Comment la médiocrité est devenue un marketing rentable..

Avant l’avènement de la pandémie du Corona, un autre virus plus virulent du nom de médiocrité a déjà gangrèné la société, et son  poison s’est infiltré insidieusement en tous domaines et en toutes choses. L’éducation, l’enseignement, le sport, la culture, le civisme, la gestion de la chose publique, l’administration performante, la maîtrise des langues et j’en passe ne sont plus ce qu’ils étaient.

La médiocrité s’est érigée en valeur , et a tellement gagné les cœurs et les esprits que les gens sont devenus allergiques à la beauté et à l’excellence. Ce que nous vivons aujourd’hui en est la parfaite illustration.

Elle pullule ça et là et c’est à  celui qui démontre qu’il est le plus médiocre  qui devient célèbre du jour au lendemain, d’un parfait inconnu, il devient populaire rien qu’en faisant du buzz.. ou plutôt du mauvais (bad) buzz …

Il suffit juste de savoir manier un tant soit peu les outils informatiques , et surtout de trouver le bon filon pour récolter le plus grand nombre de  » like  » et de vues. La culture de la médiocrité est encouragée entre autres par les réseaux sociaux où elle est devenue la règle et non l’exception, et les nouveaux supports de l’information et de la communication, les WebTV, qui favorisent la diffusion rapide de contenus sans aucun intérêt informatif, mais plutôt nourrissent la médiocrité en créant un battage médiatique dans le but de susciter l’émotion pour créer l’événement et emballer la toile.

Dans ce ramassis de médiocrités tapageuses et crétinisantes,  et comme dernier acte malfaisant toujours relayé à non plus soif et qui a été un parmi des milliers d’autres à avoir sonné le glas des bonnes manières, des vidéos  plus ou moins choquantes et dont le contenu est pour le moins qu’on  puisse dire dégoûtant  circulent sur la toile, et sur youtube,  alors que ce dernier est censé être une plateforme de contenus talentueux, d’apprentissage et de créativité. Mais il est vrai qu’il faut de tout pour faire un monde, qu’il soit virtuel ou réel… L’idée de base de ces vidéos en elle même ne pose pas problème, dès lors qu’il s’agit de conseils quotidiens, de tuyaux pratiques et utiles, mais c’est leur dérapage vers un exhibitionnisme sulfureux et la démonstration des charmes féminins par le recours à des méthodes immorales qui a soulevé un véritable tollé et a fait réagir de nombreux internautes.

C’est ainsi que « routini lyawmi » , « Fadiha », « choufou achnou jab Liya rajli » , et d’autres titres racoleurs, et des mots clés attirant les vues et les clics sont devenus un business rentable dans un pays où le temps libre est gaspillé à suivre et à consommer du contenu de bas niveau, non instructif et surtout médiocre.

Les cafés sont devenus des cyber-cafés ou des « ruches à vues » pour ce genre de contenus, les clients enchainent entre chaque gorgée de café ou de thé une vidéo, un article ou un post d’une débilité déconcertante… L’oisiveté, l’analphabétisme, l’ignorance mais aussi la démission des parents sont les principales causes de la propagation et « la normalisation » de cette aberration, au point que le point de saturation est atteint.

Ce constat amer nous pousse à nous poser certaines questions : Comment en sommes-nous arrivés à cette boue de déchéance absolue ?

Qui aura le courage de dire assez à toute cette vague de vulgarité ? Est-ce le créateur de ces contenus qui est le seul responsable de ce phénomène ou bien le spectateur qui y joue un rôle en l’encourageant ?

Khadija Benerhziel

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