Doukkala-Abda, une région à fortes potentialités

h15 Des vaches laitières

Par: Azzeddine Hnyen

La région Doukkala-Abda, forte d’une superficie agricole utile (SAU) d’1 million d’ha, dont 96.000 ha irrigués en grande hydraulique et 18.000 ha irrigués par puits, contribue à hauteur de 10% au PIB agricole national et 22% au PIB régional. La région se distingue par le secteur de l’industrie extractive et de transformation et le secteur de l’agriculture. Elle compte également plusieurs unités de transformation et de valorisation de la betterave à sucre, du lait, des céréales et des câpres, outre une forte présence d’associations professionnelles agricoles qui s’acquittent de leur rôle en matière d’encadrement agricole.

Elle arrive en tête du palmarès des régions qui créent le plus de richesses au niveau national. Selon les résultats des comptes régionaux réalisés par le Haut- Commissariat au Plan, cette région contribue à hauteur de 10% au PIB et arrive au septième rang national. Certes, elle reste loin du score du Grand Casablanca avec 19,2%, mais elle devance de loin Meknès-Tafilalet avec 5,5% et l’Oriental avec 5,1%.

A Doukkala-Abda, le PIB par habitant a dépassé la moyenne nationale qui se situait à  24.000 dirhams en 2010. Il a atteint 25.051 dirhams contre 38.016 dirhams dans le Grand Casablanca. Les comptes régionaux du HCP confirment également une  concentration des activités secondaires (industrie, mines,  énergie et BTP) dans la région de Doukkala- Abda. La betterave sucrière et les câpres viennent en tête des espèces cultivées et représentent chacune d’elles 38% de la production nationale, suivies par le lait (22%), le cumin (20%), les céréales (14%), le raisin (13%) et les viandes (22%).

D’après la direction régionale de l’agriculture, cette région s’érige en pôle agro-industriel, grâce à son infrastructure très importante, notamment le réseau autoroutier et ferroviaire, en plus de sa proximité de l’aéroport Mohammed V de Casablanca et de trois ports. Selon la même source, la production agricole dans la région se décline en quatre filières, à savoir l’export, l’agro-industrie, le marché intérieur et les produits du terroir.
En ce qui concerne la filière export, le directeur régional de l’agriculture précise que la région produit 33 millions de fleurs par an, dont 27 millions sont destinés à l’export, 5.300 tonnes de câpres, (5.000 à l’export), 22 mille tonnes de légumes, (15 tonnes à l’export) et 1.900 tonnes de pastèques (1.500 tonnes à l’export). S’agissant des produits destinés à l’agro-industrie, ils concernent la betterave à sucre qui couvre une superficie de 20 mille ha encadrés par l’usine Cosumar de Sidi Bennour, suivie par les céréales d’automne, dont la production s’élève à 12 millions de quintaux, et le lait qui atteint 453 millions de litres par an.
Pour ce qui est des produits destinés au marché national, la production des viandes rouges est de l’ordre de 47.000 tonnes par an. La région compte 410 mille têtes de bovins et 1,70 million de têtes d’ovins et caprins. Pour la quatrième filière, la production reste cependant faible, ce qui pousse  la direction régionale de l’agriculture à encourager les produits du terroir, notamment les figues, le cumin, la truffe, la menthe et le miel.

Par secteur d’activité, la région se distingue par le secteur de l’industrie extractive et de transformation  et le secteur de l’agriculture dont les contributions en valeur se situent respectivement à 10,4 milliards de dirhams et 5,8 milliards de dirhams. Leurs parts respectives au niveau national se situent à 10,9 et 8,5%.

En ce qui concerne le taux d’activité de la région, il a connu une nette amélioration au cours de ces dernières années. Selon un document présentant les résultats de l’enquête nationale sur l’emploi, réalisée annuellement par le HCP et retraçant l’activité dans la région Doukkala-Abda selon le sexe et le milieu de résidence entre 1999 et 2013, on relève que les courbes suivent une tendance haussière.  Ainsi, et selon le sexe, le taux d’activité chez l’homme dépasse celui des femmes. En 1999, le taux a été de 85,2 chez l’homme et de 37,8 chez la femme.

En 2013, il est passé à 78,5 chez l’homme et 38,4 chez la femme. Par rapport au milieu de résidence, le taux d’activité est meilleur dans le milieu rural. Normal, le territoire est connu pour la richesse de son agriculture. Pour le chômage dans la région de Doukkala-Abda, on remarque qu’au cours de ces 14 dernières années, il a connu une évolution en dents de scie. Ainsi, le taux du chômage est passé de 12,4% en 1999 à 10,8% en 2013 après une chute en 2007 avec un taux d’à peine 5,2%.

Les potentialités de cette région seront davantage mises en valeur avec le nouveau découpage proposé par la Commission consultative de la régionalisation. En effet, Doukkala-Abda cédera la place à deux nouvelles régions, à savoir Casablanca-Settat et Marrakech-Safi.

La Commission consultative de la régionalisation considère que la province de Berrechid, la province de Settat, la province d’El Jadida, la province de Sidi Bennour et celle de Benslimane devront faire partie de la région du Grand Casablanca. Et les provinces de Safi et de Youssoufia, rattachées actuellement à la région de Doukkala-Abda, seront in fine dans la région de Marrakech-Safi.

Avec cette nouvelle configuration, ces deux nouvelles régions ont la particularité d’abriter une masse de population plus forte, de couvrir des territoires plus étendus et de regrouper des circonscriptions administratives (provinces, préfectures et communes) plus nombreuses. Un nouveau découpage qui participera certes au rayonnement de cette zone centrale du pays.

Azzedine Hnyen

 

 

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