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Par: Khadija Choukaili

Comment définir un pays qui traque de jeunes musiciens des rues, coutumiers de la Place des Nations-Unies à Casablanca qui n’ont commis aucun délit que celui d’avoir gratifier les passants de quelques notes musicales. Et quelle peine encourent-ils pour «outrages et violences à l’encontre de fonctionnaires durant l’exercice de leur fonction» quand on connait le nombre de criminels et d’agresseurs dangereux qui courent les rues sans être traqués ?

On est en mesure de se demander ce qui dérange le plus, une fois qu’on met le nez dehors. Surement pas un groupe de musiciens qui grattent leurs guitares au coin d’une rue, mais plutôt des motards qui guettent le moindre faux pas des passants pour leur dérober téléphones, sacs, chaîne en or, et moult objets ayant une quelconque valeur marchande.

Et ce qui est valable à Casablanca, l’est aussi à El Jadida qui commence à découvrir ce qu’est le vrai problème des grandes villes, et peut-être aussi celui de ces temps qui n’ont de moderne que le nom. Avec l’expansion que connait la ville, on se rend de plus en plus compte que le facteur essentiel dans la donne demeure l’espace public. Cet espace qui est tellement convoité représente un vrai trésor. Parce qu’il est en même temps public, mais sans aucune appartenance à une quelconque structure, sinon les communes pour qui il représente le dernier de leur souci, quand on voit l’état du centre-ville et l’anarchie qui y règne.

Malheureusement, chacun considère l’espace public comme étant le sien et fait fi de la liberté individuelle et de la cohabitation selon les bonnes mœurs, ce qui se répercute directement sur l’ordre et la sécurité. L’anarchie fait donc surface et l’harmonie tant recherchée disparaît.

Par ailleurs, et pour évoquer un autre problème non moins important, je ferai appelle à une anecdote (si l’on peut appeler cette « humiliation » ainsi) ayant mis en cause les responsables communaux casablancais lors de la visite de la princesse belge Astrid.

Ainsi, la princesse Astrid, représentante du roi des Belges, a effectué une visite la semaine dernière à la tête de l’une des plus grandes missions économiques jamais organisée par la Belgique, pendant laquelle la princesse Astrid était accompagnée d’une importante délégation d’officiels et d’hommes d’affaires et par plusieurs ministres fédéraux et régionaux et quelque 400 opérateurs économiques belges représentant 251 sociétés.

C’est dire l’importance que revêtait cette mission et qui confirme tout l’intérêt que porte la Belgique pour le Maroc comme porte d’entrée en Afrique.

Jusque-là tout est très normal,. Et pour information, cette importante délégation avait été reçue à l’hôtel Hyat Regency, si bien réputé. Une dame faisant partie de cette délégation a voulu sortir le soir aux alentours de l’hôtel et s’est retrouvée, après avoir fait quelques pas, au beau milieu d’« un espace nauséabonde » tenant lieu de toilettes publiques à ciel ouvert. La dame s’est enquise auprès d’un responsable pour comprendre le pourquoi de l’existence d’un tel endroit à quelques pas de l’hôtel si prestigieux. Inutile de vous décrire le branle bas de combat qui a eu lieu suite aux appels téléphoniques auprès des responsables communaux. Malgré l’heure tardive, toute la logistique nécessaire au nettoyage de l’endroit mis en cause a été mise en place avec de grands moyens pour transformer cet endroit si souillé et nauséabonde en un espace des plus propres, en l’espace de quelques heures.

Alors la première question qui me taraude est comment se peut-il qu’en un laps de temps, la machine s’est mise en marche pour nettoyer à une heure tardive et transformer cet espace en un endroit salubre ? Les conclusions à tirer c’est que « quand on veut on peut » et qu’il n’est nullement question de manque de moyens financiers ou logistiques ou même en ressources humaines. Il faut se rendre donc à l’évidence que tous les moyens sont disponibles et que ce sont seules la volonté et la conscience qui font malheureusement défaut. Ces braves gestionnaires de la chose publique préfèrent ne pas trop se casser la tête à régler les problèmes des citoyens et préfèrent plutôt les laisser baigner dans la m…., et cette fois-ci c’est purement au sens propre.

Et une question  entraînant une autre, pourquoi au Maroc en général, et à El Jadida en particulier la question de construire des toilettes publiques ne semble jamais effleurer l’esprit des responsables.

Après l’indépendance, les toilettes publiques dans la ville d’El Jadida étaient au nombre de 11 réparties un peu partout. Et nul n’est en mesure de comprendre comment on a pu les rayer de l’environnement. A croire que leur utilité était dérisoire aux yeux de ceux qui ont pris cette décision.

Malheureusement, ce que l’on peut dire de la disparition des toilettes publiques est valable pour toutes les commodités dont disposait la ville. A titre d’exemple, les fiacres (koutchis) qui donnaient un cachet particulier à la ville ont connu également le même sort.

Le centre-ville avec son architecture particulière constituait un précieux patrimoine pour les jdidis avec ses quelques immeubles et maisons uniques dans leur genre. Désormais, cette merveilleuse place croule sous les détritus et connait une anarchie sans précédent.

Il faut reconnaître que depuis l’indépendance, rien n’a été fait pour les villes marocaines. L’urbanisation a pris de l’ampleur en faisant pousser des constructions comme des champignons sans aucun respect pour les spécificités de chaque ville et chaque région. Les seuls centres villes qui existent datent du temps du protectorat et n’ont jamais été développés pour suivre le rythme de cette urbanisation effrénée par la création de centres villes répondant aux normes modernes de développement des villes.

Force est de constater cette réalité bien amère qui nous conduit à la conclusion que ce qui manque à nos villes n’est autre que des têtes pensantes et des responsables consciencieux cherchant à servir l’utilité publique plutôt que l’utilité individuelle. Espérons que cette espèce en voie de disparition fasse éruption dans nos communes dans un futur proche pour tenter de sauver ce qu’il y a encore à sauver.

 

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