Chronique de Mustapha Jmahri: Si Mohammed Lebbar, le légendaire surveillant du grand espace vert d’El Jadida

Plus tard, vers 1960, Si Mohammed Lebbar sera embauché comme surveillant du grand espace vert d’El Jadida : le parc Mohammed V. Son embauche était justifiée par le fait qu’il parlait français et qu’il soignait son habillement. Il mena cette tâche à merveille et avec conscience jusqu’à son décès suite à un accident de circulation qui eut lieu en centre-ville le 20 septembre 1977 soit à deux années de la retraite.

A noter que la famille Lebbar est liée par les liens familiaux et de mariage à la majorité des anciennes familles de la cité jdidie telles les Cherkaoui, Bencherki, Abbadi, Bentouila, Jirari et Bendahou.

Enfin, j’aimerai finir cet article par ce témoignage du poète mazaganais Jean-Louis Morel qui ajoute d’autres révélations sur Lebbar : « J’ai bien connu ce personnage que ma mère appelait « Bar » et que j’ai appelé Ben Bark dans mon livre Eclats d’enfance. Nous l’appelions aussi « Rien à vendre » car il achetait beaucoup de choses papier journal, bouteilles vides non consignées (celles qui ne portaient pas d’étoiles au niveau du goulot), les peaux de lapin, etc…On aimait l’entendre parler français avec un accent que nous qualifions de « parisien » car il traînait un peu sur certaines syllabes. Il nous disait, à nous les gamins du Plateau qui jouions aux cow-boys et aux indiens : « Mais t’es pas un p’tit peu piquééé ! J’ai toujours mon 6.35 avec moaaaaa ! » Et quand les filles sautaient à la corde, il nous laissait admiratifs car il sautait très vite : on disait qu’il « faisait vinaigre ». Il avait le nez cassé comme tout bon boxeur. Un sacré personnage, haut en couleurs ! ».

jmahrim@yahoo.fr

Related posts

Leave a Comment