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Par: Khadija Choukaili

La surexploitation de la culture des algues, dont les champs foisonnent le long de la côte d’El Jadida, connait des fluctuations des quantités cueillies, traduisant la rareté de cette algue très recherchée par les professionnels, car très utilisée en pharmacie et en cosmétique.

Cette exploitation effrénée à laquelle est soumise la cueillette, sans respect du repos biologique, a pour conséquence directe, de provoquer la disparition de l’espèce.

Or la seule préoccupation de certains  « braconniers », est de continuer à tirer sournoisement profit, sans pour autant se soucier de l’équilibre écologique ni des conséquences néfastes pour cette espèce d’algue si rare aujourd’hui.

Face à l’anarchie dans laquelle baignait la compagne de cueillette de cette algue, le Département des Pêches Maritimes a mis en place des mesures d’aménagement visant la préservation des ressources algales et l’optimisation de l’efficience socio-économique de cette pêcherie.

À la veille de chaque campagne de pêche des algues marines, le département central élabore une décision qui fixe les mesures d’organisation de la pêche, du ramassage et de la commercialisation des algues marines. La circonscription d’El Jadida comporte quatre sous-zones, à savoir, le Point de Débarquement Aménagé (PDA) de Lahdida, le port d’El Jadida, celui de Jorf Lasfar, et le PDA de Sidi Abed.

Le quota de pêche alloué à la zone est de 3.900 tonnes d’algues sèches équivalant à quelque 14.000 tonnes humides.

La pêche de cette algue, au niveau de la circonscription maritime d’El Jadida se pratique au niveau de 15 sites pour un nombre maximum de 920 barques. Le quota global alloué à cette circonscription devrait être réparti entre les barques disposant d’une licence officielle.

Cette pêcherie d’importance économique a été adoptée par le département de la Pêche maritime dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie renouvelée de développement et de compétitivité du secteur halieutique, baptisée «Halieutis».

Le plan a pour objectif la reconstitution du stock pleinement surexploité, l’organisation de l’activité, la préservation des emplois formels actuels et l’augmentation de la valorisation du produit.

Le ministère de tutelle a donc pris des mesures draconiennes en instaurant une période de repos biologique, ainsi qu’un plan d’aménagement des algues marines mis au point par la Direction de la Pêche Maritime et de l’Aquaculture du Ministère en 2010.

Il existe trois zones de ramassage des algues marines au Maroc: la Méditerranée, l’Atlantique Nord et l’Atlantique Sud. La zone d’El Jadida concentre plus de 80% de la production nationale.

Il est à noter que des milliers de familles de la région assurent leur subsistance grâce à la cueillette de l’algue rouge, qui représente pour eux la seule ressource leur permettant de subvenir à leurs besoins durant toute l’année. Dès que la saison de récolte débute,  c’est l’effervescence sur le long du littoral d’El Jadida. Des hommes, des femmes et des enfants s’affairent alors sur les côtes pour ramasser la plante. Cette activité constitue une occupation à plein temps pour des familles entières, notamment dans les zones rurales.

Il faut rappeler que les plongeurs constituent le maillon le plus important de la chaine de production de cette algue, mais ils constituent, paradoxalement, le maillon faible dans ce secteur, pourtant très florissant pour les exploitants de cet or rouge, appelé aussi agar-agar.

L’ouverture devait avoir lieu après le mois de Ramadan et devait s’étaler sur deux mois et demi. Malheureusement, la compagne de cueillette n’a pas démarré à la date prévue en raison de la grève des plongeurs, qui revendiquent de revoir le prix de vente de l‘algue fixé à 4 dirhams à la hausse pour atteindre 10 dirhams. Les doléances de ces plongeurs, si légitimes soient-elles, ont été confrontées, à priori, à rejet de la part des exploitants réels de l’algue et qui en détiennent le monopole.

En effet, malgré l’augmentation du coût des charges, notamment le prix du gasoil qui a flambé, le prix de vente de l’algue rouge n’a pas connu d’évolution.  Les plongeurs n’en tirent que quelques sous, comparé au prix de vente à l’exportation qui atteint 60 dirhams.

Ce bras de fer entre les plongeurs et l’entreprise exploitant l’algue rouge continue de sévir puisque les négociations n’ont pas abouti à satisfaire les doléances de ces plongeurs qui travaillent dans l’insécurité totale du fait qu’ils ne disposent pas des moyens matériels respectant les normes en vigueur, le matériel de plongée étant très coûteux.

Dur d’admettre que ces plongeurs continuent à risquer leur vie pour une poignée de dirhams, juste de quoi subsister et subvenir au minimum vital de leurs familles.

Après un réel bras de fer et une grève qui dure depuis plusieurs jours, les parrains de ce monopole florissant ont concédé à tolérer une augmentation de 50 malheureux centimes, ce qui ne change en rien le dur quotidien de cette couche sociale défavorisée.

Affaire à suivre.

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