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Par Azzedine Hnyen

Depuis l’appel historique de feu SM Hassan II pour une rotation de quatre ans pour les premiers  responsables des administrations dont, principalement, les Walis, les gouverneurs et les agents d’autorité, cette mesure est devenue, désormais, une coutume que les citoyens guettent avec grand intérêt quand sa date attendue s’approche.

Cette décision royale a laissé entrevoir une ère nouvelle. Une ère radieuse et pleine d’espoirs de nouveaux comportements. Mêmes les plus pessimistes y ont cru. Surtout qu’il a été  constaté de nouveaux changements positifs avec les deux gouvernements d’alternance ou de consensus  d’Abderrahmane El Youssoufi.  Le pays avait entamé une marche – certes à pas lents, mais sûrs – vers une démocratie susceptible de rivaliser avec les Etats précurseurs en la matière, pour l’instauration d’un Etat de droit.

De ce fait, de nombreux changements, marqués de l’empreinte des gouvernements de consensus de Maitre Abderrahmane Youssoufi, ont été opérés pour son installation et sa consolidation. Chose qui avait instauré chez les populations, éprises de justice et d’égalité, ce sentiment d’assurance et ce grand espoir d’un Maroc nouveau et moderne.
Parallèlement aux réformes apportées pour ancrer cette irréversible orientation royale, l’Etat marocain s’était penché, également, sur le bon usage des deniers publics et des services administratifs fournis aux citoyennes et aux citoyens. Et il n’est guère étonnant de voir, en ces temps, des élus, de hauts responsables et des fonctionnaires, de tout bord, traînés devant la justice et condamnés pour leur(s) forfait(s).

Cet état n’honore, certes, personne. Mais que d’élus et de fonctionnaires véreux, corrompus et corrupteurs meublent notre environnement ! Leurs divers méfaits et leurs magouilles s’étalent, hélas encore, au grand jour et injectent, malheureusement, une dose de déception dans les esprits des plus optimistes.
Trop de scandales, trop de procès, notre climat social ne s’en trouve qu’altéré. Il semble que rien n’a eu raison de cette vermine, de cette gangrène minant le corps et le champ de nos collectivités locales, de nos chambres professionnelles et de nos administrations.

La corruption, les détournements des deniers publics et autres malversations sont toujours d’actualité.

Combien d’élus, de responsables et de fonctionnaires sont devenus, du jour au lendemain, à la tête de fortunes colossales en biens et en nature ?

Combien d’entre eux, anonymes, pas plus tard qu’hier, sont devenus subitement partie intégrante des notables de la ville et de la province ?

Malheureusement, l’Etat s’était préoccupé des premières têtes et a ignoré, totalement, leurs proches collaborateurs. Les maîtres à jouer dans toute administration. Ces messieurs- dames, très affutés et ayant maîtrisés les fins rouages de leurs services respectifs, ont été, faut-il se presser de le dire, un obstacle infranchissable à toute amélioration des services et à tout développement administratif.

La bureaucratie et le despotisme sont de mise. Les malintentionnés et les nageurs dans les eaux troubles le savent, pertinemment, et agissent en conséquence. Tantôt ce sont des invitations pompeuses. Tantôt ce sont des enveloppes consistantes et des cadeaux de valeur pour maintenir, consolider leurs positions et bénéficier, toujours, des privilèges de seigneurs qui leur sont octroyés. Ces messieurs- dames, appelés, communément, « Msamers al mayda » induisent en erreur leur patron à tel point qu’il multiplie les erreurs qui pourraient être lourdes de conséquences.

Pour y remédier que devrait-on apporter, donc, afin d’éradiquer ces «poches de résistance» envenimant toujours notre atmosphère ?
Si les collectivités locales et les chambres professionnelles sont sous la tutelle de différents ministères, dont principalement celui des Finances et, surtout celui de l’Intérieur, pour son rôle d’être représentant du gouvernement de S.M le roi et que remplissent les Walis et les gouverneurs des provinces, elles restent sous un contrôle permanent de ces tutelles. Et si on enregistre, par contre, des irrégularités dans la gestion de ces établissements, la première autorité régionale ou provinciale est tenue pour la première responsable pour ne pas avoir exercé ce droit que lui confère la législation en vigueur.
Or, il se trouve, le plus souvent, que les walis et les gouverneurs ne peuvent être au four et au moulin, vu leurs nombreuses tâches pour veiller, scrupuleusement, sur  ce qui se passe dans ses différents divisions et services.

Néanmoins, leurs auxiliaires en la personne des agents d’autorité et des chefs de divisions, sont censés les assister dans leurs missions.
Les agents d’autorité contrôlent la légalité de l’action communale et les chefs de division s’occupent de l’étude de tous les aspects, de toute initiative urbanistique, technique, administrative ou autre de ces établissements pour son approbation. Ils sont chargés, ensuite, de suivre cette initiative jusqu’à sa phase finale. Donc, ils assument une grande part dans la fiabilité de cette action. Et si une anomalie est constatée, ils doivent répondre, tout comme le président de la commune, de l’irrespect du cahier des charges. Et si on traîne ce dernier devant la justice, il doit être accompagné de ce responsable de l’Etat pour avoir manqué à son devoir et/ou pour avoir été  complice dans l’acte de méfait. Pour un meilleur assainissement de notre administration, il paraît évident donc que se contenter uniquement de muter les premiers responsables, en appliquant la rotation de quatre ans, n’a pas été, jusqu’à présent concluant.
L’opération devrait inclure également ces chefs de division dont certains végètent dans leurs postes de «manitous» plus de seize ans ! Car, à notre sens, ils restent les principales causes de ces situations dans lesquelles se débattent nos communes et nos chambres professionnelles. On ne pourrait concevoir cet état source de maux de notre environnement. Ces «Msamers al maïda», sont capables de tout. Jusqu’à induire en erreur leur patron hiérarchique pour arriver à leurs fins ! Il suffit de diligenter des enquêtes pour s’apercevoir des méfaits qu’ils causent et des richesses dont ils disposent. Le fait d’être intouchables leur procure davantage de puissance et d’autorité. Il est temps que le nouveau ministre de l’Intérieur, dont la probité et l’honnêteté n’ont jamais été mises en doute, se penche, particulièrement sur ce cas qui constitue une véritable menace à l’instauration d’un Etat de droit tel que le veut notre Roi et les forces vives de la Nation.

Notre province foisonne de ces responsables sans scrupules. Et le nouveau gouverneur, qui paraît probe, pragmatique et cartésien,  a intérêt à se débarrasser de ces poches de résistance s’il veut réussir à appliquer les directives royales qui ont mis comme vecteur, la bienséance du citoyen.

On ne peut nier qu’il avait décrété un arrêté pour une postulation d’autres fonctionnaires aux postes de responsabilité. Mais, comme on l’avait dénoncé ici, en son temps, ces poches de résistance avaient eu le culot de le garder dans les tiroirs au lieu de le diffuser non pas seulement à l’échelon provincial, mais aussi à l’échelon national.

Déjà, l’éviction rapide de ces responsables  présagera un avenir de bon augure.

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