El Jadida : Achoura… la nuit de l’apocalypse où tout est permis… malgré le couvre-feu imposé entre 21h et 5h

Malgré la situation épidémiologique qui frôle une réelle catastrophe, et les restrictions des déplacements à partir de 21 heures, et en dépit de la loi 22.16 portant sur les substances explosives à usage civil, El Jadida vient de vivre une nuit apocalyptique en ce 9ème jour de Moharram qui coïncide avec la célébration d’ Aâchoura.

Les dépassements intolérables ont fait des rues et des avenues de vrais champs de batailles. Les détonations des pétards, de fumigènes et de toutes sortes d’engins plus explosifs les uns que les autres s’entendaient à des centaines de mètres à la ronde, sans que les autorités sécuritaires incrédules, et surtout impuissantes, puissent contenir ces jeunes décidés plus que jamais à faire de cette nuit, une nuit d’extrême violence en terme de déflagrations et de feux des « cha3alas » dont les flammes des dizaines de pneus brûlés mettaient en péril jusqu’à l’asphalte des chaussées, sans parler du risque de provoquer des dégâts importants si les flammes venaient atteindre les câbles électriques.

Certains jeunes ,déchainés, ont transformé des quartiers tels que Douar Lahouna, Lbahhara… en champs de bataille, en barricadant les rues et les avenues et en obstruant la circulation, causant par leurs actes irréfléchis une réelle insécurité des citoyens, en jetant sur les passants et les voitures qui se hasardaient à passer à leur proximité pétards, fumigènes, ou feux d’artifices.

Ces jeunes, complètement inconscients ont fait de cette nuit, censée ne pas être célébrée en ces circonstances de crise sanitaire, une véritable nuit de terreur.

Mais la question qui reste posée est comment ces explosifs atterrissent dans les commerces malgré leur interdiction par la loi.

Rappelons que le texte de loi n° 22.16, portant sur les substances explosives à usage civil, météores artificiels et équipements de loisirs contenant des matériaux pyrotechniques,  et publié au bulletin officiel en date du 2 août 2018, mettait fin à la commercialisation et à la détentions de ces produits. L’article 54, stipule clairement qu’« est passible d’une peine d’emprisonnement de 2 à 5 années, en plus d’une amende oscillant entre 50.000 dhs et 500.000 dhs ou l’une des deux, toute personne en possession illégale de matériaux explosifs ou météores artificiels. La peine concerne également les personnes qui importeront ou fabriqueront illégalement des matériaux pyrotechniques ».

Il faut se rendre à l’évidence et reconnaitre qu’il existe de grandes failles au niveau des centres de contrôle des frontières qui facilitent l’entrée dans le Royaume de ces explosifs, pour qu’on les retrouve, malgré leur interdiction, dans nos commerces.

Les défaillances existent également au niveau des points de vente de ces produits, puisqu’ils ne sont jamais saisis chez les commerçants qui procèdent à leur vente au vu et au su des autorités locales qui n’interviennent jamais pour appliquer cette loi qui est entrée en vigueur depuis 2018.

Il faut rappeler, si besoin est, que malgré le contexte actuel de l’expansion de la pandémie du covid-19, et l’interdiction des rassemblements, ces personnes, totalement inconscientes, ont fait fi du couvre-feu et ont « célébré » cette nuit sans se préoccuper des interdictions des sorties nocturnes.

Certes, certains de ces adolescents, complètement déchainés, ont été arrêtés par les autorités et ils devront répondre de leurs actes devant la justice. Mais combien en reste-t-il encore en liberté, et quels actes de violence et de vandalisme devrons-nous encore supporter de la part de cette génération de délinquants qui n’a nullement froid aux yeux ? Faudrait-il poster des policiers au bout de chaque ruelle pour venir à bout de ces marginaux livrés à eux-mêmes  et qui font fi de toutes les lois ?

Que reste-t-il quand on perd tout espoir en l’avenir, devant ces hommes de demain qui agissent en toute inconscience ?

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