Chronique de Mustapha Jmahri : Lucien Nahmany rêve toujours d’El Jadida

Lucien Nahmany est né le 2 janvier 1940 à El Jadida. Sa mère est une fille Bensimon, famille bien connue dans la ville, alors que son père était originaire d’Azemmour. Il faut dire aussi que la plupart des membres de la communauté juive qui ont habité El Jadida, comme l’explique Lucien « sont presque tous originaires du lieu saint Azemmour ».

Meyer Nahmany, le père de Lucien, était commerçant. Il pratiquait le commerce de bétail et de céréales avec ses compatriotes musulmans du bled avec qui il collaborait étroitement. Au niveau d’El Jadida, il avait également un commerce prospère d’épices et de tissus importés qu’il vendait dans sa boutique à la kissaria. Il est décédé en décembre 1969 à Casablanca. Quant à sa mère, Messody Bensimon, elle est décédée en janvier 1992 au Canada.

La famille habitait au numéro 47 sur l’avenue Pasteur, tout prés de l’hôpital régional. Leurs voisins étaient de diverses nationalités dont les familles Fabre, Abicidan, Régnier Alessi et Petit.

Après l’école primaire, Lucien a continué sa scolarité au Collège mixte de Mazagan qui était le seul établissement à l’époque de ce niveau. Ses meilleurs camarades de classe, comme il dit, n’étaient autres que : Benjebli, Mohammed Serraj et Chafik Bendahou. Après le collège, Lucien chercha du travail à Casablanca et a pu décrocher un emploi à la BNCI (Banque nationale du commerce et de l’industrie) sise au boulevard Lalla Yacout. Il fut ensuite comme employé à la compagnie sucrière Cosumar avec Monsieur Alexandre, l’un de ses directeurs, pendant une quinzaine d’années dans une annexe sur la rue de Strasbourg.

A ce moment-là, plusieurs membres de sa famille avaient choisi de partir au Canada pour vivre à Montréal. A ce sujet, Lucien ajoute : « En 1973, il y a déjà un demi-siècle, j’ai suivi ceux qui sont partis. Pour la première fois, j’ai ainsi quitté le Maroc dans des conditions normales et des plus tranquilles ».

Une fois installé à Montréal, Lucien mena une activité commerciale dans le domaine du cadeau et ensuite, comme associé, dans la vente de tissus en gros jusqu’à sa retraite.

Malgré l’éloignement, précise Lucien : « le Maroc est toujours resté dans mon cœur ».

jmahrim@yahoo.fr

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