El Jadida : A l’approche des élections… le temps est au bilan

On aura beau prêcher que le rôle des élus au sein des communes tend vers une gouvernance locale plus proche des citoyens, la réalité est que souvent loin d’appliquer ce principe, c’est l’intérêt personnel qui prône chez certains présidents des Communes.

Les réformes successives concernant les collectivités territoriales au Maroc ont toujours privilégié l’institution communale au détriment des autres niveaux. Mais la Constitution de 2011 et les lois organiques de juillet 2015, ont relativement changé la donne. Les nouveaux textes ont institué une nouvelle configuration de la décentralisation. Les compétences des collectivités territoriales ont ainsi été classées, en trois catégories, à savoir des compétences propres, des compétences partagées avec l’État et des compétences qui pourront leur être transférées par ce dernier. Des lois où le pouvoir des élus, certes, s’exerce mais qui contraignent les collectivités locales, de manière incontournable, à veiller au développement de la région.

Mais la question qui s’impose toujours à l’approche des élections est pourquoi plusieurs présidents des communes, arrivant au terme de leur mandat, s’accrochent tant à leur siège ? Est-ce la peur de perdre ce statut d’homme de pouvoir ?

Il faut reconnaitre que dans le Royaume, les Présidents des Communes continuent à s’y accrocher bien qu’ayant exercé le pouvoir durant plusieurs mandats.

Certes, la question n’est pas tant, qui exerce ce pouvoir, que comment il est exercé. Car au vu du bilan constaté à la fin de chaque mandat, on a du mal à croire que l’objectif visé au début était bien de renforcer les institutions de gouvernance afin de promouvoir le développement socio-économique local.

Malheureusement, le pouvoir est tel une drogue dure, qui nécessite sûrement d’envisager des solutions pour permettre une désintoxication pour voir, enfin, ces hommes assoiffés de pouvoir, quitter ce siège tant convoité.

Au terme donc de ce mandat, l’heure est au bilan des réalisations. Le président sortant (et peut-être bien entrant pour le énième mandat le 8 septembre) aura beau prêché que tant de projets ont été exécutés, ce sont hélas les réalisations qui plaideront ou non en sa faveur.

Pour El Jadida, on ne peut dire que le bilan des réalisations est positif, malgré le prêche du Président de la Commune lors de sa dernière sortie médiatique. L’état catastrophique de la ville est la preuve inéluctable de sa haute régression.

On ne peut certes pas contester qu’il a débuté son mandat avec un actif défectueux dont il a hérité de ses prédécesseurs, et chaque commune a certes, son lot de problèmes. Cependant, chaque élu est tenu de gérer au mieux la commune dont il a la charge, en cherchant à minimiser les risques de défaillance et à optimiser les ressources disponibles, qu’elles soient humaines, matérielles ou budgétaires.

Si l’on considère le volet des voiries, on a vite fait de constater l’état désastreux dont il souffre, mis à part quelques boulevards qui ont été réaménagés dans les règles de l’art, la majorité ont besoins d’une réelle remise à niveau et non d’un raccommodage qui met à nu les défaillances dès les premières précipitations.

Un autre volet non moins important est le problème lié à la collecte des déchets ménagers et la propreté de la ville qui traine depuis plusieurs années, faisant d’El Jadida une vraie décharge à ciel ouvert. Le problème, si complexe qu’il soit, devrait aboutir à un terrain d’entente avec la société délégataire, sinon une résiliation pure et simple du marché et son attribution à une entreprise est envisageable.

Malheureusement on ne peut faire la liste exhaustive de tous ces projets qui n’ont pas encore vu le jour. On ne peut que citer certains problèmes tels que la remise à niveau du centre-ville et la récupération des espaces publics, les parcs séculaires qui sont à l’abandon, la plage qui a été délaissée et dévastée de tout ce patrimoine qui faisait d’elle une plage unique en son genre…

Alors la tâche ne sera sûrement pas aisée pour gérer cette multitude de défaillances. Mais de grâce, peu importe qui sera élu, qu’il tienne seulement compte du fait que le citoyen jdidi a besoin que sa ville soit propre et gérée avec efficacité et efficience, par des responsables conscients de l’importance de leur mission, et qui prouvent leurs compétences par des réalisations qui répondent aux attentes de la population.

Prendre le pouvoir de gestion n’a jamais été chose facile, sauf pour ceux qui ne sont là que pour leur propre intérêt, et non pour l’intérêt général.

Khadija Choukaili

Related posts

Leave a Comment