El-Jadida : Aicha Belakbir, le Cordon bleu, dont la réputation a dépassé nos frontières, doublée d’une costumière, hors-pair, du cinéma marocain.

Ancienne enseignante à l’école française Charcot, cette jdidie, pur jus, s’est distinguée par ses qualités de femme pleine de ressources et d’ambitions.

Ce qui la rend unique, ce ne sont pas ses dons, mais les secrets qu’elle en détient, en combinant : art de vivre et savoir-faire, puisés dans son  imagination débordante.

Aicha Benlakbir n’a jamis fait d’études dans le domaine culinaire ou de mode. C’est sa curiosité, un trait presqu’inné de sa personne qui l’a toujours poussée à persévérer et à  reprendre une même chose plusieurs fois de suite, jusqu’à en obtenir entière satisfaction.

Issue d’une famille qui tenait aux traditions et veillait à la bonne éducation de ses filles, Aicha Belekbir est devenue dès son plus jeune âge, une véritable maîtresse de maison, dont les activités considérées à l’époque comme féminines, indispensables et que toute jeune fille devait apprendre, n’avaient plus de secrets pour elle.

Pour parler de ses performances culinaires, il faut revenir à l’année 1995 et l’émission « Maida », du regretté Bargach, qui fit appel à son talent de Cordon bleu jdidie.

Une recette inédite était à l’ordre du jour : Tajine de viande aux courgettes (takhrifinte) et poulet mariné (M’derbel). Une recette à base de citrouille.

Pour une  doukkalia, on ne pouvait mieux choisir.

2002 et 2012, elle passe sur le plateau de Choumicha avec deux recettes, l’une de poulet rôti (M’hamer)  et l’autre de poisson (le loup) au four.

Aujourd’hui, Aicha Belakbir est l’une des maitres traiteurs les plus prisés par les mazaganais qui n’avaient que faire des publicités fallacieuses.

Sauf que le talent d’Aicha Belekbir, ne s’arrête pas au domaine culinaire. Car bien que ce domaine exige beaucoup d’énergie en termes de préparatifs, notre jdidia s’adonne aussi à la confection des Caftans.

En 1992, elle a organisé l’un des premiers défilés de mode (du Caftan) au Maroc, à l’Hacienda de Sidi Bouzid . Il fut suivi d’un autre au Golf Royal d’El Jadida, pour son inauguration en 1995.

La presse nationale et internationale qui  était invitée, n’a pas tari d’éloges  devant le succès remporté par ce (nouveau) genre de défilés.

Driss  Jettou, alors ministre de l’Industrie et du commerce, fit appel à son talent lors d’une grande  rencontre organisée par  son ministère   à la foire de Casablanca. Le succès fut  une nouvelle fois au rendez-vous…

Dès lors, les portes du cinéma s’ouvrirent à elle, en tant que costumière.

La première à faire appel à son talent fut la cinéaste, Farida Bourquia dans « Houte Al Barr », où il lui était demandé de reproduire le même défilé de mode, que celui donné à l’hôtel Safir de Casablanca, quelques mois plus tôt. 

Suivirent « Oulad Annass » et « Al Majdoub » avec la même cinéaste.

Entre temps, elle a aussi  travaillé aux côtés de  Saâd Chraibi, Mohamed Hassini, Hakim Nouri, Mohamed Lotfi, Chafiq S’haymi…

Aujourd’hui, elle se consacre entièrement à son métier de maitre traiteur.

Abdellah Hanbali

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