-La Province d’El Jadida fait partie de la nouvelle région de Casablanca Settat. Région qui s’étend sur une superficie de 19 448 km2 et compte 6.862 milliers d’habitants (RGPH1 2014), soit une densité de 353 habitants au km2 et une superficie de 2,7% du territoire national. La région compte deux préfectures Casablanca et Mohammedia et sept provinces: Settat, El Jadida, Ben Slimane, Mediouna, Nouaceur, Berrechid, et Sidi Bennour.   La région représente  une part de 25% dans le PIB national. La Province d’El Jadida, dont la population est d’environ 786 716  habitants  (Recensement de la Population et de l’Habitat, 2014)   comprenant 27 Communes dont 2 sont urbaines (El Jadida et Azemmour), est à vocation agricole, industrielle, touristique  et maritime; la longueur de la cote étant de 150 km. Ces données laissent clairement apparaitre que la ville d’El Jadida a un très grand potentiel de développement qui permet à ses habitants de ne plus souffrir de la pauvreté et du chômage.

-L’histoire de la ville d’El Jadida est intimement liée à la colonisation portugaise et à la construction de sa grande cité. Un bref parcours de cette histoire permet de
rappeler les jalons suivants: i/ La colonisation portugaise de la ville au XVI ième siècle, en tant que carrefour entre le Portugal, l’Afrique de l’Ouest et la route de l’Inde ; ii/ La construction de la cité durant près de 40 ans à partir de 1514 avec notamment un fossé d’eau de mer de protection, la citerne de l’eau, l’église catholique de l’Assomption, le siège des magistrats, la prison etc..;  iii/ Le développement d’un environnement multiculturel de cohabitation entre les musulmans, les chrétiens et les juifs ; iv/ La décolonisation en 1769 (11 Mars 1769) après 255 années d’occupation portugaise.. Ce bref rappel historique permet de conclure que la ville d’El Jadida dispose d’une Cité Portugaise qui constitue un patrimoine culturel d’une valeur exceptionnelle, qu’il y a lieu de protéger à la fois en tant que valeur culturelle et en tant que source de devises à travers la promotion du tourisme.

-Le Maroc a déployé de gros efforts dans ce sens. Le plus pertinent est l’inscription de la Cité sur la liste du patrimoine mondiale de l’UNESCO en 2004 et sa protection dans le Plan d’Aménagement de la ville. Cette inscription est évidemment sur conditionnée par l’engagement du Maroc à respecter un cahier de charge qui prévoit plusieurs clauses dont notamment le respect d’une zone tampon non Aedificandi, le respect de l’intégrité de la cité en évitant toute activité préjudiciable à son authenticité, le maintien de la propreté et de l’hygiène du milieu … La loi marocaine 22-80 de 1981 relative à la conservation du patrimoine confirme cet engagement dans son article 28 qui dit explicitement «Aucune construction nouvelle ne peut être adossée à un immeuble classé ». De même, la Constitution de 2011 affirme dans son préambule que le Maroc « s’engage à souscrire aux principes, droits et obligations énoncées leurs (Organisation Internationales) chartes et Conventions respectives». Rappelons aussi que le Maroc a souscrit à un plan d’action mis au point par le Centre d’Etude et de Recherche du patrimoine Marocco-lusitanien.

– La visite de la cité en févier 2017 permet de constater, malheureusement, que Les décideurs locaux ont entrepris plusieurs actions entrainant la détérioration du site. On peut citer, à titre d’exemple, que i/ La zone tampon a disparu cédant la place à plusieurs constructions, à un trafic intense de voitures et à un parking portant atteinte à la beauté et à l’authenticité du site et donnant lieu à une intense émission de gaz toxiques ; ces véhicules envahissent même l’intérieur de la cité; ii/ La construction d’un immeuble dont la hauteur dépasse celle de la cité ; iii/ Un manque d’hygiène du milieu et de propreté permettant de constater des épandages de déchets de différentes natures dans plusieurs endroits de la cité ainsi que des toilettes publiques très salles; iv/ La percée de certains murs et la fermeture d’ouvertures authentiques dans le site; v/ Le dallage d’une partie du site avoisinant les remparts vi/ La destruction du système d’éclairage installé pour illuminer les remparts sur le front de mer etc…

– La détérioration de la cité ne s’est pas arrêtée à ce niveau. Plus grave encore, les cité1000Autorités Locales viennent d’affecter l’utilisation de l’espace dallé pour les marchands ambulants et d’autres activités préjudiciables au site.

– Ces actions témoignent d’une série de violations par les acteurs concernés à la fois de la Constitution et des engagements internationaux qu’elle prévoit, de la loi marocaine sur le patrimoine et du plan d’aménagement de la ville d’El Jadida. Cette inscription est évidemment sur conditionnée par l’engagement du Maroc à respecter un cahier de charge qui prévoit plusieurs clauses dont notamment le respect d’une zone de protection (ex zone des fossés et de protection externe) dite zone non Aedificandi,  d’une zone tampon, le respect de l’intégrité de la cité en évitant toute activité préjudiciable à son authenticité, le maintien de la propreté et de l’hygiène du milieu. L’impact de ces violations sur l’état de la cité, sur les conditions de vie des 4000 citoyens qui en tirent directement leurs moyens de vie, ainsi que sur les revenus touristiques de toute la population de la ville d’El Jadida et même de la région de Casablanca Settat, est déjà assez perceptible et risque de s’aggraver si les mesures qui s’imposent ne sont pas entreprises rapidement.

– La société civile d’El Jadida, soucieuse de sauvegarder son patrimoine culturel et ses sources de revenus, interpelle tous les acteurs concernés pour s’acquitter de leurs obligations. Sont particulièrement visés les responsables locaux suivants et leurs Départements de tutelle:         i/ Les Autorités Locales, ii/ Les Collectivités Territoriales; iii/ L’INDH, iv/ L’Agence Urbaine, v/ La culture, vi/ Le tourisme, vii/ Les acteurs économiques influents dans la zone ; viii/ L’Université ; ix/ L’UNESCO ; x/ le Centre d’Etude et de Recherche du Patrimoine marocco-lusitaniens.

-Il est demandé aux Autorités Locales, chargées de l’applications des lois,  d’arrêter de toute urgence les travaux d’installation des marchands ambulants au pied des remparts, d’enlever le dallage mis en place et de le remplacer par un espace vert.

-Il est demandé également aux Autorités Locales d’organiser dans les meilleurs délais une réunion des représentants de la société civile et de tous les acteurs précités pour établir un plan de sauvegarde et de gestion de la cité. Ce plan devra comprendre les i/ Les actions de protection, de réhabilitation et de mise en valeur adéquates, à différents horizons temporels, et répondant notamment à toutes les formes de détérioration du site citées ci-dessus; ii/ Les mesures institutionnelles qui s’imposent dont notamment la création d’une commission multi acteurs dont les membres ont des taches bien définies et sont légalement responsables, iii/ La mise en place de ressources humaines compétentes et en nombre suffisant; iv/ L’élaboration et la mise en œuvre d’un plan d’instruments économiques et financiers et d’un plan de marketing de nature à promouvoir la cité au niveau national et international.

Soyons tous à la hauteur de nos responsabilités.           Projet V2 le 6/2/2017

CITE PORTUGAISE D’EL JADIDA – PLAN D’ACTION POUR SA SAUVEGARDE

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