Chronique de Mustapha Jmahri : Emilie Lelièvre ancienne directrice de Notre-Dame de la Jeunesse à El Jadida

Originaire d’une famille d’humbles fermiers de Savenay, près de Nantes, Emilie Marie Constance Lelièvre faisait partie d’une fratrie de cinq frères et sœurs. Née le 22 mars 1923 à Savenay, une commune qui fait partie de la Bretagne historique, elle a obtenu son Brevet élémentaire en juillet 1939, ce qui lui a permis de devenir institutrice à l’âge de 16 ans en septembre de la même année. Elle exerça son métier, dans les années 1940-1950, dans plusieurs villes et villages de France : à Méan, (St Nazaire), Bréal-sous-Monfort, Guémené-Penfao, Nantes et Marennes.

En 1951, elle arriva à El Jadida comme directrice de l’école Notre-Dame de la Jeunesse, anciennement appelée « Ecole Notre-Dame des Flots », aidée de deux amies enseignantes : Antoinette Bridonneau-Fornès et Pierrette Dufour qui seront également institutrices dans la même école.

Toutes les enseignantes de l’école étaient, à l’époque, logées dans un bâtiment tout proche des salles de classes qui est maintenant l’Institut français.  Le nouveau bâtiment (collège – lycée) n’existait pas et donc pour aller en classe, il leur suffisait de traverser le terrain.

Emilie passa six ans dans sa fonction jusqu’à l’indépendance du Maroc. De retour en France en 1957, elle a acheté un home d’enfants, le « Castelou » situé à Royan dont elle est devenue directrice. Par la suite, elle a fait construire un autre bâtiment dénommé « Claire Joie » afin d’accueillir davantage d’enfants.  Durant toute sa carrière au Castelou, tout le monde (enfants, monitrices, voisins, commerçants) l’appelait Tante Lily.

Emilie Lelièvre a ensuite vendu le Castelou et s’est fait construire, sur une colline qui domine la campagne, une belle maison « la Goupillère » à Savenay, sa ville d’origine. Après avoir vendu sa maison de Savenay elle a acquis un appartement à Nantes et a terminé sa vie aux « Jardins d’Arcadie », une maison d’accueil pour personnes âgées, où elle est décédée le 30 janvier 2020, à l’âge de 97 ans.

Son neveu Loïc Criaud, professeur d’anglais à la retraite (rencontré à El Jadida le 2 août 2022), ajoute une autre précision : « Toutes les personnes qui ont connu Emilie Lelièvre ou Tante Lily ont gardé le souvenir d’une femme très intelligente, douce, autoritaire, bienveillante, très pédagogue, qui était adorée par les enfants. Elle était également une excellente gestionnaire.  C’était réellement une « maîtresse femme », une grande dame ».

Les personnes qui ont connu Emilie Lelièvre en France comme au Maroc sont unanimes pour dire que cette dame a eu véritablement une vie extraordinaire pour l’époque.

jmahrim@yahoo.fr

Légende photo : Emilie Lelièvre dans le jardin de sa maison à Piriac-sur-Mer

Related posts

Leave a Comment