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 Par : Souad Mekkaoui

Il est révolu le temps où les partis politiques avaient leur poids pesant au Maroc. Il est loin aussi le temps où les secrétaires généraux de ces dits partis étaient des ténors, vrais mobilisateurs et unificateurs, avec de grandes idées, un engagement  ayant participé à la construction d’un Maroc pluriel. Il est bien derrière nous le temps où ces partis politiques reflétaient des convictions, des valeurs et des idéaux, pivot autour duquel se regroupaient un nombre de personnes œuvrant pour l’intérêt général de la cité et du pays. Or aujourd’hui, l’échiquier politique national ne respecte plus les règles du jeu qui donnaient du sens à la politique et aux positions partisanes.

Quand de grosses pointures tels que Allal El Fassi, Mehdi Ben Barka, Abderrahim Bouabid, Mohamed Hassan El Ouazzani, Ali Yata, El Mahjoubi Aherdane, M’hamed Boucetta, Abdelkrim El Khatib, Abderrahmane El Youssoufi ont été aux commandes pendant de longues années, eux qui ont su donner un vrai sens au jeu politique avec des coalitions cohérentes, il semble de nos jours difficile d’imaginer que la relève soit assurée. D’ailleurs, presque tous les successeurs ont échoué dans leur mission à savoir gérer, dans la divergence et le partage, sans éclatements ni heurts. Aujourd’hui, les partis politiques – au nombre de…36 – sont émiettés et le puzzle, fortement décomposé est difficile à reconstruire n’ayant pas de modèle bien conçu.

Ceci est flagrant et désespérant,  à la limite du ridicule alors que nous sommes à la veille des élections. Les candidats aux scrutins prochains – décisifs contrairement à ce  que l’on peu en penser –  qui ne sont, dans la majorité des cas, que des opportunistes pervers, rivalisent d’acrobaties, changeant ainsi d’accoutrement pour l’approprier au parti qui leur donnera l’avantage d’accepter leur candidature et les appuyer, la fameuse « tazkia »…. Sur ce point, nous n’hésiterons pas à dire que le Maroc n’a pas évolué d’un iota, puisque le choix des notables est toujours de mise. Les candidats migrent de parti en parti confirmant ainsi le tribalisme dans l’esprit et le refus de la divergence des points de vue des partisans, dans la même Constitution où elle  est supposée représenter le creuset d’un débat sain et où la concurrence positive et la méritocratie sont les éléments tranchants pour accorder le soutien à un candidat X. Pourtant la loi, à tout le moins, l’éthique interdit la transhumance qui est l’ équivalent de l’opportunisme, donc la caution à la médiocrité.

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Hélas, les partis ne mobilisent plus. Les programmes se ressemblent. Les politiques ne jouissent plus de la confiance de leur base et l’esprit de différence devient, de plus en plus, interdit. Il est même la source d’éclatement au sein de plusieurs partis politiques qui voient une frange de leur élite quitter parce que dégoûtée de la gouvernance ou n’adhère plus aux orientations stratégiques du parti. Celle-ci se voit créer son propre parti politique pour continuer à atomiser le paysage. Rappelons le cas de l’USFP dont plusieurs cadres –opportunistes ?- ont quitté le bateau à cause d’une léthargie et d’un entêtement dans la gouvernance qui freine certains membres dans leur élan puisque invocateurs de responsabilité et de pouvoir décisionnel. En conséquence, ils optent pour la voie la plus aisée, celle d’aller vers d’autres constitutions politiques en vue d’avoir de meilleures positions leur donnant accès aux décisions qui leur permettraient d’orienter leurs propres intérêts.

Un autre scénario s’offre aux citoyens égarés, désespérés et écœurés : les ennemis d’hier s’improvisent amis d’aujourd’hui… Finalement, les intérêts créent les coalitions les plus extravagantes qui ne répondent à aucune logique de la philosophie de ces partis –si toutefois ils en ont une- ! Sous le grand chapiteau, le bal continue : la droite est avec la gauche et les centristes vacillent entre les deux. On ne sait plus qui mène la danse !

Et on se demande toujours quelle est la cause de cette suspicion et méfiance des citoyens à l’égard des institutions ! Finalement, il n’y a pire ni plus complexe que les jeux politiques au Maroc qui ne respectent aucune éthique !

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