bétonner le sable d’une plage.

Pourtant selon nos informations, cette partie de la côte et son prolongement sont représentés sur le plan d’aménagement de la ville en tant que zones non aedificandi. Et il va sans dire qu’un plan d’aménagement fait force de loi en matière d’urbanisme, une loi qui peut être transgressée et doit être impérativement respectée par tout le monde, quels que soient ses penchants politiques, son grade administratif ou sa position sociale.

Dans ce cas là, les citoyens d’El Jadida ne cessent de s’interroger sur les circuits par lesquels cette autorisation a été validée tout en étant supposée non conforme à la loi.

On s’interroge également sur le rôle de l’agence urbaine El Jadida-Sidi Bennour qui est mieux placée que n’importe quelle administration pour connaître les lois régissant l’urbanisme tou en faisant en sorte qu’elles soient rigoureusement appliquées, surtout lorsqu’il s’agit d’atteinte à un milieu sensible et sauvegardé par un plan d’aménagement.

D’un autre côté, on se demande où se situe l’implication de la direction de l’équipement qui reste la première à être concernée par la sauvegarde et protection des espaces relevant du domaine maritime.

Autant d’inconnues et de zones d’ombre qui entourent une autorisation et une zone noble qu’aucun des conseils précédents n’avait osé salir la virginité.

Un dossier douteux qui risque de faire des

petits, parcequ’il paraît que ses échos ont dépassé les limites de la Province d’El Jadida et de le Région Casablanca-Settat.

À trop tirer le diable par la queue, il y a toujours un risque.

Chahid Ahmed

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