DHJ: Wa Difaâ Ztorotot…

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Par: Abdellah Hanbali

Lorsqu’il m’arrive de suivre  un match de Coupe d’Europe  à la télé, il m’arrive  souvent, de me surprendre en train de suivre le spectacle qui se déroule dans les tribunes, au lieu de celui qui se passe sur la pelouse.

Comment ne pas  succomber  au charme d’un public de Liverpool, entrain de danser et de chanter son célèbre « you’ll never walk alone » alors que son équipe est menée au score à quelques minutes du sifflet final !
Comment ne pas aimer un public exécutant sa « Ola », avec une perfection et un timing dignes des plus grands chorégraphies ?
Avez-vous déjà eu l’occasion d’admirer ce merveilleux public du Celtic, debout, mains  tendues en avant, accompagner un joueur sur le point de tirer un penalty ou tout autre pied arrêté, d’un Hééééé !!! Pour l’achever d’un Hoooo !!! Au moment du tir ?
Y a-t-il meilleure façon de faire sentir à un Nanah ou un Hadraf, que tout un public est derrière lui et l’épaule ?

Ce sont là quelques moments de  grande émotion. Des moments qui  ne se vivent que par les Fans et à l’intérieur des stades de football.  Si on était au théâtre, on aurait expliqué ce spectacle d’une mise en abyme (théâtre dans le théâtre).

Si on parle aujourd’hui des Fans, c’est parce qu’à chaque fois que le hasard veut que je  me déplace  au stade El Abdi, je me surprends  à rêver de vivre et revivre pareille ambiance et goûter, ne serait ce qu’un court laps de temps, ce pur bonheur unique, auprès de mon club favori.

Malheureusement, lorsqu’il  arrive que le DHJ marque (la chose arrive rarement, ces derniers temps) et que c’est « la fête » dans ce petit et vieux stade (plus d’un siècle  d’existence, merci les « colons »), c’est toujours le même refrain et la même rengaine pour exprimer sa joie :
Un Manolo Jdidi  tape comme un forcené sur son tambour, en criant à tue-tête : « Wa Difaâ » et une partie du public , lui répond … Ztorotot.

Wa difaâ…ztorotot….wa difaâ…ztorotot….wa difaâ…ztorotot… Le refrain continue ainsi, jusqu’à ce qu’une contre attaque de l’équipe adverse ou une décision « contestable » de l’arbitre, ne vient gâcher « la fête » et y mettre un terme.
Je me suis longuement demandé sur le sens réel de ce ZTOROTOT, mais en vain. Est-ce l’imitation d’un instrument quelconque de musique qu’on n’arrive toujours pas à se payer et qui continue à  faire défaut ?
-Est-ce une sorte de Haka (chant de guerre New-zélandais) pour doper les joueurs doukkalis ?

Personne ne donne l’impression parmi le public qui m’entoure, d’en savoir plus.
Le père a encouragé, parait-il, le DHJ en criant ztorotot. Le fils crie à son tour ztorotot et son enfant  fera certainement de même…

Vrai qu’on chante aussi quelques « tubes »  empruntés au public rajaoui comme « khadra ou bayda… », mais ce ne sont pas nos chants. On n’encourage pas son équipe avec le chant d’une autre équipe …
Toujours est-il qu’on aurait du et depuis  belle lurette, faire appel à un compositeur et trouver un air séduisant pour encourager ce bon vieux DHJ qui le mérite bien.

En attendant (Godot ?), aucune comparaison, à l’heure actuelle, n’est possible, entre notre public et les publics précités.

Quand est ce que notre public constituera  un spectacle dans le spectacle ?

En attendant, contentons-nous pour quelques années encore, de ce chant unique dans les annales du football… Wa difaâ…ztorotot…wa difaâ…ztorotot…

Sans rancune…aucune !

 

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