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Longtemps ignorées, ces constructions suscitent ces derniers temps de multiples intérêts surtout en matière de tourisme. Ce véritable trésor est de nos jours au centre de divers projets qui cadrent avec les aspirations des officiels qui tablent sur le développement du tourisme culturel entre autres leviers qui consolident la position de cette Province en tant que grand pôle attractif à plus d’un titre.

Une première expérience de Tazota-gîte, appuyée par l’INDH, connait déjà un succès indéniable et prélude à une reconsidération envers ce patrimoine que nous n’avons jamais cessé de considérer comme une singularité du terroir dont la portée peut aller plus loin qu’un tas de pierres anodines, diluées entre les champs et bonnes uniquement pour l’abri du foin ou du bétail.

Dernièrement,18 étudiants marocains et 17 français, encadrés par les professeurs, MM. Fekkak Abdelilah et Ettachfini El Mostafa (côté marocain) et MM. Pouget tazota-doukkala-2

Fréderic et Layec Alain (partie française) viennent de passer dix jours d’acharnement, d’assiduité et de grande conviction pour en recenser et répertorier une grande partie ; arpentant en tout prés de 145 Km2 entre la commune d’El Haouzia et celle d’Ouled Rahmoun, pour 56 Douars visités. Un travail qui nous fait découvrir que cette zone, à elle seule, n’abrite pas moins de 459 Tazotas servant à multiples usages : 49 % utilisés sous forme de silos ; 06 % comme habitation et 04 % pour l’élevage. Quant aux autres, elles étaient abandonnées et ne jouaient plus aucune fonction. Pire, certains propriétaires de ce patrimoine, se disent prêts à vendre ces « tas de pierraille », dont la valeur ne cesse d’augmenter. Il faut dire que la demande s’accroit vue la cadence à laquelle sont construites les maisons, un peu partout dans les alentours.

Quoique non exhaustif, ce recensement a de quoi nous faire réfléchir sur cette valeur patrimoniale singulière qui sommeille, alors que les décideurs s’ingénient pour imaginer des créneaux touristiques porteurs et en mesure de stimuler une dynamique socio-économique dans les contrées rurales.

L’origine des premiers bâtisseurs attise toujours les polémiques les plus contradictoires, tout en suscitant l’intérêt des sphères scientifiques.

– Est-il possible que le paysan de l’époque, soit capable d’en être le créateur ?

– Était-ce dû à la présence de certains portugais dans la région ?

– Et à quelle époque remonte leur âge ?tazota-4

Autant de questions, auxquelles il est difficile de répondre avec exactitude aujourd’hui. Non que leur histoire remonte à plusieurs siècles en arrière, mais surtout à cause de notre culture basée jadis sur l’oral et enterrant, par extension, toute trace d’une époque donnée de son passé, quelques décennies à peine après avoir enterré les hommes qui en étaient témoins.

Michel Amengal, auteur de plusieurs livres sur la région et qui s’intéresse de près à cette question, nous avais déclarés une fois : « Il faudra parvenir à lever ne serait-ce qu’une partie du voile qui concerne la période de leur construction. On peut y arriver en cherchant le (s) roi(s) régnant à l’époque, les arbres plantés autour de cette période (l’Eucalyptus a été introduit par les européens au début du 20 ème siècle)… et creuser plus profondément, les informations qui nous semblent fiables. »

Pour résumer, disons que les tazotas ne se trouvent que dans la province d’El Jadida, à une vingtaine de kilomètres de la capitale des Doukkala et sont mal connues, des marocains eux-mêmes. Ces tazotas sont des constructions en pierre sèche, c’est-à-dire sans mortier ni ciment pour les assembler. Certaines sont utilisées comme habitation, d’autres comme grange, grenier, resserre ou étable…

On en dénombre, par exemple dans la commune rurale d’Ouled Rahmoun, près de 400. Les paysans sont obligés d’épierrer les terres rocailleuses agricoles. Ces pierres sont utilisées pour l’édification de murets (Stara), d’enclos (Zriba), d’abris, de cabanes en pierre sèche à voûte d’encorbellement (tazotas), et de silos enterrés (toufris).

tazota635Différentes hypothèses sont données quant à l’origine du mot tazota, mais celle la plus couramment répandue reste celle-ci. Dans le dictionnaire amazigh (berbère), Tazudea ou Tazoda signifie « bol », « écuelle renversée » et en effet, les cabanes ont une forme qui peut rappeler un bol renversé.

Les tazotas sont connues pour isoler tant de la chaleur que du froid, sur la paroi très peu inclinée, la pluie glisse facilement et c’est la raison pour laquelle elles ont certainement été érigées. Concernant l’orientation, l’unique ouverture est la porte et se trouve toujours du côté de l’est (le soleil y pénètre très tôt).

Des pierres plus grosses sont utilisées pour le tour des ouvertures et les chaînages ainsi que les marches des escaliers.

L’entrée est étroite. Un couloir mesurant au maximum 2 m protège l’intérieur contre les vents et la pluie.

Hélas! Un certain nombre d’entre elles sont abandonnées et le style de construction en voie de disparition.

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